La Nouvelle Tribune : M.Oudrhiri, à la suite de la rotation SNI-ONA réalisée en 2003, quels ont été les changements intervenus dans le portefeuille de participations du Groupe ONA ?
M. Driss Oudrhiri : L’opération de rotation avait pour objectif de rééquilibrer la structure financière des holdings ONA et SNI permettant à ONA de retrouver ses moyens financiers grâce à une réduction significative de son endettement se traduisant par l’amélioration de sa capacité d’investissement. Par ailleurs, cette opération a permis de clarifier l’actionnariat du Groupe. Parallèlement, et dans la foulée de cette première opération d’importance, il y a eu un certain nombre de reclassements de participations entre les deux holdings dans l’objectif d’accroître la cohérence industrielle et opérationnelle d’ONA et SNI. Ainsi, BIMO est passé dans le portefeuille d’ONA dans une logique de partenariat avec DANONE, à l’instar des participations dans le capital de Centrale Laitière et SOTHERMA.
De même, CMB Plastique, qui était auparavant détenu à hauteur de 51 % par Lesieur Cristal et 49 % par SNI, est désormais contrôlé à 100 % par Lesieur Cristal, son premier client.
Enfin, la participation dans le capital de SOPRIAM, qui était partagée entre les deux holdings se retrouve, aujourd’hui, regroupée dans le portefeuille ONA, opérateur historique de ce distributeur automobile.
ONA est donc aujourd’hui le véritable holding de participations industrielles, tandis que la SNI a plutôt un rôle de holding financier, dont le portefeuille comprend essentiellement les participations dans ONA à hauteur de 30 % environ, Lafarge Maroc, Sonasid, Berliet, Renault, etc.
Comment ces changements se sont-ils répercutés au niveau de la consolidation des comptes du groupe ONA ?
En plus de la rotation ONA-SNI et du reclassement de certaines participations, d’autres opérations importantes ont eu lieu au cours de l’exercice 2003. Il s’agit de :
- La cession des participations dans les groupes SBM et SCE, Carnaud Maroc, Cellulose du Maroc et Somacovam ;
- La consolidation de Bimo par intégration proportionnelle au lieu de l’intégration globale pour mieux se conformer aux règles de consolidation en vigueur;
- La déconsolidation des filiales ne répondant pas aux seuils de consolidation fixés. Il s’agit de filiales n’ayant aucune incidence significative sur le chiffre d’affaires consolidé, sur le résultat d’exploitation consolidé, sur le Rnpg ( résultat net part du groupe) et sur le total du bilan consolidé. Cette opération répond, en fait, à l’objectif d’une meilleure efficacité dans la production des comptes consolidés du Groupe.
Compte tenu de l’incidence significative de ces différentes opérations sur les résultats du Groupe, il a été nécessaire de reprendre les comptes 2002 et de les retraiter des opérations ci-dessus, afin de rendre comparables les exercices 2003 et 2002 et de mieux informer, ainsi, l’actionnaire et le lecteur des comptes de la véritable évolution des performances du Groupe entre ces deux exercices. Autrement dit, les comptes 2002 "pro forma" ont été consolidés en tenant comptes des changements intervenus en 2003 comme s’ils avaient eu lieu en 2002, conformément aux règles internationales de consolidation.
N’est-il pas difficile pour les analystes de suivre tous ces changements de périmètre et de méthodes de consolidation du groupe ONA ? 2004 sera-t-elle une année de capitalisation de tous ces changements ?
En 2004, nos méthodes de consolidation ne subiront aucun changement. Cependant, nous poursuivrons nos efforts d’amélioration de l’information financière.
En 2003, la communauté financière a eu l’occasion de découvrir les comptes "pro forma" qui seront, désormais, publiés à chaque fois qu’une opération significative aura lieu.
De la même manière, nous nous préparons à l’adoption des nouvelles normes comptables internationales IFRS, (International Financial Reporting Standard) qui seront obligatoires en Europe pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2005.
L’adoption des normes IFRS permet de passer d’une comptabilité imprégnée de considérations juridiques et fiscales à une information financière répondant aux besoins des investisseurs : plus économique, plus transparente, beaucoup plus détaillée. De ce fait, il s’agit d’un véritable défi que le Groupe doit relever. C’est également une réelle opportunité pour le Groupe de concevoir une nouvelle stratégie de communication financière.
Entretien réalisé par
Afifa Dassouli