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Jean Laurent, tel Mac Mahon… Le Crédit Du Maroc rassuré sur son avenir

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Publier le : May 27, 2004

M.Jean Laurent, Directeur général du Crédit Agricole français, était au Maroc la semaine dernière. Non pour y faire du tourisme, même s’il a pu consacrer quelques heures à visiter "la magnifique mosquée Hassan II", comme il a pu le préciser à des journalistes du cru, mais pour apporter des éclaircissements et une meilleure visibilité à la fois aux partenaires locaux du premier groupe bancaire hexagonal et aux managers, cadres et salariés de la filiale, le Crédit du Maroc.
Une telle démarche, avec son aspect public et officiel, se devait d’être entreprise dans les meilleurs délais après les récentes et importantes évolutions qui ont caractérisé le paysage financier et bancaire marocain, marqué à la fois par la fusion BCM-Wafabank, qui a donné au pays un "champion national" Attijariwafa bank, le rapprochement entre Crédor et Wafasalaf, opérateurs du secteur du crédit à la consommation, mais aussi la persistance de participations croisées qui, faute d’une affirmation nette de leur utilité, auraient pu entraîner des situations de pourrissement ou de statu quo préjudiciables, sans doute, aux objectifs et politiques des uns et des autres.
Et même si des contacts étroits avaient déjà eu lieu, à Paris notamment, entre le management d’Attijariwafa bank et les dirigeants du Crédit Agricole ( qui ont également pouvoir sur le Crédit Lyonnais), même si le PDG de la BCM avait, antérieurement à l’acquisition de Wafa Assurance et de Wafabank,  fait part de ses intentions à ses homologues du Crédit Agricole, même si le nouveau champion national du paysage bancaire marocain avait également fait savoir qu’il comptait conserver la participation  (34 %) de l’ex-Wafabank dans le tour de table de la filiale locale du CA, le Crédit Du Maroc, la venue de M.Laurent répondait à une double et urgente nécessité.
Celle, tout d’abord, de rassurer et de "regonfler" le moral des troupes locales, c’est-à-dire le personnel et l’encadrement du Crédit du Maroc, une banque sérieuse, performante et bien installée, avec une part de marché d’environ 7 %, répondant donc magnifiquement à la taille moyenne des unités régionales qui composent l’essentiel du réseau Crédit Agricole en France. Le Crédit Du Maroc, qui avait vécu depuis le début de la précédente décennie une situation particulièrement ambiguë avec "un clou de Joha" planté par l’ex-PDG de Wafabank, M. Abdelhak Bennani, matérialisé par la présence de cette banque dans son tour de table à hauteur de 34 %, était-il ou non une filiale stratégique, une "fille aînée" du Crédit Agicole-Crédit Lyonnais ? Fallait-il songer à sa cession au nouveau groupe bancaire marocain Attijariwafa bank, voire à l’une des autres banques françaises solidement installées au Maroc, le Groupe SG (SGMB) ou BNP Paribas (BMCI) ?
M. Jean Laurent, tel Mac Mahon qui ne voulait pas quitter l’Elysée, a donc réaffirmé avec force et conviction, lors de son séjour casablancais, que le Crédit Agricole considérait que sa présence au Maroc, à travers sa filiale le CDM, était aussi nécessaire qu’importante. Il n’est pas question donc d’envisager un retrait, une cession ou la montée en puissance d’un actionnaire actuellement minoritaire, Attijariwafa, lequel se contentera d’un rôle de "sleeping partner", sans présence au Conseil de Surveillance, sans influence sur la gestion d’un Directoire exclusivement composé de managers désignés par le Crédit Agricole et excellemment animé par un M. Savoye compétent, discret et affable.
Par contre, les deux banques partageront des plateformes communes dans le crédit à la consommation puisque Sofinco, l’un des leaders (avec CETELEM) du crédit à la consommation en France et filiale du Crédit Agricole, restera pleinement impliqué dans le même métier au Maroc à travers sa participation active dans Wafasalaf, opérateur local tombé dans les rets de M. Oudghiri et renforcé par la récente cession de Crédor par la famille Bennani Smirès.
De même, une dynamique partenariale est programmée avec l’entité qui au niveau d’Attijariwafa bank succèdera à Wafa Gestion pour la gestion collective, M. Laurent affirmant que le Crédit Agricole savait parfaitement gérer des situations de partenariat-concurrence avec d’autres opérateurs des secteurs bancaire et financier. Corollaire à ces nouvelles évidences stratégiques, faites de participations croisées et d’alliances d’opportunité (au sens positif du terme), le Crédit Agricole, qui se satisfait de la présence d’Attijariwafa dans le capital du CDM, restera également dans le tour de table de la première banque privée marocaine, de façon certes plus symbolique, mais néanmoins pleine de sens pour qui comprend la portée à long terme de cette présence (autour de 2 %).
Enfin, deuxième et dernière nécessité affirmée lors de ce séjour casablancais de l’un des patrons du CA, la volonté claire et forte de développer le Crédit du Maroc, à travers ses activités de retail banking, mais aussi dans les nouveaux métiers de la banque, liés aux nouvelles technologies, à la gestion des grands comptes, à l’international (grâce au réseau mondial du Groupe Crédit Agricole), à la gestion collective, à la banque d’affaires, etc.
Le CDM, qui jouit d’une bonne assise au Maroc, renforcera son réseau d’agences, développera son offre et ses produits, pour continuer à assurer une expansion qui satisfait pleinement "Paris".
Le Crédit du Maroc, à n’en point douter, compte donc pleinement pour sa maison-mère, le Crédit Agricole dont le Directeur général, M. Jean Laurent, se dit persuadé qu’il n’existe pas de "volonté locale" de restreindre la présence des opérateurs français du secteur déjà installés au Maroc.
Et si dans le passé on prétendait que "small is beautiful", désormais, c’est la "mid-size" qui est à la mode, de Paris à Casablanca…

Fahd YATA



 

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