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La BCP n’ira pas en bourse avant le règlement du contentieux avec le Fisc Entretien avec M. Noureddine Omary, Président-Directeu

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Publier le : February 27, 2003

La Banque Centrale Populaire est assurément au-devant de la scène avec la présentation, toute récente, de son nouveau plan de communication. Mais pas uniquement. En effet, selon les déclarations du ministre Oualalou, l’année 2003 devrait consacrer l’introduction en bourse de 20 % du capital social de la première banque nationale. Pourtant, comme l’explique avec pertinence et non sans courage M. Omary, PDG de la banque, des préalables importants existent…


La Nouvelle Tribune : Pouvez-vous donner de plus amples précisions sur l’absorption de la SMDC par la Banque Centrale Populaire ? Avez-vous pu aplanir les éventuelles difficultés engendrées par cette opération ?
La SMDC est-elle devenue aujourd’hui une agence de la BCP ou bien une Banque Populaire régionale ?
M. Noureddine Omary :
La décision d’absorption de la SMDC par la BCP a été prise après le constat d’échec des plans de redressement de cette société et de l’absence de perspectives pour elle, vu la précarité structurelle de sa situation financière et la dégradation continue de ses indicateurs commerciaux et financiers.
Aucun des autres actionnaires n’ayant manifesté d’intérêt pour une éventuelle reprise, la BCP, sous l’impulsion des autorités monétaires et de son principal actionnaire, le Trésor, a dû assumer cette absorption évitant ainsi la liquidation pure et simple de cette banque et offrant de nouvelles opportunités aux autres actionnaires de la SMDC, à sa clientèle et également et surtout à son personnel.
Sur le plan juridique, technique, commercial et financier, nous avons pu mener cette opération avec maîtrise et professionnalisme, grâce aux compétences humaines du Crédit Populaire du Maroc et de la SMDC et en nous associant l’assistance de cabinets spécialisés.
Le processus a été conduit en impliquant tous les membres du Conseil d’Administration et si problème il y a eu, c’est surtout en raison de l’équivoque « créé » quant au statut et au devenir du personnel de la SMDC. Nous avons pris sur nous de garantir et l’emploi et les acquis à l’ensemble de ce personnel alors que sous d’autres cieux et en d’autres circonstances, un plan social aurait conditionné une telle fusion.
Notre confiance en les compétences du personnel de la SMDC et ses capacités d’adaptation nous ont incité à accepter le défi d’une reprise totale.
Ceci étant, le processus engagé s’est finalisé par deux opérations simultanées : l’absorption de la SMDC par la BCP et la rétrocession des agences de l’ex SMDC aux Banques Populaires Régionales, en fonction de leur implantation territoriale. La BCP conservant quant à elle, les autres éléments d’actifs.


Comment avez-vous négocié le retrait des autres actionnaires de la SMDC, tel le groupe Bensalah, la BMCE, etc ? Sont-ils devenus actionnaires de la BCP ?
En fait, nous n’avons pas cherché à négocier le retrait des autres actionnaires de la SMDC. La BCP étant en train d’ouvrir progressivement son capital social et les autres actionnaires de la SMDC n’ont pas manifesté la volonté de se retirer. Aujourd’hui, juridiquement, ils sont devenus actionnaires de la BCP dans le cadre de l’augmentation de capital opérée à cet effet.

Vous avez annoncé que la phase préalable de la privatisation de la Banque Centrale Populaire était aujourd’hui terminée. Quelles en ont été les principales étapes ?

