| | Articles » Finance | | M. Oualalou optimiste, mais prudent Conjoncture interne et environnement international |
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Auteur : Publier le : February 20, 2003
Entre les Lois de Finances 2002 et 2003, la ressemblance est patente. Ce n’est pas M. Fathallah Oualalou qui dira le contraire, lui qui a été l’architecte de l’édifice budgétaire du gouvernement Jettou. En effet, lors du point de presse qu’il a donné mardi dernier à Rabat au siège de son Département, le Grand Argentier du Royaume a voulu apaiser les craintes de tous ceux qui prédisent un scénario catastrophe dans la perspective d’une éventuelle guerre des Etats-Unis contre l’Irak. Ainsi, pour ce qui est de la comparaison entre les deux Budgets, M. Oualalou affirme qu’il y a des éléments de continuité entre les deux lois de Finances, mais aussi des éléments d’innovation. Dans ce sens, la gestion de la dette publique, la maîtrise des dépenses de fonctionnement, l’amélioration de la performance en matière fiscale ont été les principaux éléments de cette continuité. Toutefois, souligne le ministre avec conviction, le Budget 2003 accordera plus d’intérêt à des secteurs tel que l’habitat social. Ce qui n'est pas surprenant puisque ce sont les grands axes prioritaires que le Souverain avait assignés au gouvernement Jettou. Les autres points forts du Budget portent sur l'accélération du rythme de l’électrification rurale et de la distribution de l’eau potable et l’application de certaines réformes déjà conçues depuis plusieurs années en matière d’enseignement, de santé et d’eau, sans oublier l'accompagnement d'autres réformes qualitatives dans le secteur public et autres. En termes d’allocation des ressources, ajoute le ministre, il y a eu des arbitrages en faveur des secteurs jugés prioritaires. Mais, actualité oblige, la question irakienne a été également au centre des déclarations du ministre des Finances et de la Privatisation avec les représentants des médias. Ceci en prévision d’une éventuelle guerre contre l’Irak et la montée du prix du baril de pétrole qui pourrait en résulter. À ce sujet, M.Oualalou a été plus que rassurant. "Notre loi de Finances qui a été préparée entre octobre et décembre 2002 a tenu compte des possibilités et des divers scénarii pouvant intervenir au cours de l’année. De toute façon, il y a un élément nouveau, celui du taux de croissance qui devrait être supérieur à ce qui avait été prévu en raison des bonnes précipitations de l'automne et l’hiver. Bien évidemment, il y a le risque de la guerre en Irak, mais elle n’aura aucune conséquence sur l’équilibre du budget lui-même. L’importance de nos avoirs extérieurs nous permet de faire face aux chocs pouvant résulter d'une guerre éventuelle dans le Golfe". Ainsi pour la balance des paiements, dans l'hypothèse d'une reprise de l'économie mondiale, de la poursuite du raffermissement de l'euro et d'un prix du pétrole qui serait proche de 25 dollars le baril, le ministre recommande la poursuite de la consolidation des avoirs extérieurs avec à nouveau un excédent du compte courant de l'ordre de 2,5 % du PIB. D'ailleurs, les prévisions du ministère font ressortir que les réserves des changes exprimées en mois d'importation devraient se stabiliser en 2003, à près de 10 mois d'importation des biens et services non facteurs. Mais qu'en sera-t-il s'il y a guerre ? "Dans ce scénario douloureux, soutient M. Oualalou, les effets de la guerre devraient se manifester par le ralentissement de l'activité mondiale et des échanges. Ils devraient également entraîner une hausse des cours du pétrole. Pour le Maroc, il conviendrait de s'attendre notamment à une hausse de la facture énergétique, un ralentissement des exportations et un recul des recettes touristiques". Selon les estimations faites par les cadres du ministère des Finances et de la Privatisation, l'effet global sur la position extérieure du Maroc se matérialiserait par une diminution des avoirs extérieurs d'environ un mois et demi de biens et services non facteurs. Pour ce qui est de la privatisation, au titre de l'année 2003, il a été prévu dans la loi de Finances la cession de six ou sept entreprises qui sont plutôt de taille moyenne, dans le secteur industriel. "Mais ce qui est important, c'est que nous allons accélérer le processus de dé-monopolisation et de concession dans l’infrastructure et l’électricité" fait-il remarquer. Il faut rappeler, à ce sujet ,que le programme de privatisation a permis la cession totale ou partielle d'environ 70 entités, lesquelles ont généré 4 milliards de dollars de recettes nettes, dont 78 % provenant d'investisseurs étrangers. Quant à la privatisation de la Régie des Tabacs, qui intéresse l'opinion publique, le ministre est resté évasif puisque aucune date précise n'a été donnée à ce sujet. C'est plutôt une échéance de trois à quatre mois qui a été fixée. Dans le même sillage, la privatisation de la RAM devra encore attendre tout comme la libéralisation du téléphone fixe. In fine, les réformes n'ont pas été oubliées par le ministre Oualalou. Selon lui, les réformes structurelles et sectorielles sont destinées à moderniser l'économie nationale et à accélérer sa mise à niveau, à améliorer l'attrait du pays (investisseurs étrangers, touristes). Ces réformes visent également l'amélioration des indicateurs sociaux du pays en vue d'asseoir et de consolider les bases d'une croissance saine et plus forte pour un développement soutenu. Un ensemble de programmes à même de permettre au Maroc de faire face aux défis de la mondialisation.
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