| | Articles » Finance | | Lesieur Cristal, un chiffre d’affaires en hausse de 7 % Résultats 2003 |
|---|
Auteur : Publier le : March 25, 2004
Le contexte international marqué par la hausse des cours des huiles brutes et le renforcement de la concurrence au niveau national avec l'entrée en activité de l'unité de titrisation du Groupe Belhassan conjuguée avec l'arrivée sur le marché des premières marques distributeurs, accentuant la concurrence dans le segment des prix, n'a pas été sans impact sur les résultats 2003 de Lesieur Cristal. L'impact négatif né de ces événements a été en partie compensé, entre autres, par la bonne campagne nationale de graine de tournesol, la reprise du marché boursier permettant une reprise sur les titres en portefeuille, une abondance relative de l'offre d'huile d'olive et la baisse du dollar -devise de facturation des importations - par rapport au dirham. Dans cet environnement plutôt défavorable, Lesieur Cristal a réalisé un chiffre d'affaires de 3 355 MDH en progression de 7 % par rapport au niveau de 2002. Cette hausse est le fruit d'une multitude de facteurs dont l'accentuation de la politique d'innovation avec le lancement de nouveaux produits (cas du savon parfumé El Kef Citron, savon en paillettes, etc), l'amélioration du mix huile de table, du renforcement du positionnement de leader des marques LC, l'effet de la réorganisation complète du système de distribution avec la mise en place d'un système de distribution directe, l'adoption d'une politique commerciale ciblée par région et par type de concurrence, le bon comportement des détergents et la vente des tourteaux. Le tout soutenu par des campagnes de communication et de promotion agressives. En dépit de la progression du chiffre d'affaires, le résultat d'exploitation a signé une baisse de 30 % pour s'établir à 217 MDH, contre 311,7MDH en 2002. Cette forte baisse s'explique essentiellement par la hausse des cours des huiles brutes (+22%) et des graines (+26 %) rehaussant très fortement la facture des achats de matières de Lesieur Cristal. A titre d'exemple, le cours de l'huile brute de Soja est passé d'environ 530 dollars à fin décembre 2002 à plus de 650 dollars à fin décembre 2003. La facture aurait pu être plus salée sans la gestion dynamique de la couverture des achats des graines et des huiles brutes, la réalisation de contrats d'achat de matières premières avec paiement au choix en euro ou en dollar et la baisse du cours du dollar de 11 % par rapport au dirham. Au total, la facture des achats de matières consommées a progressé de 8% à 2 654 MDH. En dépit de ces couvertures, la poursuite de la tendance haussière sur les graines et les huiles brutes impacté négativement sur les résultats de la société et ce d'autant que Lesieur Cristal ne peut répercuter la totalité de la hausse des matières premières sur le prix de vente d'un produit de première nécessité. Du coup, la marge de manœuvre de Lesieur Cristal était très réduite. Prise en tenaille entre des cours qui flambent sur le marché international et une concurrence accrue au niveau national, l'amélioration de la productivité et l'optimisation des coûts industriels ont permis d'atténuer les charges avec une baisse de 10 % sur le raffinage et 5 % sur la fabrication des savons. Partant, le résultat net 2003 de Lesieur Cristal a pu être stabilisé à son niveau de 2002, soit 191 MDH, après prise en compte du résultat financier en hausse de 35 MDH. Dividende de 170 dhs/action Après avoir maintenu dans des conditions globalement défavorables ses bénéfices, le conseil d'administration de Lesieur Cristal a proposé à l'Assemblée générale ordinaire la distribution d'un dividende ordinaire de 70 dirhams par action et une distribution exceptionnelle de 100 dirhams par action, ce qui correspond (au cours de l'action à fin décembre 2003: 1 220 dirham) à un rendement du dividende très appréciable de 13,93%. En matière d’investissement, Lesieur Cristal a acquis, en 2003, 100 % de la société CMB Plastiques au prix de 150 MDH. Pour l'avenir, le management de la société compte poursuivre sa politique de croissance en misant sur 5 axes majeurs la sauvegarde des parts de marché, le développement de l'outil de production, le développement de la filière d'huile d'olive en mettant l'accent sur les opportunités d'intégration de cette filière, la gestion dynamique des couverture des risques sur les matières premières et sur le change et l'ouverture à l'international par la création de filiales à l'étranger. Concernant la gestion des couvertures des risques, tout en saluant l'assouplissement de la réglementation en matière de couverture des risques sur les matières premières, M. Ahmed Rahhou, PDG de Lesieur Cristal, souligne que "les limites de la circulaire font que les importateurs marocains ne peuvent pas être compétitifs comparativement à leurs concurrents étrangers qui bénéficient des instruments de couverture plus adaptés à l'évolution du marché des matières premières dont les cours sont très volatiles". Quant à l'ouverture à l'international, elle se traduira d'une part, par l'augmentation des exportations, et d'autre part, par la recherche d'opportunités d'implantation au Maghreb et en Afrique de l'ouest. Pour ce qui est des exportations, elles ont atteint 90 MDH en 2003, contre 43,4 MDH en 2002, soit une progression de plus 107 %. "Ce résultat est le fruit d'une politique commerciale agressive de conquête de marchés qui nous a obligés à payer le ticket d'entrée sur les nouveaux marchés en sacrifiant les prix", a commenté M. Rahhou. Quant à l'ouverture à l'international, Lesieur Cristal mise aussi bien sur des implantations que sur l'achat d'unités industriels existant au Maghreb (Tunisie) et en Afrique occidentale (Guinée, Sénégal, Gambie, etc). Enfin, revenant sur l'impact de l'accord de libre échange avec les États-Unis, le PDG de Lesieur Cristal a fait part de sa crainte que la baisse de la moitié des droits de douane à l'entrée dès la première année ne se traduise par le retrait de la scène des agriculteurs marocains qui seront incapables de suivre la machine américaine qui bénéfice en plus des subventions agricoles étatiques. Pour lui, c'est toute la chaîne oléicole (agriculteurs, raffineurs, industriels, etc) qui risque d'être touchée et ce d'autant que le coût de l'énergie continue à être handicapant. Partant, il est urgent de se pencher sur l'avenir de la filière pendant qu'il est encore temps. Moussa Diop
|
|