Bien avant l’adaptation de la loi 12-96 portant réforme du Crédit Populaire du Maroc qui pose clairement le principe d’une réduction progressive de la part du Trésor dans le capital social de la BCP, une part, assez faible certes, était déjà détenue par des entreprises devenues privées : SNI, BMCE, …
La loi 12-96 précitée ayant marqué davantage cette volonté de privatisation, le processus a été entamé, d’abord, par la transformation juridique de la BCP d’une société coopérative à capital variable en une société anonyme à capital fixe (février 2001).
Nous avons, dans une deuxième étape, re-profilé le tour de table, en vertu des dispositions de la même loi qui a ouvert le choix aux mêmes actionnaires, autres que l’Etat, de garder leurs  participations dans la limite de 5 %, en payant une prime de 400 DH ou de les rétrocéder à l’Etat.
Dans une troisième étape, nous avons cédé
21 % du capital de la BCP aux Banques Populaires Régionales, tel que le stipule 
la même loi et pour renforcer davantage les liens institutionnels entre la BCP et les BPR.
Pour la réalisation de la 2ème et  de la 3ème étapes, nous avons procédé à un audit approprié et une évaluation  de la BCP par un cabinet externe et nous entendons actualiser cette évaluation à l’occasion de la 4ème étage que nous avons en perspective, c’est-à-dire celle de l’introduction en bourse  de 20 %  du  capital social de la BCP.
Alors que le marché boursier vit une phase dépressive, pensez-vous qu’une programmation de la cession d’une partie du capital de votre institution en 2003 soit judicieuse

Effectivement, l’introduction en bourse des
20 % du capital social de la BCP est envisagée pour 2003,  selon  les vœux et volonté de l’actionnaire concerné, c’est-à-dire l’Etat.
Ceci étant, nous sommes en train d’apprécier aujourd’hui avec le Ministère des Finances et de la Privatisation les conditions du marché d’une part, et la situation financière de la BCP devant le risque fiscal né de l’interprétation faite par l’administration fiscale de la loi sur l’IGR concernant les intérêts servis aux MRE et de l’ignorance qu’elle réserve à la réglementation bancaire notamment, en matière, de provisionnement des créances en souffrance et de comptabilisation des agios réservés.
L’intérêt du Trésor, dans le cadre de cette opération, doit être, certes, de procurer des recettes au budget de l’Etat et d’animer le marché, mais également de préserver les équilibres et la bonne cotation de la BCP et à travers elle, du Crédit Populaire du Maroc dont les fonds propres ne justifient pas, aujourd’hui, le recours au marché boursier.

Le choix d’une privatisation par la Bourse signifie-t-il que vous ne comptez pas associer à l’opération un noyau dur de professionnels du métier de banque ?
La privatisation de la BCP se fera-t-elle donc par la dilution de son capital en faveur d’institutionnels et de petits porteurs ?

La loi 12-96 prévoit clairement qu’aucun actionnaire en dehors de l’Etat et des BPR ne peut détenir plus de 5 % du capital social de la BCP. Il est clair que cette option tient compte de l’organisation du Crédit Populaire composé, à côté de la BCP, de 15 Banques Populaires Régionales à caractère de coopératives à capital variable ainsi que l’interdépendance institutionnelle et opérationnelle de la BCP et des BPR.
Ceci n’empêche nullement les « professionnels du métier de banque » de s’intéresser à la BCP, mais pas pour en  prendre  le contrôle.

Vous avez affirmé que l’État resterait l’actionnaire majoritaire afin de soutenir les banques populaires régionales. Est-ce la seule raison ?
Et réciproquement, les BPR ne pourront-elles pas participer à cette privatisation afin de renforcer leur position dans le capital de la BCP, sachant qu’elles sont déjà elles-mêmes des banques privées qui appartiennent à leurs associés coopérateurs ?

La loi 12-96 ne prévoit pas que l’Etat resterait l’actionnaire majoritaire de la BCP. Elle dispose que la part des BPR et de l’Etat ne devrait à aucun moment être inférieure à 51 %.
On peut très bien envisager que l’Etat ne garde que 1 % et les BPR augmentent leur participation à hauteur de 50 %. Cette présence symbolique de l’Etat vise, je le confirme, à veiller à l’équilibre du système d’organisation très particulier du Crédit Populaire et au confort de ses principes et valeurs de solidarité et d’engagement pour le Bien Commun qui nous animent.
Quant aux BPR, aujourd’hui elles sont déjà actionnaires à 21 % dans la BCP. Rien ne les empêche d’augmenter leur part, si la volonté de l’Etat va dans le même sens et nous pensons que c’est une hypothèse qui peut être consacrée cette année ou dans les deux ou trois années à venir, selon l’option d’introduire ou non cette année la BCP en bourse.



 

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