Le leader du secteur des engrais au Maroc, Fertima, créée en 1972, conditionne et commercialise une large gamme d'engrais dont les engrais phosphatés, les engrais azotés, les engrais potassiques et les engrais organo-minéraux. La société, entièrement privatisée depuis 2002, dispose de 6 unités d'une capacité d'ensachage avoisinant 750 000 tonnes par an, de 7 dépôts répartis sur l'ensemble du Royaume et s'appuie pour la commercialisation de ses produits sur un réseau dense de plus de 100 revendeurs agréés. Le marché des engrais présente une structure très oligopolistique. Trois sociétés, Fertima, Hydro Agri Trade Maroc et Charaf Corporation, réalisent plus 80% des ventes sectorielles.
La production nationale d'engrais s'est élevée à 2 542 000 tonnes en 2003, en croissance annuelle moyenne de 2,5 % par an sur la période 1995-2003. L'OCP compte porter sa production à 3 000 000 tonnes à l'horizon 2005. Presque 85 % de la production est destinée à l'exportation. Sur la période 1995-2003, les exportations se sont accrues de 2,5 % en rythme annuel moyen. C'est dire que le marché intérieur n'absorbe que 15 % de la production de l'OCP. Ces ventes ont atteint 418000 tonnes en 2003. Ainsi, ce sont seulement 40 % des besoins du pays qui sont couverts, le reste est importé. En 2003, les importations ont atteint 612000 tonnes.
Concernant la consommation d'engrais, elle s'est établie à 1 030 000 tonnes en 2003, enregistrant une croissance annuelle moyenne de 5,1 % durant la période 1995-2003. La consommation nationale d'engrais est estimée à 41 kg par habitant et par an, un niveau proche de la moyenne des pays du Maghreb, mais très faible comparativement aux niveaux enregistrés dans les pays développés tels que le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France lesquels totalisent respectivement 288, 232 et 225 kg/ht.
Pour Fertima, ces ventes ont progressé de 5,6 % en rythme annuel moyen sur la période 1997-2003, contre une croissance de 8,3 % pour la consommation nationale. Selon les analystes de BMCE Capital Bourse, "Fertima se trouve aujourd'hui confrontée au durcissement de son environnement concurrentiel, notamment la montée en puissance de Charaf Corporation". Face à cette nouvelle donne, fort de son arrimage stratégique à Adubos de Portugal et de la notoriété de la marque Fertima, le leader du secteur, tout en restant focalisé sur ses métiers de base, a opté pour une orientation stratégique basée sur la modernisation des outils de production et l'amélioration des procédures de fonctionnement, l'assainissement de l'héritage public, la définition d'une politique commerciale et le développement de la Recherche & développement.
Cours théorique de 481 dhs
Comme le soulignent les analystes de BMCE Capital Bourse, le marché de l'engrais reste "une activité à marge intéressante". Le chiffre d'affaires de Fertima en 2003 s'est apprécié de 54,1 % à 908,5 MDH, correspondant à une progression de 5,3 %, à 471 093 tonnes, des volumes écoulés. La valeur ajoutée s'est appréciée de 8,2 % à 156,5MDH suite au surstockage intervenu en fin d'année. L'excédent brut d'exploitation se renforce de 11,3%. Le taux de marge brute s'améliore pour atteindre 10,6 %. Le résultat d'exploitation est en hausse de 9 % à 90,9 MDH. La marge opérationnelle s'établit à 10,0 %, contre 9,6 % en 2002. Le résultat financier s'est établi à 4,9MDH suite à l'appréciation de plus de 120 % à 7 MDH des recettes nettes de changes et de l'affaiblissement de 27,7 % à 2,6 MDH des charges d'intérêt à la suite de la réduction des crédits de trésorerie. En définitive, le résultat net s'est apprécié de 8,5 % à 61,9 MDH.
Pour 2004, le chiffre d'affaires devrait croître de 5% à 954 MDH pour un résultat net de 61 MDH.
Au niveau du marché boursier, le titre Fertima, très peu liquide, avec un taux de rotation inférieur à 1 %, n'a réalisé qu'une progression de 3,5 %, contre une performance du marché de 32 %. Pour l'année 2004 (à la date du 19 mai), l'action avait réalisé un gain de 9,3 %, à 447 dirhams, alors que le marché gagnait 13 %. A ce cours, l'action Fertima présentait des PER 2004 et 2005 respectifs de 8,5x et 8,1x pour un dividende yield estimé à 8,2 % en 2004. "Rapporté au marché, le titre Fertima présente des décotes respectives de 60 % et 20 % en terme de P/E et de P/B", avancent les analystes de BMCE Capital Bourse.
Enfin, pour ce qui est de la valorisation de la valeur, les analystes ont opté pour deux méthodes: les Discounted Cash flow (DCF) et l’Économie Value Added (EVA). Ainsi, en basant leur étude sur les hypothèses suivantes: taux d'actualisation de 13,1%, un taux de croissance à l'infini de 2,0 % et un programme d'investissement global de 55,7 MDH sur un horizon de 5 ans visant la modernisation de l'outil de production de la société, la méthode DCF valorise le titre Fertima à 490 dirhams l'action, ce qui correspond à une décote de 10 % par rapport au cours du 19 mai (447 dirhams). Quant à la seconde méthode, EVA, elle fait ressortir la valeur théorique de Fertima à 462 dirhams, soit une décote de 3%. En combinant les deux approches, avec une pondération de 65 % pour les DCF et 35% pour l'EVA, la valorisation du titre Fertima ressort à 481 dirhams l'action, soit une décote de 7%.
Partant, les analystes de BMCE Capital Bourse recommandent le titre Fertima, qui figure dans la sélection des valeurs phares de la société de Bourse, "à conserver" dans les portefeuilles.
MD