C’est ainsi que la contribution du marché "particuliers et MRE" à la formation du PNB (Produit Net Bancaire) a été de 38%, celle du marché " PME-PMI " de 24 % et de 12 % pour le "corporate" . De même, signe très positif pour une banque, le coefficient d’exploitation de BMCE Bank s’est amélioré en 2003, traduisant un recul de 4 %, pour s’établir à 55,7 % contre 58 % en 2002. Et surtout, signe important par les temps qui courent, l’affectation de 707 Mdh de dotations aux provisions dont 642 Mdh pour les créances sur la clientèle qui, du fait des efforts de recouvrement, ont été ramenées à des provisions nettes d’un montant de 471 Mdh.
Le nouveau mode de gestion décidé, semble-t-il, par le Président de la banque lors du dernier conseil d’administration du 24 mars 2004, devrait renforcer cette tendance. En effet, en faisant coopter par le Conseil en tant qu’administrateurs les quatre Directeurs généraux de BMCE Bank, le président Othman Benjelloun a exprimé, non pas la volonté, mais plutôt la ferme décision de renforcer la gouvernance de la banque en donnant aux quatre promus des responsabilités individuelles, certes, mais surtout collectives, comme l’exprime le communiqué de la banque. En conséquence, les quatre Admnistrateurs Directeurs généraux concernés, MM. Mohamed Bennani, Jeloul Ayad, Mamoun Belghiti et Brahim Benjelloun devront travailler dorénavant de façon plus collégiale et se mobiliser pour réaliser les ambitieux axes stratégiques à l’élaboration desquels ils ont certainement contribué.
Ces axes sont l’accélération de la croissance du segment des particuliers, l’augmentation de la part du marché MRE, la mise en œuvre d’une stratégie différentiée et à forte valeur ajoutée du marché " corporate ", la politique volontariste d’accompagnement des PME-PMI et la poursuite de la rationalisation des charges générales d’exploitations et des investissements. En parlant d’investissements, il faut préciser qu’il s’agit tout particulièrement des prises de participations de la banque. En effet, depuis la privatisation de BMCE Bank, son président, M. Othman Benjelloun, a voulu bâtir autour de la banque, un groupe financier multi-métiers, appréhendé comme un moteur de développement économique,
C’est ainsi que depuis 1996, l’encours du portefeuille de participations de BMCE Bank est passé de moins d’un milliard à plus de 4 milliards de dirhams. Les plus importants de ces investissements ayant été Méditélécoms et l’acquisition d’Al-Wataniya qui, à travers sa fusion avec la RMA, constituera en 2005, la première compagnie d’assurance du pays, détentrice de 23 % de parts de marché.
L’objectif de M. Othman Benjelloun étant, d’une part, de positionner sa banque comme réseau de distribution - par excellence - de la bancassurance, comme réseau marketing et de vente croisée de produits et solutions, l’interpénétration étant irréversible entre ces deux domaines.
D’autre part, le second objectif du Président Benjelloun est de faire bénéficier BMCE Bank d’une convergence plus grande des services bancaires et financiers avec les télécommunications ainsi que des synergies commerciales à fortes valeurs ajoutées.
Il faut reconnaître, à ce titre que le projet a été bien mené jusqu’au jour où la banque a été alertée par Bank Al-Maghrib qui lui demandait de se conformer aux règles et normes en matière de prises de participation des établissements de crédits, telles que définies par l’arrêté de 1999.
L’arrêté du ministre de l’Économie et des Finances du 16 août 1999 est clair à ce sujet et BAM exige son application de façon intégrale. La BMCE s’est vu attribuer le délai réglementaire de deux ans pour s’y conformer et ramener son coefficient maximum de division des risques à la norme selon laquelle son portefeuille de titres de participations ne doit pas excéder 50 % de ses fonds propres nets et chacune des participations ne peut dépasser 10 % des fonds propres de la banque et 30 % du capital social ou des droites de vote de la société émettrice.
