La conjoncture sectorielle favorable marquée, entre autres, par la consolidation de la reprise économique, la volonté du gouvernement de relancer la lutte contre l'habitat insalubre via le logement social et le regain d'activité sur le ciments, notamment, a été bénéfique pour Holcim Maroc dont tous les indicateurs d'activité et de résultat ont enregistré des progressions satisfaisantes. Le volume des ventes du ciment s'est apprécié de 8 % pour dépasser la barre des 2 millions de tonnes. Cette hausse a impacté positivement sur le chiffre d'affaires consolidé qui s'est apprécié de 11,3 % pour s'établir à 1568MDH. Le résultat d'exploitation consolidé a connu une progression de 51 % pour s'établir à 565MDH. Cette forte hausse est le fruit combiné de l'augmentation des volumes, de l'amélioration des coûts de production grâce notamment à une utilisation accrue de combustibles de substitution, de la baisse des dotations d'exploitation due à l'amortissement d'une partie des installations de Fès Ras El Ma de 45 % et du réajustement des prix de vente du ciment d'environ 2 % en janvier 2003. Partant, le résultat net consolidé de Holcim Maroc ressort à 417 MDH en hausse de 76 % par rapport à son niveau de 2002. Les capitaux propres consolidés se sont appréciés de 32 % à 1039MDH. Notons que pour Holcim (Maroc) S.A, a vu également son bénéfice net s'apprécier dans les mêmes proportions pour s'établir à 330MDH. Fort de ces résultats, le conseil d'administration de Holcim (Maroc) a proposé à l'Assemblée générale la distribution d'un dividende de 40 dirhams l'action et la distribution d'un super dividende de 52 dirhams, soit un dividende global de 92 dirhams par action correspondant à un rendement brut du dividende de 9,2 %.
Dividende de 92 dirhams
Au niveau des activités bétons prêts à l'emploi, les ventes en volumes d'Holcim bétons se sont accrues de 30,9% pour s'établir à fin décembre 2003 à 292 000 m3 pour un marché évalué à 1520000 m3. Environ 70 % du volume ont été réalisés sur le marché de Casablanca. Cette activité devrait connaître une progression en 2004 avec l'acquisition d'une centrale à Béton sur Tanger et la rénovation de la centrale de Aïn Harrouda dans le but d'augmenter ses capacités. De même, la réaction des clients à la mise sur le marché de nouveaux produits spéciaux devrait se confirmer cette année. Pour ce qui est de l'activité granulats, Holcim Granulats a vendu 380 000 tonnes en 2003.
La présentation des résultats a été l'occasion pour le management d'Holcim Maroc de revenir sur le Projet Atlacim qui a commencé à prendre corps. Selon M.Youssef Ennadifi, qui vient d'achever sa mission de Président du Directoire d'Holcim Maroc et qui prend à partir du 1er avril la présidence du Conseil de Surveillance, le Projet dont 50% du terrain est actuellement acquis sera réalisé en trois phases. La première sera celle de la mise en place d'un Centre d'ensachage de 500000 tonnes par an qui sera opérationnel début 2005. La seconde consistera en une extension du Centre d'ensachage/distribution et adjonction d'un centre de broyage de 1 million de tonnes. Enfin, une ligne de cuisson de clinker d'une capacité de 750 000 tonnes suivra. M. Ennadifi a tenu à souligner que la réalisation de ces différentes phases, du point de vue temps, dépendra uniquement de l'évolution du marché. Une fois réalisé, ce dispositif industriel permettra à Holcim Maroc d'améliorer sa compétitivité et son assise dans la région centre la plus dynamique du Royaume.
Au niveau environnemental, Holcim Maroc poursuit sa politique citoyenne en procédant à la baisse des taux d'émission de poussières au niveau des deux cheminées de l'unité d'Oujda grâce aux nouveaux filtres à manche. De même, les efforts visant à diminuer la consommation d'eau dans les deux usines d'Holcim ont été positifs. Par ailleurs, Holcim Maroc met un accent particulier sur l'activité de valorisation des déchets industriels. Cela s'est traduit par la poursuite du programme de la mise en place des installations spécifiques de réception et d'injection de déchets et par la construction d'une installation pour les déchets solides au niveau de l'unité d'Oujda. Dans le cadre de cette activité, "Holcim Maroc importe des pneus déchiquetés pour réaliser des économies d'énergie", a laissé entendre M.Ennadifi. De même, le cimentier poursuit ses ventes de prestations de services d'élimination de déchets (déchets pharmaceutiques et produits agro-alimentaires). La sortir de la loi sur le gestion des déchets devrait doper cette activité. Toujours dans le cadre des valorisations de déchets, "Holcim Maroc a signé une alliance stratégique avec l'agence allemande GTZ visant à l'élaboration de directives internationales pour la valorisation des déchets en cimenterie", poursuit M.Ennadifi.
Enfin, concernant les perspectives, le management d'Holcim Maroc reste confiant. "Outre la politique du gouvernement en faveur du logement social, le développement des infrastructures de base (autoroutes, barrages, etc) et d'aménagements touristiques (plan Azur) et la consolidation de la reprise économique, on peut s'attendre à une évolution favorable des résultats d'Holcim Maroc pour 2004". Reste que tout n'évolue pas favorablement pour le secteur. Outre le fait que le coût d'énergie est l'un des plus élevés au monde, les cimentiers marocains sont appelés à faire face à la hausse des cours du coke de pétrole et du fret maritime. Pour M. Ennadifi, l'élimination de la TIC et la baisse des droits de douane à l'importation des matières premières pourraient contribuer à l'amélioration de la compétitivité des cimentiers marocains comparativement à leurs homologues du pourtours Méditerranéen à l'heure des accords de libre-échange. A titre de comparaison, par rapport au Maroc, le coût d'énergie est plus de 40% moins chère en Égypte. C'est pour faire face à cette situation qu'un accent particulier est mis sur les produits de substituions (valorisation des déchets), lesquels ont représenté 8% de la consommation énergétique de Holcim Maroc en 2003.
Moussa Diop