L’année dernière, dans le but de respecter l'engagement pris par le Maroc en adhérant aux normes spéciales de diffusion de données telles qu'elles sont établies par le FMI, le CDVM et l'Office des Changes avaient établi un certain nombre de données statistiques, notamment sur les titres détenus par les étrangers et les MRE au niveau de la Bourse de Casablanca. Le gendarme du marché vient de renouveler l'étude en distillant des informations sur le montant des investissements en actions cotées des étrangers et des marocains résidents à l'étranger (MRE), le nombre de détenteurs d'actions et la nature de ses investissements au titre de l'exercice 2003. Par rapport au rapport réalisé en 2002, celui de 2003 a été affiné par la distinction faite entre la part stratégique et le flottant, d'une part, et l'évaluation des investissements en titres d'OPCVM, d'autre part.
Selon les données du CDVM, le montant des investissements en actions cotées des étrangers et des MRE a connu une hausse de 29,5 % pour passer de 19,3 à 24,9 milliards de dirhams, soit 21,56 % de la capitalisation boursière de la place. Cette hausse est toutefois à relativiser en ce sens qu'elle est exclusivement le fait d'une hausse des cours des actions cotées au titre de l'exercice 2003. Pour rappel, les deux baromètre clés de la place casablancaise, le MASI et le MADEX, avaient réalisé des performances respectives de 32,31 % et 26,34%.
Volatilité de 1,5 %
Autre enseignement, le capital étranger investi au niveau de la corbeille casablancaise est essentiellement le fait des personnes morales qui contrôlent à elles seules 93,8 % des investissements étrangers et MRE. La prépondérance des personnes morales se justifie par le poids des participations stratégiques de grands groupes étrangers dans un certain nombre de sociétés cotées tels Lafarge Ciments (Groupe Lafarge), Holcim Maroc (Holcim Ltd), Ciments du Maroc (Italcimenti), BMCI (BNP Paribas), Crédit du Maroc (Crédit Lyonnais), Centrale Laitière (Danone), La Marocaine Vie (Société Générale), etc. Ces participations stratégiques représentent plus de 20,1 % da la capitalisation boursière de la place. Ces participations étant stratégiques pour les différents groupes cités, la place ne court en conséquent aucun risque de retrait massif de capitaux étrangers. D'ailleurs la part volatile (flottant) des capitaux étrangers investis à la Bourse de Casablanca reste très faible, ne représentant que 1,5 % de la capitalisation boursière en 2003 contre 1,8% en 2002.
Par ailleurs, et concernant la nationalité d'origine des investisseurs étrangers, on note la prépondérance des investisseurs français qui représentent à eux seuls plus de 53,6 % des investissements des personnes morales non résidentes (41 personnes morales) et 87,3 % des personnes physiques non résidentes (193 personnes physiques). Cela n'est pas surprenant quand on sait que la France est de loin le premier partenaire économique du Maroc. Les capitaux arabes, à travers des personnes morales étrangères résidentes, ne représentent que 5,4 % du volume total détenu par les étrangers et les MRE. La réorientation des capitaux arabes vers les pays de la région tant souhaitée au cours de ces dernières années ne s'est pas réalisée et ce en dépit des forums et rencontres entre investisseurs arabes.
Enfin, au niveau des investissements en OPCVM des étrangers et des MRE, on note une forte progression de 81 % du montant détenu par ceux-ci qui est passé de 289,8 à 524,6 MDH entre 2002 et 2003. Selon le CDVM, "cet accroissement de l'investissement en titres d'OPCVM s'explique tant par l'augmentation des souscription nettes que par la sensible augmentation des valeurs liquidatives au cours de la période considérée". En dépit de cette progression, la part détenue par les étrangers et les MRE ne représente que 0,8 % de l'actif net total du marché des OPCVM qui ressortait à 67,75 milliards de dirhams à fin décembre 2003. Sur ce marché, on note la prédominance des personnes physiques, notamment des MRE qui contrôlaient 0,37 % de l'actif net géré du marché des OPCVM.
Pour la prochaine édition, le CDVM promet d'améliorer la qualité des informations en élargissant la part détenus par les investisseurs étrangers et le MRE en des titres autres que les actions cotées en Bourse et les titres d'OPCVM pour couvrir les bons du Trésor, les titres de créances négociables et les actions non cotées. Ainsi, on pourra avoir une cartographie plus précise du poids des investisseurs étrangers et des MRE au Maroc.
MD