Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
La Marocaine-Vie consolide sa situation financière

Auteur :
Publier le : May 13, 2004

La Marocaine-Vie vient de décider d’une nouvelle augmentation de capital de 220,5 millions de dirhams.
En effet, c’est une Assemblée Générale Extraordinaire de cette compagnie d’assurance qui avait décidé le 10 février 2004 une augmentation de capital de 300 MDh en numéraires par émission d’actions nouvelles à libérer en une ou plusieurs fois tout en déléguant au Conseil d’Administration les pouvoirs d’en préciser les modalités. 
Ce fut donc l’objet de la réunion de ce conseil le 25 février dernier au cours duquel il a été décidé de ramener le montant de l’augmentation de capital à 220,5 MDh par l’émission de 2 205 000 actions à un prix d’émission de 100 dirhams l’action, soit la valeur nominale. Ainsi, le management de la société d’assurances a adopté le régime le plus souple possible.
Lorsque l’AGE avait été convoquée pour statuer sur l’augmentation de capital, le Conseil d’Administration avait demandé dans son rapport la faculté d’utiliser une enveloppe globale de 300 millions de dirhams, nécessaire en tant que fonds propres pour couvrir les pertes et financer le développement de la société. Cette enveloppe était utilisable dans un délai de trois ans, selon les dispositions législatives telles que précisées par l’article 182, chapitre V de la loi sur la Société Anonyme, laissant par là même au conseil d’administration la possibilité d’en fixer les modalités pratiques.
Concrètement, La Marocaine-Vie se trouvait à la croisée des chemins. D’une part, son chiffre d’affaires a connu en 2002 une réelle explosion en passant de 150MDh en 2001 à 480 MDh en 2002, multipliant son activité par 2,5 en une année. De plus, ce chiffre d’affaires a été consolidé l’année suivante, en 2003. D’autre part, du fait du redressement de ses provisions conformément aux règles prudentielles imposée par Bank Al-Maghrib, la société d’assurances a affiché un résultat négatif sur trois année consécutives de 119 Mdh en 2001, 53 Mdh en 2002 et 151 Mdh en 2003.
Ainsi, l’enveloppe de l’augmentation de capital correspond aux besoins de financement du développement de la société, permet également de satisfaire les ratios prudentiels de la profession dont les besoins en termes de marges de solvabilité ainsi que les provisions faites à titre "surprudentiel"  pour de répondre aux standards du Groupe Société Générale auquel La Marocaine-Vie appartient. Cette manne financière, enfin, répond à la nécessité de se conformer à la disposition réglementaire selon laquelle les fonds propres ne doivent pas être inférieurs au quart du capital social.
C’est d’ailleurs la même procédure que La Marocaine-Vie a utilisée pour éponger la perte de 2002. En effet, en 2002, elle a affiché une perte de l’ordre de 53 MDh qui, cumulée à celle de 2001 de 119 millions de dirhams, a rendu la situation nette de la société négative, laquelle a été redressée par une augmentation de capital de 150 millions de dirhams décidée par l’AGE en février 2003, et destinée à rétablir partiellement l’équilibre financier.
Mais en 2003, la situation nette en question étant redevenue négative du fait de la nouvelle perte réalisée de 151 MDh conséquente, entre autres, à une provision exceptionnelle de 75 millions de dirhams, La Marocaine-Vie s’est trouvée à nouveau dans l’obligation de recourir à une augmentation de capital pour un montant de 220Mdh.
L’objectif restait le même, celui d’absorber la perte de 2003 ( 151 Mdh) et les reports déficitaires des années précédentes qui se chiffraient à 179 millions de dirhams, mais surtout de revenir à une situation nette positive et de répondre de façon durable aux exigences des ratios prudentiels en termes de marge de solvabilité.
Concrètement, l’augmentation de capital décidée en février 2004 s’apparente à une opération en accordéon puisque l’augmentation de capital sera suivie d’une réduction du même montant, de 220 Mdh. La première étape permettra à la société d’atteindre un capital de 400 MDh et dans une seconde étape ce capital sera réduit arithmétiquement du montant des déficits. En définitive, le capital de La Marocaine-Vie sera de 180 MDh environ, avec une situation nette positive, sans report déficitaire donc.
C’est cette option de La Marocaine-Vie qui explique d’ailleurs la fixation de la valeur de souscription à 100 Dh, soit la valeur nominale de son action sans prime d’émission. Car l’actionnaire souscripteur n’a pas, dans le cas d’espèces, à payer une prime d’émission pour une augmentation de capital qui ne sera pas traduite dans la situation financière de l’entreprise.
Par contre, les actionnaires, en participant au redressement de la situation nette de La Marocaine-Vie, s’assurent, par un retour à une situation financière normalisée, de futures distributions de dividendes, sachant que les résultats dégagés n’auront plus à éponger les pertes antérieures.
Cette opération correspond donc à une accélération de l’investissement pour récupérer plus rapidement des dividendes. Cela indique clairement donc que cette société d’assurances n’a plus de provisions à rattraper alors qu’elles avaient pesé négativement sur le résultat net de La Marocaine-Vie malgré un résultat d’exploitation positif en 2003.
Aujourd’hui, ce qui est à l’ordre du jour, c’est la mise à niveau de la compagnie par rapport aux standards imposés et non une seule politique d’assainissement financier. En effet, La Marocaine-Vie se porte bien mieux du fait d’une politique contractuelle et d’une approche clientèle nouvelles ainsi que d’une démarche qualité renforcée.
En effet, la part de marché de La Marocaine-Vie est passée de 4,3 % en 2002 à 12,4 % en 2004. Ces efforts et performances ont nécessité des investissements conséquents, notamment dans le secteur de l’assurance-vie.
Les actionnaires ont eu la volonté de réaliser ces développements par le biais d’une augmentation de capital.  Et si l’assainissement de l’entreprise ne constitue que 10 % de cet effort financier, les 90 % restant, c’est-à-dire plus de 500 millions de dirhams, concernent le développement de cette compagnie d’assurance qui est une filiale du Groupe SG.
Une démarche et une volonté déjà illustrées par l’effort financier qui a renforcé les provisions mathématiques, lesquelles sont passées de 1,5 Mrd Dh à 1,8 Mrd Dh en 2003, tandis que depuis la prise de contrôle de La Marocaine-Vie par Sogecap en 2001, ces réserves ont évolué d’un milliard de dirhams à 1,8 milliard.

Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com