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L'emprunt de l'ODEP sur-souscrit plus de 3 fois ! Marché de la dette privée

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Publier le : March 4, 2004

L'Office d'Exploitation des Ports (ODEP) a rencontré un franc succès lors de sa première sortie au niveau du marché obligataire. L’opération a été bouclée au terme de la première journée, alors que la période de souscription était étalée sur trois jours. "Le succès d'une telle opération est d'autant à saluer que les titres émis par l'ODEP ne bénéficient d'aucune garantie de la part de l'État qui détient la totalité de son capital social", souligne t-on auprès des organismes conseils de l’opération, à savoir la Banque Centrale Populaire et la banque d’affaires Wafa Trust.
Les résultats des souscriptions recueillis auprès de ces derniers révèlent que les demandes des investisseurs ont atteint près de 2,3 milliards de dirhams, soit 3,28 fois le montant de l'émission obligataire prévu. Par catégorie d'investisseurs, ce sont les OPCVM et les Établissements de crédit avec des demandes respectives de 1 044,0 MDH (45 %) et 1 011,2 MDH (44 %) qui ont montré le plus d'intérêt à l'émission. Loin derrière arrivent les compagnies d'assurance avec des demandes de 211,2 MDH (9 %) et les autres investisseurs 30 MDH (1 %). Par ailleurs, il est _ pr_ciser que la quasi-totalit_ des OPCVM ont particip_ _ cette op_ration.
A travers cet emprunt, l'ODEP boucle ainsi son programme de financement du transfert de sa caisse interne de retraite (CIR) au Régime Collectif d'Allocations de Retraite (RCAR). Pour rappel, le transfert des caisses internes de retraite était sollicité par l'État en vue de s'assurer de la pérennité et de l'équilibre de ces régimes. Au niveau de l'ODEP, la prise de conscience des limites du régime de la caisse interne de retraite avait poussé l'Office à engager dès 1998 une étude actuarielle dans ce sens. L'ODEP n'est pas le seul établissement concerné par le transfert. Après l'ONCF et l'ODEP, d'autres établissements sont appelés à suivre le même chemin et ce dans le but d'éviter à long terme d'épineux problèmes à leurs retraités. Seulement, l'externalisation des caisses internes de retraite a un coût. Et pour l'ODEP, celui-ci a été chiffré par le RCAR à 2,342 milliards de dirhams. De ce montant, 1,642 milliard de dirhams seront financés directement par l'ODEP en puisant dans ses disponibilités qui s'élevaient à 2,256 milliards de dirhams à fin décembre 2002. Le reliquat devant être comblé par les 700 MDH levés par le biais de cette émission obligataire.
Trésorerie importante
Outre une rémunération attractive, le succès de cet emprunt s'explique surtout par la confiance des investisseurs dans les fondamentaux et dans les perspectives de croissance de l'Office. En effet, les états de synthèse de l'ODEP pour l'exercice 2002 font ressortir un bénéfice net de 308 MDH et un montant de capitaux propres et assimilés de 2 957 MDH. La situation provisoire des comptes de l'ODEP à fin septembre 2003 présente un chiffre d'affaires de 1 513 MDH en progression de 1,3 % sur un an glissant et un résultat net de 276 MDH, soit une marge nette de 18,2 %. Les résultats positifs dégagés au cours de la dernières décennie ont contribué fortement à la consolidation des capitaux propres et au renforcement de la structure financière de l'Office.
En outre, l'ODEP a accumulé des réserves au profit de la CIR d'un montant total de 842 MDH à fin décembre 2002. Au niveau de l'endettement, l'ODEP bénéficie de lignes d'emprunts à long terme à des conditions préférentielles en termes de taux auprès d’organismes internationaux. L'encours des dettes financières à fin décembre 2002 ressort à 1,16 milliard de dirhams. La rubrique comptable dettes de financement de l'ODEP, intégrant l'encours des dettes financières (1 154 MDH) ainsi que la réserve constituée au titre de la CIR (842 MDH), est valorisée à 2,0 milliards de dirhams au terme de l’année 2002, soit environ 37 % des capitaux permanents de l'Office. A noter qu'à la même date, la disponibilité d'une trésorerie nette de 543 MDH conjuguée à la présence d’un portefeuille d’actifs financiers liquides totalisant 1 474 MDH, a permis à l'office de dégager un volume de disponibilités de 2 017 MDH, soit un niveau qui compense entièrement le volume des dettes globales de l'ODEP. De ce fait, l’endettement net de l’Office à fin 2002 est quasi-nul. 
Enfin, notons que cette opération a été pilotée par la Banque Centrale Populaire et la banque d’affaires Wafa Trust en tant qu'organismes conseils. Quant au placement, il a été orchestré par la Banque Centrale Populaire et Wafa Bourse.

Moussa Diop



 

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