Dans un premier temps, BMCE Bank a commencé par une émission obligataire subordonnée de 500 millions de dirhams, assimilable à des capitaux propres, dans l’objectif d’augmenter ses fonds, tout en diversifiant ses sources de financement à moyen terme et en optimisant le coût. Puis, sans trop tarder, elle s’est engagée dans un plan plus vaste de correction de l’équilibre de ses fonds propres avec ses participations stratégiques et en conséquence de son ratio de solvabilité. C’est ainsi qu’elle a procédé à la cession de certaines participations. Les cessions opérées ont notamment porté sur les valeurs MAGHREBAIL (MAD 53 millions), CTM (MAD 29,7 millions,), SOMED (MAD 21 millions), SBM (MAD 16 millions) et Banco Bilbao Viscaya (MAD 6 millions) et plus récemment de 2,5 % de la participation de la banque dans Méditélécom, au prix approximatif de MAD 222 millions. L’allègement du portefeuille de participations de la banque s’est donc fait de plusieurs façons, par la cession définitive des participations dans la Somed (Société maroco-émiratie de développement), en reclassant dans la CTM en totalité dans Al Wataniya et la RMA ainsi que 14 % du capital de Maghrebail et 2,5 % de Méditélecom. Ce qui a eu pour effet de ramener la participation de la BMCE dans Maghrebail à 35 % et dans Méditelecom à 5%.
BMCE Bank a ainsi recentré sa stratégie de groupe autour de la banque, de l’assurance, des nouvelles technologies, de la communication et des services.
Il est clair à ce niveau que la synergie de groupe a joué puisque les deux compagnies d’assurances ont pu sauver la situation de la BMCE vis-à-vis de Bank Al-Maghrib. Cela, d’autant que la réglementation des assurances distingue bien chez les compagnies d’assurances, l’actif en représentation des réserves, qui doit respecter des règles strictes de dispersion du risque, de l’actif libre. Précisément, le premier se doit d’être la contrepartie de la réserve mathématique pour l’assurance vie et de la réserve technique pour les dommages. De ce fait, les actions, les obligations cotées, les Sicav ou les TCN ne peuvent constituer plus de 50 % de l’actif en représentation totale. Par contre, l’actif libre, à condition d’avoir un actif en représentation suffisant, peut contenir toutes les participations de la compagnie, dans l’immobilier, les entreprises cotées ou non, les obligations ou autres.
Afifa Dassouli
Ce qu’impose Bank Al-Maghrib
Le cadre juridique du système bancaire n’a céssé de se moderniser, depuis la loi bancaire promulguée par le Dahir du 6 juillet 1993 permettant la libéralisation de l’activité bancaire et la dynamisation des marchés des capitaux. Parallèlement, les règles prudentielles ont été réaménagées pour renforcer la solidité du système bancaire et le mettre au niveau des standards internationaux. L’une des plus importantes est le coefficient de solvabilité ou ratio Cooke qui correspond au rapport entre les fonds propres d’une banque et ses engagements, qui doit être à un minimum de 8%.
Parmi celle-ci, le ratio de division des risques, défini comme étant le rapport entre d’une part, le total des risques encourus sur un même bénéficiaire et de l’autre, les fonds propres nets de la banque, est passé de 7% à l’origine à 10% en septembre 1996 puis à 20% en décembre 2000.
Ou encore le coefficient minimum de liquidité, fixé à 100%, traduit le rapport entre d’une part, les éléments d’actif disponibles réalisables à court terme et les engagements par signature reçus et, d’autre part, les exigibilités à vue et à court terme et les engagements par signature donnés.
La réserve monétaire ou fonds que les banques sont tenues de garder sous forme de comptes gelés auprès de Bank Al Maghrib, à hauteur de 10% de leurs dépôts à vue, constitue aussi une règle d’imporance. Il faut rappeler que l’obligation de blocage de la réserve monétaire a été levée en septembre 1996, permettant aux banques de disposer de leurs liquidités sous réserve de respecter la moyenne mensuelle de 10%. lequel taux a été relevé à 14% à fin 2002, et à 16,5% en septembre 2003 pour éponger les surliquidité bancaires.
