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BMCE Capital recommande de "sous-pondérer" Lesieur Cristal Études & Recherches

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Publier le : May 13, 2004

Née de la fusion de trois grands opérateurs huiliers installés depuis les années 40 au Maroc, la société Lesieur Cristal est un acteur leader diversifié dans le marché des huiles et des corps gras (huiles végétales, tourteaux, huiles d'olives, savons, javel & détergents). Sur les différents segments du marché, elle revendique une part de 65 % sur le marché des huiles de graines, en vrac et en bouteilles, 70 % du marché des tourteaux et 85% de celui des savons.
Bien que leader de son marché, comme en témoignent ses parts de marché, Lesieur Cristal subit de plein fouet l'évolution de son environnement aussi bien au niveau international que national. Au niveau national, la filiale du Groupe ONA est de plus en plus confrontée à une concurrence acharnée sur l'ensemble de ses marchés. L'entrée en action de l'unité de titrisation du Groupe Belhassen d'une capacité de 250000 tonnes/an et l'arrivée sur le marché des premières marques de distributeurs ont accentué la concurrence au niveau du secteur. La concurrence est d'autant plus intense que la consommation nationale annuelle d'huiles végétales, tous types confondus, reste faible, comparativement aux pays voisins. Elle est estimée à 15 kg par habitant, contre 18 Kg en Algérie, 20 Kg en Tunisie et 35 kg en France et en Italie. Selon les analystes de BMCE Capital, "la différence observée avec les pays développés provient du fait que la consommation industrielle d'huiles végétales dans ces pays est bien supérieure à celle du Maroc". Face à cette situation, et pour conserver ses parts de marché, Lesieur Cristal joue sur l'innovation sachant qu'il est difficile d'augmenter les prix sous la pression d'une concurrence de plus en plus vive.

Conjoncture difficile

En plus de l'intensification de la concurrence au niveau national, la conjoncture internationale a été marquée par une flambée des cours des matières premières. Or, le leader du marché est très dépendant des approvisionnements sur le marché international, la production locale ne constituant que moins de 10 % de ses besoins. Conséquence, les hausses des prix des huiles brutes de 22,65% et des graines de 26% importées se sont traduites par amenuisement des marges de la société et ce en dépit des efforts réalisés en terme d'optimisation des achats, la compression des coûts de production, etc. Ainsi, alors que le chiffre d'affaires de la société s'est apprécié de 7,3% à 3354,6MDH, à fin 2003, le résultat net a quasiment stagné à 191 MDH. La situation risque de ne pas évoluer favorablement sachant que "les anticipations les plus optimistes tablent sur une persistance de la tendance haussière actuelle des cours des intrants oléagineux pour les deux années à venir du fait de l'importante demande émanant de la Chine", font remarquer les analystes de BMCE Capital.
Face à cette situation, et à la menace de l'ouverture de l'économie marocaine suite aux accords de libre-échange liant le Royaume à l'Union Européenne, aux États-Unis et aux pays arabes (Jordanie, Égypte et Tunisie), Lesieur Cristal a mis en place un nouveau plan de développement stratégique visant à consolider les acquis sur le marché local et l'ouverture à l'international. Au niveau national, cette stratégie s'articule autour d'un certain nombre de points: diversification de l'offre avec l'innovation comme moteur de différentiation, politique commerciale agressive, développement de l'outil industriel et amélioration des procédés de production, optimisation des achats sur le marché international, développement des ventes d'huiles d'olives grâce à une politique d'intégration verticale, etc. Au niveau international, Lesieur Cristal ambitionne de devenir un acteur majeur au niveau régional. Outre l'exportation, Lesieur Cristal compte saisir les opportunités de croissance externe qui se présentent. C'est dans cette optique que la société s'est engagée dans la course pour la privatisation de la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS).

Cours théorique de 1137 dhs

Si le résultat net de Lesieur Cristal a accusé le coup au cours de ces dernières années sous l'effet d'une conjoncture sectorielle difficile, il n'en demeure pas moins qu'au niveau du marché boursier l'action réalise de bonnes performances. Après une progression du cours de l'action de 32 % en 2003, le titre poursuit son trend haussier pour réaliser une performance de 22,2% à mi avril à 1 491 dirhams. A ce niveau, le titre traite à 2,4x ses propres fonds propres, 12,4x son EBE et 3,1x ses capitaux engagés estimés. Au niveau de la rentabilité financière, Lesieur affiche des RoE et ROCE, en décote respectives de 38 % et 47 % par rapport à la cote agro-alimentaire.
Enfin, pour évaluer la valeur Lesieur Cristal, les analystes de BMCE Capital ont opté pour deux méthodes de valorisation: les comparables et les discounted cash flow (DCF). Avec la première méthode, la valeur du titre Lesieur Cristal ressort en surcotes respectives de 17% et de 13% respectivement par le PER et par le P/EBIT. En allouant des pondérations égales aux deux ratios comparatifs, il en ressort une surcote finale de 15,3 % à 1 263 dirhams. Pour la seconde méthode, et partant d'un certain nombre d'hypothèses (taux d'actualisation de 11,7%, taux de croissance de 2% et un programme d'investissement de 350 MDH sur 5 ans), l'évaluation aboutit à une valorisation de 948 dirhams l'action, soit une surcote de 36 % par rapport au cours de 1 491 dirhams. Du coup, et "en attribuant des pondérations de 60 % pour les comparables et de 40 % pour la DCF, la valeur théorique du titre Lesieur Cristal ressort à 1 137 dirhams, correspondant à une surcote de 24% par rapport au cours du 14 avril 2004",  font remarquer les analystes de BMCE Capital. Ainsi et compte tenu des résultats de l'évaluation fondamentale, les analystes de BMCE Capital Bourse optent pour le changement de leur recommandation sur le titre de "conserver" à "sous-pondérer” dans les portefeuilles.        

M.D.



 

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