La Caisse de Dépôt et de Gestion se porte bien. Ce qui ressort de la présentation annuelle des résultats du Groupe par son Directeur Général, Mustapha Bakkoury. Tous les indicateurs sont au vert. Les progressions des principaux indicateurs d’activité et financiers montrent que le Groupe a su marier allègrement sa contribution au développement socio-économique du Royaume aux exigences de rentabilité. Ainsi, la CDG a vu son bénéfice 2003 s'établir à 564 MDH en forte progression de 30,8 % par rapport à son niveau de 2002. Ce résultat est d'autant plus positif que le groupe a constitué des provisions d'environ un milliard de dirhams pour des reprises de provisions de 522,66 MDH. L'activité bancaire du groupe s'est bien portée également avec un produit net bancaire en hausse de 11,4 % à 1078,64 MDH.
Au niveau de la collecte de l’épargne, la Caisse continue à jouer un rôle central dans le drainage d’une épargne nationale nécessaire au financement de l’économie nationale. Au titre de l’exercice 2003, les dépôts collectés (y compris les consignations et cautionnement) ont progressé de 2,2 % pour s'établir à 37,75 milliards de dirhams. Outre l’effet volume, cette progression est d’autant plus importante qu’elle est essentiellement le fait des dépôts stables (CNSS, CEN, Fonds de travail et Secrétaires Greffiers) qui ont progressé de 4,6 % à 27,86 milliards de dirhams, compensant le repli de 25 % enregistré au niveau des autres dépôts. Suite à cela, les ressources globales de la CDG et ses organismes se sont stabilisées à fin décembre 2003 à 79,12 milliards de dirhams dont la moitié provenant de la CNRA/RCAR, près de 20 % sous forme d’avoir de la CNSS, etc.
Emplois
Côté emploi, la CDG continue de jouer son rôle d’acteur majeur dans le financement de l’économie à travers ses interventions au niveau des marchés obligataires, actions et le financement des activités immobilières et de développement. Ainsi, au niveau du marché primaire des Bons du Trésor, la CDG a été le principal prêteur de l'État avec 30 % des montants levés par ce dernier sur ce marché. Les investissements en produits de taux ont atteint 29,37 milliards de dirhams, soit plus de 77,28 % des dépôts collectés. Selon M. Bakkoury, "la CDG adopte une allocation optimale des ressources privilégiant le marché des taux qui allie sécurité et rentabilité". Sur ce marché, c’est le Trésor qui tire son épingle du jeu. Le portefeuille obligataire de la CDG d’environ 60 milliards de dirhams, est investi à hauteur de 96 % en titres émis ou garantis par l'État. Quant au portefeuille actions, il s’est stabilisé à 7,2 milliards de dirhams. Le manque de profondeur du marché boursier résultant en grande partie de l’illiquidité de plusieurs titres et de la rareté du papier neuf de qualité et les importants risques qui entourent les placements actions freinent un peu l’engagement de la Caisse qui demeure néanmoins le principal animateur de la place. Du coup, les privatisations programmées pourront constituer des opportunités d’investissement indéniables pour cet organisme qui dispose d’importantes ressources à rentabiliser. Notons qu'en ce qui concerne l'évolution du portefeuille de la CDG, "l'année 2003 a été celle de la poursuite de la politique d'assainissement et de consolidation du portefeuille participation menée au cours des deux dernières années", a fait déclaré M.Bakkoury. Cette politique a commencé à porter ses fruits en ce sens que "le portefeuille a dégagé un rendement de 4,6 % et ce malgré les difficultés que connaissent certaines sociétés sur le plan de la restructuration", poursuit le Directeur Général de la Caisse. Au niveau de ce portefeuille, il est à noter le bon résultat réalisé par la SCR (cf article) avec pour effet la remontée à la Caisse d'un dividende important. Pour ce qui est des participations relevant du secteur touristique, "le travail de mise à niveau entrepris par la CDG a commencé à porter ses fruits dès l'exercice 2003 permettant pour la plupart des unités hôtelières de résorber en partie leurs déficits antérieurs", a affirmé M. Bakkoury. Idem pour les participations du Groupe au niveau du secteur financier.
Recouvrement
Ainsi, les opérations de mise à niveau de Sofac Crédit et Maroc Leasing tiennent la route et le patron de la CDG pense que ces sociétés retrouveront "une zone d'équilibre et vont renouer avec les bénéfices dès l'exercice 2004 pour Maroc Leasing et 2005 pour Sofac Crédit". Seul hic au niveau du portefeuille financier, les réalisations du CIH ont été en deçà des attentes notamment en ce qui concerne les réalisations de la banque en termes de crédits et de recouvrement.
Par ailleurs, la Caisse continue à investir dans l’immobilier et foncier. Les emplois dans cette activité se sont établis à 992 MDH en 2003. A signaler que dans le cadre de la politique d’habitats sociaux mise en place par l'État, la Société de Développement Al Kora, filiale à 100 % de la CDG, est chargée de réaliser les opérations Al Kora et Mers El Kheir. La première vise la réalisation d’une opération de 2 200 logements sociaux et 665 commerces destinés au relogement de l’ensemble des populations et commerçants de "Douar Al Kora", la seconde prévoit la construction de 1 415 appartements sociaux de type F3 destinés au relogement des bidonvilles "non ayants- droit" installés sur les terrains Ouled Dlim, Ouled Mtaa Est et Chiadmaghomra du projet Hay Ryad, ainsi que 200 commerces. La CDG renforce également sa position en tant qu’aménageur de zones industrielles (Jorf Al Asfar, Al Aroui, Beni Nsar, etc) et promoteurs des centres d’affaires, participe à l’aménagement des zones touristiques intégrées (Agdal, Chrifia, etc), et s’intéresse à de nouveaux métiers liés à l’immobilier (résidences pour étudiants, infrastructure urbaines, etc).
Sur un autre registre, cette présentation a été l'occasion pour M. Bakkoury de revenir sur le recentrage de la BNDE, sur les métiers de banque d'affaires adossées à la CDG et la reprise de son volet commercial -réseau d'agences et BMAO- par la CNCA. Pour rappel, ces opérations devraient être pilotées par la CDG qui était chargée de la mise en place de l'ensemble des opérations qui s'articulaient principalement sur un plan social approprié, la cession d'actifs de la BNDE non nécessaires à sa nouvelle fonction, le traitement et le remboursement du passif de la banque et l'indemnisation des actionnaires minoritaires personnes physiques. Cette dernière opération étant réglée depuis, les autres points ont connu quelques avancées. Ainsi, pour ce qui est des créances en souffrance de la BNDE qui s'élevaient à 6 milliards de dirhams pour un encours de 10 milliards de dirhams en 2001, la CDG a ouvert plusieurs chantiers pour repasser en revue la qualité du portefeuille de la banque et classer les créances en fonction de leur chance de récupération. En ce qui concerne les recouvrements, pas moins de 760 MDH de créances en souffrance et contentieux ont été récupérées en 2003 pour quelque 350 dossiers.
Moussa Diop