Et pour cause ! Les premières disposent d’un appui au niveau de leur refinancement et bénéficient des réseaux bancaires pour étoffer leur clientèle. C’est le cas aujourd’hui d’Assalaf Chaabi (BP), d’Eqdom (SGMB) et des futures entités Wafasalaf-Crédor (Attijari-Wafabank), de Cétélem-BMCI Salaf (BMCI) et de Salafin (BMCE Bank) . Celles qui ont un partenariat avec des institutionnels ne sont pas créditées de la même force de frappe et demeurent petites ou moyennes comme Acred, Diac Salaf, Diac Equipement et Somafic qui ont toutes des liens de capital avec la compagnie d’assurances AXA Maroc, alors que Sofacred et Sofac Crédit sont liées à la CDG.
Quant aux indépendantes, qui appartiennent à des personnes privées comme Taslif, Fnac, Finacred, SalafMous, Sonac, Sorec Crédit, Dar Salaf et Salaf, elles sont de petites sociétés à vocation régionale ou spécialisées dans le crédit pour véhicules. Toutes réunies, ces 10 sociétés indépendantes ne pèsent cependant pas lourd sur le marché et sont destinées, dans le mouvement de rationalisation en cours, à être rachetées pour renforcer le poids des sociétés apparentées à des institutionnels ou celles adossées aux banques.
Ainsi, suite au rapprochement Wafasalaf-Crédor, la configuration du secteur des sociétés de crédit à la consommation se ramène à deux grandes sociétés, EQDOM (28 % de parts de marché) et la future entité née de la fusion de Wafasalaf et Crédor (31 %), trois moyennes que sont Assalaf Chaabi, Cétélem-BMCI Salaf et Sofac Crédit et les autres sont toutes cataloguées parmi les petites.
La concentration apparaît donc aujourd’hui comme la seule solution de pérennisation de ces sociétés de crédits. D’ailleurs, d’autres négociations de rapprochement sont en cours. On annonce dans certains milieux que la Caisse de Dépôt et de Gestion serait en train de monter à son tour une grande société de crédit à la consommation en additionnant ses deux sociétés du secteur Sofa-Crédit et Safacred (héritée de la BNDE), tout en menant des pourparlers avec Taslif de M. Saïd Al Alj et peut être le FNAC de Rabat, propriété de M. Iraki. De même, on a légitimement lieu de supposer qu’AXA Maroc compte, une fois la restructuration d’Acred menée à bien, la fusionner avec Somafic et, sans doute, les rapprocher des deux sociétés Diac.
Le constat est en tout cas fait. Le secteur du crédit à la consommation est spécifique de par son activité mais il est également sensible du fait de la composition de sa clientèle. L’autre constat veut que des spécialistes et opérateurs internationaux, tels Cétélem, Sofinco et Franfinance, sont présents sur le marché marocain poussant à la rationalisation du secteur et à son industrialisation.
Face à leur concurrence et compte tenu des nouvelles règles prudentielles imposées par la Banque Centrale aux sociétés de financement, les autres sociétés opérant dans ce métier pressentent parfaitement que leur seul recours après l’étape de restructuration par laquelle elles viennent toutes de passer, reste celle de la concentration. C’est une course à laquelle elles doivent toutes participer pour survivre.
Afifa Dassouli