| | Articles » Finance | | 2003, l’année de tous les succès pour Lafarge Maroc Secteur cimentier |
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Auteur : Publier le : April 8, 2004
En 2003 en effet, Lafarge Ciments, a connu une croissance exceptionnelle des ventes, + 9,1 % (proche de celle du marché cimentier national, + 9,3%), une augmentation du prix moyen de vente, des progrès dans la productivité et les procédures de production, éléments positifs qu’il convient cependant de relativiser quelque peu du fait de certains surcoûts induits par le prolongement de l’activité de l’ancienne usine de Tétouan et le décalage du démarrage des ventes à partir de la nouvelle unité de Tétouan II. Celle-ci, opérationnelle depuis janvier 2004 d’ailleurs, devrait être officiellement inaugurée dans les prochaines semaines, bien avant sans doute la période estivale.
Les bons comptes
C’est donc un Jean-Marie Schmitz heureux et satisfait qui a accueilli la presse spécialisée et les analystes financiers de la place casablancaise le 30 mars dernier pour la présentation traditionnelle des résultats annuels de la première entreprise cimentière du Maroc, qui, excusez du peu, règne sans partage sur plus de 43 % du marché national. Mais l’homme n’est pas un optimiste béat ou impénitent et sa satisfaction n’exclut en rien un solide réalisme qui l’amène à prévoir des "lendemains qui déchantent", notamment du fait de l’ouverture prochaine du marché marocain à la concurrence induite par les mécanismes de déprotection douanière et tarifaire. C’est donc en préparant soigneusement l’avenir que Lafarge Maroc choisit de célébrer ses performances de 2003, marquées positivement comme on sait par les effets d’une certaine relance économique due à un retour de la confiance, une bonne campagne agricole et le lancement par le Gouvernement Jettou de plusieurs grands chantiers infrastructurels. Au niveau de ses comptes consolidés, Lafarge Ciments, qui comprend les activités ciment, béton et granulat, marque une croissance de 12,3% de son chiffre d’affaires, qui passe de 2 660 MDh à 2 986 MDh. Le résultat brut enregistre quant à lui une hausse de 10,5 % par rapport à 2002 pour s’établir à 1386 MDh. Le résultat net consolidé, lui, augmente de 13,6 % et passe de 690 MDh à 784MDh. Pour l’activité ciment proprement dite (qui représente la plus grosse part de Lafarge au Maroc), le chiffre d’affaires en 2003 est passé de 2456 MDh à 2758 MDh, en hausse de 12,3 %, alors que le RBE a connu une croissance de 14,5%, soit 1405 MDh contre 1102 MDh. Le résultat net, enfin, enregistre une progression de 16,5 %, à 784MDh contre 673 MDh en 2002. Cette qualité de résultats, saluée donc par l’Administrateur-Directeur général, a sans doute poussé le Conseil d’Administration de Lafarge de proposer à l’Assemblée Générale qui se réunira avant l’été la distribution (généreuse) d’un dividende de 75 Dh par action, en augmentation de 25 % par rapport à 2002 où les actionnaires avaient perçu 60Dh par titre détenu. Au titre de l’activité 2003, et en dehors des appréciations chiffrées, on saluera la "performance sociale" que représente la réussite du plan de redéploiement du personnel de la cimenterie de TétouanI, opération qui a retenu durant de longs mois l’attention soutenue de M. Schmitz et de ses collaborateurs et qui s’est traduite par la création d’une activité propre par 111 des 121 salariés non acceptés sur le nouveau site de Tétouan II. Cette reconversion, qui a généré 266 emplois directs, est incontestablement l’une des plus belles réussites de Lafarge Maroc en 2003 et prouve que le "social", loin de toute démarche démagogique, représente pour M. Schmitz, l’un des axes majeurs de sa fonction managériale. Comme l’explique le document distribué par les services de M. Khalid Najab, en charge de la communication à Lafarge Maroc, lors de la conférence de presse précitée, "tout donne à penser que l’année 2004 prolongera le mouvement de croissance qui porte le marché du ciment depuis trois ans. L’importance des chantiers d’infrastructure et des équipements touristiques, la diversité des incitations gouvernementales pour dynamiser la construction de logements collectifs, l’importance des intentions d’investissement enregistrées auprès des CRI, la bonne tenue des transferts des RME laissent présager une nouvelle année de croissance du marché du ciment".
Un avenir difficile ?
Ces perspectives impliquent de nouveaux investissements pour Lafarge qui désire développer ses capacités de production pour anticiper la croissance attendue du marché. C’est ainsi que l’unité de Bouskoura, l’un des fleurons du cimentier au Maroc, sera dotée d’une nouvelle ligne d’une capacité de 900 000 tonnes. Opérationnel à partir du début de 2006, ce dispositif devrait porter la capacité globale de Lafarge Maroc à 5,5 millions de tonnes par an. De plus, l’ancienne cimenterie de Tétouan I sera reconvertie en un nouveau métier grâce à l’installation sur ce site d’une unité de fabrication de chaux industrielle, laquelle est largement utilisée sur les blanches façades du Nord méditerranéen… Lafarge est donc confiant dans l’avenir du secteur cimentier national, comme l’a expliqué à la presse et aux analystes financiers M. Jean-Marie Schmitz, mais cette vision n’exclut pas pour autant une perception claire des enjeux futurs et des défis qui s’annoncent pour un secteur où existent de grandes potentialités de progression. En effet, la consommation moyenne annuelle par tête d’habitant est l’une des plus faibles du pourtour méditerranéen, autour de 300 kg, quand elle dépasse les 1200 kg en Espagne. Avec l’ouverture annoncée du marché national, l’exacerbation de la concurrence sur certains marchés du sud de l’Europe (qui ne bénéficieront plus des subventions destinées au développement infrastructurel par la Commission Européenne), il existe une réelle éventualité de voir de grands producteurs de la Rive Nord, mais aussi des compétiteurs égyptiens (voir asiatiques !) s’intéresser au marché marocain. Lafarge est pleinement conscient de cela, s’y prépare de diverses manières et anticipe en conséquence. Car, si "vis pacem, para bellum"… Fahd Yata
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