Au niveau des marchés internationaux, les valeurs relatives des stocks de monnaie qui y sont échangés quotidiennement fluctuent très rapidement sans qu'il soit possible de les anticiper. Cette instabilité des taux de change implique, en conséquence, à un moment ou à un autre, la constitution et la gestion d'une position de change pour les entreprises engagées dans les opérations commerciales (export/ import), financières en devises, etc. Si au niveau de certains marchés financiers de nombreux instruments de couverture étaient à la disposition des opérateurs, au Maroc ces derniers n'avaient pas beaucoup de choix. Les trésoriers des entreprises qui encourraient un risque de change avaient la possibilité de se prémunir contre une évolution défavorable des cours de la devise de facturation par le biais de la couverture à terme. Seulement, si cet instrument à l'avantage de fixer une fois pour toute la recette en monnaie nationale d'une exportation ainsi que le coût d'une importation, il a le désavantage de bloquer définitivement le cours et empêche l'opérateur de tirer profit d'une évolution favorable du marché, suscitant ainsi des coûts d'opportunités qui dans certaines circonstances peuvent être élevés.
Cette insuffisance est corrigée par les options de change. L'option de change définie comme "un instrument de couverture contre le risque de change qui confère à l'acheteur de l'option, contre paiement d'une prime, le droit et non l'obligation d'acheter ou de vendre à une échéance convenue un montant déterminé de devises contre dirhams, à un cours fixé à l'avance appelé prix d'exercice", vient d'élargir depuis le 1er juin 2004 la palette d'instruments de couvertures autorisée par l'Office des Changes. Ainsi, désormais, les intermédiaires agréés sont autorisés à proposer à leur clientèle ce nouvel instrument de couverture. Selon l'Office des Changes, "la mise en place de ce nouvel instrument de couverture contre le risque de change vise à mettre à la disposition de l'opérateur économique un outil supplémentaire lui permettant de maîtriser les coûts liés à ses opérations d'achats ou de vente de devises".
Vu la volatilité des devises au niveau du marché international, cette diversification des instruments de couverture ne sera que bien accueillie. L'Office des Changes a tenu tout de même à imposer un certain nombre de conditions pour l'utilisation des options de change comme instruments de couverture contre le risque de change. Ainsi, les opérations de couverture que les intermédiaires agrées sont habilités à offrir à leurs clients "doivent être adossées à des transactions réelles c'est-à-dire des opérations d'importation ou d'exportation ou de financement extérieur effectuées conformément à la réglementation des changes en vigueur", selon l'Office des Changes. Ainsi, les exportateurs marocains pourront désormais garantir leurs recettes en devises et les importateurs s'assurer du coût final de leurs achats à l'étranger. En plus, "les options d'achat ou de vente de devises ne peuvent être exercées qu'à la date d'échéance". Pour ce qui est de la prime d'achat ou de vente, qui constitue un des problèmes que rencontrent les trésoriers d'entreprises dans la couverture de leurs risques de change par les options, du fait de son coût, qui peut être parfois élevé, et de son décaissement immédiat, l'Office des changes souligne qu'"elle est fixée par l'intermédiaire agréé en fonction de la couverture consentie à l'opérateur économique". Par ailleurs, les intermédiaires du marché sont tenus à proposer à leurs clients des options de change établies par leurs soins et "ne doivent s'adresser au marché international pour leur couverture devises contre devises que pour se couvrir contre les risques déjà pris en charge à l'égard de leur clientèle".
Moussa Diop