| | Articles » Finance | | La Marocaine-Vie, un résultat affecté par les éléments exceptionnels Assurances |
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Auteur : Publier le : April 8, 2004
L'exercice 2003 a été difficile pour la Marocaine Vie. Il faut dire que la conjoncture n'a pas été très favorable pour la branche assurance-vie qui a accusé un repli de 13,2%, contre une hausse de 20% en 2002, sous l'effet combiné de la réforme de la CIMR et d'un environnement financier et réglementaire difficile. Pour ce qui est de la réforme de la CIMR, celle-ci a coûté plus d'un milliard de dirhams de perte en primes aux compagnies d'assurance dont 750 MDH au titre de l'exercice 2003. Pour la Marocaine Vie, les pertes en primes s'élèvent à 80 MDH dont 60 MDH, au titre de l'année 2003 et 20 MDH pour l'exercice en cours. Quant à l'environnement financier et réglementaire de l'assurance vie, il reste très peu attractif du fait, entre autres d’une exigence de marge de solvabilité importante avec l'obligation de mobiliser 5 % du montant des primes en fonds propres, une fiscalité non attractive pour une épargne longue et stable nécessaire au développement économique et social, une restriction en matière de diversification, l'absence de produits de couverture au niveau du marché action, etc. Dans cet environnement globalement défavorable, le chiffre d'affaires (encaissement des primes) de la Marocaine Vie au titre de l'année 2003 s'est établi à 474 MDH contre 475 MDH en 2002, soit une baisse de 0,21%. Hors l'effet de la CIMR, le chiffre d'affaires devrait signer une progression de l'ordre de 6% à 7%. En dépit de cette quasi-stagnation, la Marocaine Vie améliore sa part de marché qui passe de 11,1 % en 2002 à 12,4% en 2003. Quant aux prestations payées, elles se sont établies à environ 144MDH. Partant, la collecte nette, signe d'enrichissement de la Marocaine Vie, s'est établie à 330 MDH en 2003 avec un impact positif sur les encours qui ont atteint 1848MDH en 2003 contre 1457 MDH en 2002. La forte progression des produits d'exploitation de la compagnie de l'ordre de 40 % sous l'effet des produits financiers (+74 %) et des produits bruts d'exploitation (+19 %) a largement compensé la progression 16 % des charges d'exploitation (intérêt versés aux clients, frais de gestion et commissions versées aux intermédiaires) et permis au résultat d'exploitation de ressortir à 1,6 MDH en 2003 contre -24,7MDH en 2002. En dépit de cette amélioration du résultat d'exploitation, le résultat net de la Marocaine Vie est encore déficitaire en 2003 de -151,1 MDH, contre -53 MDH en 2002. Cette situation est en quelque sorte voulue. Selon M. Jean-Marie Stein, PDG de la Marocaine Vie, "nous avons décidé d'assainir le portefeuille de la Marocaine Vie et d’adopter une politique de provisionnement significatif pour partir sur de nouvelles bases saines". Concrètement, en plus d'une dotation de provisions à caractère général (75MDH), la compagnie a adopté une mise à niveau comptable et technique dont les conséquences éventuelles ont été provisionnées. En tout, les éléments exceptionnels provisionnées au titre de l'exercice 2003 ont atteint 150,1MDH justifiant ainsi la perte de 151,1MDH.
"Coup d'accordéon"
Avec ce déficit, fruit de l'assainissement du portefeuille de la compagnie, le management de la Marocaine Vie escompte renouer de manière durable aux bénéfices. Pour y arriver, et après avoir assaini son portefeuille, la compagnie compte, avant tout sur, "une gestion des actifs optimisée gage de performance et de pérennité", fait remarquer M. Stein. Et sur ce plan, il faut reconnaître que la Marocaine Vie a réalisé des performances appréciables au cours de ces dernières années en faisant passer son rendement de 2,06% en 2001 à 5,30 % en 2003 et ce grâce à une politique d'allocation du portefeuille qui allie sécurité, liquidité et rentabilité. Face aux incertitudes qui caractérisent les marchés financiers, l'allocation des actifs accorde une part prépondérante aux produits de taux qui ont représenté 67 % du portefeuille de placement de la compagnie, contre 18 % pour l'immobilier, 4 % pour les actions et 11% pour divers autres placements. Et ce n'est pas l'embellie qui caractérise le marché boursier depuis plus d'une année qui fera changer de politique d'allocation aux dirigeants de l'assureur qui mettent davantage l'accent sur la sécurité des placements de taux au détriment des produits actions et ce d'autant que le marché actions est dépourvu de produits de couverture. Outre l'optimisation de la gestion des actifs, le renforcement des ressources humaines à travers la formation et le recrutement d'experts sur des métiers stratégiques, le recentrage de l'organisation sur le client et la qualité du service, la mise en place d'une offre commerciale transparente et compétitive, et enfin, la distribution des produits via des canaux de distribution efficaces et de qualité constitueront les fondamentaux solides sur lesquels la compagnie va asseoir son retour durable au bénéfice. Enfin, M. Stein, a souligné que la Marocaine Vie compte procéder à une augmentation de capital de l'ordre de 220 MDH. Il s'agit surtout d'un "coup d'accordéon" en ce sens que cette recapitalisation sera suivie d'un apurement total du report à nouveau déficitaire par voie de réduction de capital. Moussa Diop
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