La Nouvelle Tribune : M.Ben Sari, quels commentaires faîtes-vous sur les résultats de SONASID pour 2003 ?
M. Ben Sari : Très positifs puisque le résultat d’exploitation de SONASID s’est accru de près de 30%, passant de 622,6 Mdh en 2002 à 803,3 millions de dirhams en 2003 alors que le résultat net de 404 Mdh en 2003 contre 365 mdh en 2002, n’a progressé que de 10%. La différence entre ces deux performances se justifie par la constitution de provisions pour investissements et pour logements pour profiter de dispositions fiscales favorables dans les deux domaines.
Tant notre actionnaire de référence la SNI avec 21% du capital que notre actionnaire et partenaire étranger avec 8,5% Arcelor sont satisfaits sachant que le reste du capital est entre les mains d’institutionnels marocains ou de petits porteurs. Nous distribuons par ailleurs le même dividende que l’année dernière, 65dh par action, soit un peu plus de 250 Mdh sur 404 Mdh de résultat net, ou 62%, à la grande satisfaction du grand public qui détient 37% de notre capital. Ce taux de distribution représente pour SONASID qui a de grands projets industriels, un gros effort de distribution. D’ailleurs le cours de SONASID a atteint les 960 dirhams contre une moyenne 494 en 2000, 505 en 2001, 526 en 2002. Pour un cours moyen de l’action en 2003, de 775 Dh, le PER est déjà à un niveau intéressant de 7,5.
La non maîtrise des prix de la billette sur le marché mondial a-t-elle impacté les résultats de SONASID ?
Non, pas en 2003, puisque la hausse importante des prix de la billette n’est intervenue qu’en décembre. Son impact se ressentira certainement sur le résultats de 2004. Toutefois, la conjoncture actuelle met SONASID dans l’obligation de faire le meilleur compromis possible entre le souci de création de richesse pour ses actionnaires dont 37% sont des petits porteurs et celui du maintien des prix sur le marché dans le cadre du rôle qu’elle a à jouer dans la construction des logements sociaux. Bien que, je pense que la tension sur les prix de la billette est à son maximum et si nous ne pouvons pas parier sur une baisse des prix nous pouvons le faire sur leur maintien au niveau actuel.
Comment comptez-vous remédier à cette situation sur le long terme ?
D’abord, pour répondre à la demande du marché intérieur et nous développer à l’extérieur, nous pourrons monter en puissance sur notre nouveau laminoir à Jorf Lasfar ; vous savez, le marché est porteur, la demande y est forte, et c’est normal qu’elle attire des investisseurs pour opérer dans le domaine du Rond à Béton. L’augmentation de la demande intérieure en RAB à été en 2003 de 9,5% et nous pensons qu’elle avoisinera les 8% en 2004 pour se maintenir à 6% l’an au delà, et ce pendant quelques années. Notre plan stratégique sur 10 ans nous donne une visibilité par rapport au projet de l’aciérie qui est un investissement très lourd et correspond au délai du démantèlement douanier qui démarre en 2003 et s’achève en 2012. La principale préoccupation de SONASID est en effet, de se projeter au-delà de ces dates charnières.
Voilà pour le volume, quant au prix, nous continuerons à ajuster nos prix de vente en fonction des prix d’achat de billette et des prix du Rond à Béton à l’international. Notre objectif de croissance peut se réaliser aussi à travers une diversification vers le segment du fil machine où nous occupons une part de marché de 60%. De même que grâce à notre nouveau laminoir on pourra aussi développer les laminés marchands qui représentent au Maroc un marché de 120.000 T environ.
D’autre part, nous avons tout un programme d’amélioration de notre compétitivité qui consiste à réduire les coûts de transformation. La nouvelle aciérie réduira notre dépendance de la billette puisqu’elle transformera la ferraille. Nous pensons pouvoir drainer en montée la ferraille marocaine avant d’aller explorer le marché international. Et comme le marché de la ferraille est lui-même assez problématique, nous cherchons déjà d’autres substituts comme les minerais de fer. La SONASID pourrait s’impliquer dans des projets industriels d’envergure dans des pays qui disposent de minerai de fer et d’énergie à l’instar de certains pays arabes du Grand Maghreb ou du Moyen Orient.
Entretien réalisé par
Mme Afifa Dassouli