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Le palmarès des OPCVM, un tournant indispensable Entretien avec M. Maestracci, d’EuroPerformance

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Publier le : March 18, 2004

La Nouvelle Tribune : M.Olivier Maestracci, vous êtes Directeur des Études chez EuroPerformance, groupe Finifo, qui est une agence française de mesure de performances. Vous venez d’animer un séminaire pour le compte de Wafa Gestion sur les performances des OPCVM. Considérez-vous que c’est un critère de classement essentiel dans le marché de la gestion collective ?
Olivier Maestracci : Les critères de sélection des OPCVM permettent d’opérer un premier choix. Cela peut tout d’abord consister à les distinguer, les regrouper en catégories Actions, Diversifiées, Obligations, Trésorerie, catégories à l’intérieur desquelles on peut introduire des classes sur la base de critères plus spécifiques. Pour les obligations, par exemple, on les distinguera en fonction du terme des placements, soit à court, moyen et long termes. Pour les actions, on les distinguera par secteur d’activités ou zone géographique etc…
Au Maroc, par exemple, les catégories d’OPCVM sont réglementées et viennent d’être élargies par un texte de loi récent qui introduit six catégories d’OPCVM au lieu de trois, soit : actions, diversifiés, trésorerie, obligataires à court terme, obligataires à long terme et OPCVM garantis. Le classement des OPCVM sur la base de leurs performances introduit, quant à lui, des critères intrinsèques au calcul de la performance et tout particulièrement celui du risque.

Le palmarès des OPCVM sur la base de leur performance exige-t-il une harmonisation des méthodes de calcul de ladite performance ?
Oui, c’est une exigence de base pour une question de possibilité de comparaison. En général pour la simplifier, on ne tient pas compte des souscriptions et des rachats au cours d’une période et qui peuvent avoir été faits à des moments de hausse ou de baisse du marché.
Le calcul de la performance se ramène à une simple comparaison des valeurs liquidatives de fin et de début de période.

Le palmarès des OPCVM est-il exigé sur un marché de concurrence pure et parfaite ? En conséquence, pensez-vous que le marché marocain de la gestion collective tarde à mettre en place un tel palmarès ?
Le palmarès des OPCVM est, certes, une forme de transparence obligatoire dans un marché concurrentiel, mais sachez qu’une telle décision doit venir des gestionnaires eux-mêmes ou, du moins, d’une partie de certains d’entre eux. En France, l’association des gestionnaires de fonds tardait à se décider à réaliser la classification des OPCVM à partir de leurs performances et c’est un journaliste financier qui leur a forcé la main en publiant un premier classement de quelques fonds. Puis, progressivement, tous les gestionnaires de fonds ont suivi pour ne pas rester en retrait de la communication qui se faisait autour de la publication des performances de ces produits de placement collectifs.
Aujourd’hui, la situation a évolué, puisque ce type de classification se fait par des mesureurs de performance, c’est-à-dire des sociétés spécialisées comme EuroPerformance, ce qui en assure l’objectivité.

Pour le Maroc, Finaccess associé local de Finifo, ne devrait pas initier un tel classement ?
Cela devrait être d’abord une initiative de l’ASFIM, donc des gestionnaires eux-mêmes, ne serait-ce que parce qu’ils doivent harmoniser leurs méthodes de calcul des performances pour rendre possible ce classement et surtout parce qu’en tant qu’acteurs de marché, ils sont les mieux placés pour en sentir la maturité.
En effet, si le marché n’est pas mûr pour ce genre de classement, les clients seront tiraillés entre les interprétations des uns et des autres et risquent de perdre confiance en ces produits. Il est donc primordial, et j’insiste là-dessus, que le palmarès des OPCVM catégorie par catégorie soit initié par l’association des gestionnaires de fonds qui doit une fois sa publication réalisée, le maintenir, le perpétuer et en assurer l’objectivité avant de le sous-traiter à des sociétés comme Finaccess-Fininfo .

Pourquoi Wafa Gestion a-t-elle pris l’initiative de ce séminaire portant sur les performances des OPCVM?
Le palmarès des OPCVM ne devrait tarder à sortir au Maroc avec l’élargissement du marché de la gestion collective.
Et je crois que M.Errakhmi, Directeur général de Wafa Gestion l’a déjà compris et s’y prépare. Il veut associer l’opinion publique et annoncer à ses clients l’événement par avance pour les convaincre de sa gestion transparente, de ses performances et de sa volonté de les afficher dans le cadre d’une cohésion de marché.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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