D’autre part, les banques doivent procéder à la classification de leurs créances en souffrance et en assurer la couverture par des provisions afin de préserver la solvabilité des établissements bancaires. Le régime de couverture par les provisions des créances en souffrance, a été renforcé en décembre 2002, à 20%, 50% et 100% respectivement pour les créances pré-douteuses, douteuses et contentieuses. Enfin, dans le respect du coefficient maximum de division des risques des établissements de crédit, leurs prises de participations dans des entreprises existantes ou en création, ont été encadrées par un arreté du ministre de l’économie et des finances du 16 aout 1999 qui en précise les conditions . Celles-ci se traduisent par des contraintes de trois types. La première impose que le montant total du portefeuille des titres de participations ne doit pas excéder 50% des fonds propres nets de l’établissement de crédits. Les deux autres concernent chacune des participations qui ne peuvent dépasser 10% des fonds propres et 30% du capital social ou des droits de vote de la société émettrice.
AlWataniya et RMA dégagent un résultat net de 471 MDH
La présentation des résultats de la BMCE Bank a été l'occasion de distiller quelques indications sur les résultats du pôle d'assurance du Groupe, Al Wataniya et la Royale Marocaine d'Assurance (RMA), dont le processus de fusion avance conformément au calendrier fixé, à laissé entendre le président de la nouvelle entité qui résultera de la réunification des deux compagnies, M. Saâd Bendidi.
Al Wataniya a vu ses primes et ses revenus de placements croître pour atteindre respectivement 1 563 MDH et 774 MDH. Les charges de sinistres et consommation se sont établies à 1 797 MDH. Du coup, la valeur ajoutée est ressortie à 519 MDH. Quant au résultat net d'Al Wataniya, il s'est établi à 235 MDH. Dans le même sillage, la RMA a vu ses primes et ses revenus de placements nets atteindre respectivement 1 205 MDH et 299 MDH. Les charges de sinistres & consommation ont atteint 1 247 MDH. La compagnie a dégagé une valeur ajoutée de 394 MDH et un résultat net de 236 MDH.
Les deux compagnies ont su tirer profit de la reprise du marché boursier en 2003. Ainsi réunies, les primes émises par les deux compagnies ressortent à 2 768 MDH pour un résultat net de 471 MDH.
Selon M. Bendidi, les deux compagnies qui s'accaparent de 23,2% des parts de marché du secteur des assurances présenteront un bilan unique pour l'exercice 2004.
Méditel, 2 millions de clients
M. Saâd Bendidi a profité de la publication des résultats de BMCE Bank pour donner quelques chiffres sur les réalisations de Méditel au titre de l'exercice 2003. Pour rappel, le capital du second opérateur des télécommunications du Royaume est détenu à hauteur d'un peu plus de 18 % par le groupe Finance.com (BMCE Bank: 5 %, RMA: 4,91 %, et Al Wataniya: 8,2 %)
En 2003, le nombre total de cartes actives de l'opérateur s'est établi à 3 200 000 clients dont 2 059 000 clients actifs. Selon M. Bendidi, Méditel a réalisé ces résultats grâce à sa large gamme de produits novateurs. En accroissant ses parts de marché, Méditel a vu ses revenus croître sensiblement pour passer de 2 255 MDH en 2002 à 2 910 MDH en 2003, soit une progression de 29,05 %. "Ce résultat est le fruit de la mise sur le marché d'une gamme large de produits novateurs par Méditel qui couvre actuellement 88,6 % du territoire national", a laissé entendre M. Bendidi.
Par ailleurs, le total des investissements cumulés du second opérateur s'est établi à 23 milliards de dirhams. Celui-ci emploie 686 personnes et est à l'origine de la création d'environ 11 000 emplois.
Enfin, Méditel a obtenu le prix national de la qualité en 2003.