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BMCE Capital analyse la rentabilité du marché boursier entre 1993 et 2003 Études & Recherches

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Publier le : March 11, 2004

C’est une étude intéressante que viennent d'effectuer les analystes de BMCE Capital portant sur la "Rentabilité et risque à la Bourse de Casablanca". Selon les analystes de la filiale de BMCE Bank, la reprise du marché boursier en 2003, "incite à passer en rétrospective l'évolution enregistrée au cours des dix dernières années, afin de mettre en exergue les tendances phares observées sur cette période et de déduire les indicateurs de rendement et de risques spécifiques du marché". Partant, ils assignent à cette étude un double objectif : "déterminer les taux de rendement historique: marché, secteur et valeurs, d'une part, et extraire la prime de risque sur la base de la droite de marché, d'autre part".
Globalement, il ressort de cette étude une évolution du TRI moyen du marché de l'ordre de 8,6%. Cette moyenne cache d'énormes disparités. En tout, les analystes de BMCE Capital distinguent 5 phases distinctes. La première, qualifiée d'attentisme (1993-1994) se caractérise par un fléchissement de la rentabilité du marché. Il s'agit d'une période intérimaire marquée par la mise en place de nouveaux mécanismes de fonctionnement du marché dans le cadre des réformes entreprises en 1993. A cette phase a succédé une période de flambée de la rentabilité de la place (1995-1997). Les effets positifs des réformes du marché se faisant sentir, le marché a été marqué également par l'injection de fonds OPCVM (créés en 1996), l'arrivée d'investisseurs étrangers, la multiplication des opérations de privatisation, etc. Ces différents facteurs ont stimulé la demande sur les différentes valeurs rehaussant les cours des différents titres. Le TRI moyen du marché a atteint son plus haut niveau durant cette période(+88 %). Après l'euphorie, une phase de correction (1998-1999) s'est enclenchée entraînant une forte décélération des niveaux de rentabilité. La sortie des investisseurs étrangers suite à la crise asiatique est venue compliquer davantage la situation. A ensuite suivi une période de turbulence (2000-2002) au cours de laquelle le flottement des cours a fini par installer la marché dans un mouvement baissier indépendamment de la tenue des fondamentaux de certaines valeurs. Durant cette phase, le TRI moyen de la place est tombé à son plus bas niveau (-16 %). Enfin (à partir de 2003), une phase de reprise est constatée avec le redressement des cours boursiers de la quasi totalité des titres cotés. Le TRI du marché a clôturé cette phase avec une moyenne de +42%.
A côté de l'évolution disparate des TRI moyens du marché, on note également un comportement divergent des différents secteurs de la place. Par secteur, c'est l'Agro-alimentaire qui affiche la meilleure performance avec un TRI moyen de l'ordre de 18,8 %. Derrière ce secteur qui bénéficie d'une forte protection et qui est composé de valeurs prisées par le marché suivent les industries métallurgiques avec un TRI sectoriel moyen de 14,1%. Cette moyenne est tirée essentiellement par le bon comportement de la Sonasid. derrière les métallurgiques arrivent les holdings avec une rentabilité moyenne de 11,1 %. La surprise de cette étude vient de la quatrième meilleure rentabilité sectorielle du marché démentant ainsi l'appréciation négative dont souffrent les entreprises du secteur. A regarder de plus près, on note tout de même que cette performance est tirée surtout par le leader du marché, Eqdom. Les banques offrent une rentabilité moyenne identique à celle du marché, 8,7 % contre 8,6%. Quant aux cimentiers, de plus en plus prisés par les investisseurs, ils ont dégagé un TRI moyen de 7,9% durant la période 1993-2003. Parmi les grands secteurs, ce sont les Assurances et le secteur Pétrole & Mines qui ferment la marche avec des TRI moyens historiques respectifs de -7,1 % et -11,9%.

Prime de risque de 7,0 %

Par valeur, les meilleures rentabilités moyens sont à mettre sur le compte de la Centrale Laitière qui affiche un taux de rendement sur la période 1994-2003 de 31,8%. Derrière, on peut souligner les performances réalisées par Oulmès, Agma Lahlou-Tazi, Zellidja et Eqdom avec des TRI moyens respectifs de 23,3%, 19,4%, 18,8 % et 18,8%. Les titres Holcim (Maroc), Branoma et Sonasid se sont bien comportés avec des TRI moyens historiques respectifs de 16,6%, 15,6% et 15,1%. Unimer introduite plus récemment dégage un TRI moyen de 26,1%. Une vingtaine de titres ont enregistré durant cette période des taux de rendement moyens historiques négatifs. Parmi ceux-ci, on peut citer : Maghrebail (-0,7%), Samir (-11,4%), Wafa Assurance (-17,0%), Managem (-17,3%). IB Maroc, introduite plus récemment, clôture la liste des rendements négatifs avec un TRI moyen de -52,3%. 
Par ailleurs, et concernant le risque du marché, "historiquement, la volatilité du marché de Casablanca a évolué, entre 1994 et 2003, dans un canal contenu entre 4 % et 12%, permettant de conclure à un niveau de risque limité pour la place", soulignent les analystes de BMCE Capital. La construction de la droite de marché sur la base des valeurs cotées en continu (MADEX), du fait de l'illiquidité de certaines valeurs du marché, démontre que le rendement du marché est expliqué à hauteur de 33 % des cas par son niveau de risque, établissant ainsi une corrélation entre ces deux facteurs à plus de 57 %. Bien que relativement faible, "ce niveau n'en demeure pas moins significatif, permettant d'extraire une prime de risque de 7 % au courant de la période 1994-2003", font remarquer les analystes de BMCE Bank.

7 blocs identifiés

Une fois les niveaux de rendement et de risque déterminés, une cartographie des couples associés des valeurs cotées a été dressée. En tout, les analystes ont identifié sept blocs à couple rentabilité/risque différenciés: Valeurs à haut rendement (Centrale Laitière, Unimer et Oulmès), Valeurs sûres de premier ordre dégageant une rentabilité comprise entre 10 % et 20% (Sonasid, Eqdom, ONA, Wafabank, etc), Valeurs sûres de second ordre qui présentent un niveau de risque identique aux précédentes mais avec des rendement compris entre 5 % et 10% (Ciments du Maroc, Lafarge Ciments, Crédit du Maroc, etc), valeurs exotiques faiblement liquides mais qui offrent des rendement moyens modérés (Zellidja, Branoma, Carnaud, etc), Valeurs "tangentes" dont les rendements varient entre +3 % et -3% avec des niveau de risque variant entre 25 % et 75 % (SMI, CTM, Maghrebail, Nexans, etc), Valeurs en "méforme" qui présentent des niveaux de risque compris entre 25% et 75 % et qui affichent des taux de rendement négatifs (Samir, Managem, Wafa Assurance, CIH, Afriquia Gaz, etc), enfin, Valeurs "épouvantails" qui sont des titres à rentabilité fortement négative et à risque élevé (Le Carton, Papelera de Tetuan, Rebab Company, etc).
Cette étude confirme ce que les analystes financiers ne cessent de répéter aux investisseurs: "à long terme, le placement action demeure le plus rentable comparativement aux autres modes de placements: obligations, placements à terme, etc". Elle donne également une idée sur les sociétés les plus rentables du marché durant la décennie écoulée. Ce qui ne pourra qu'éclairer les investisseurs dans leurs choix d'investissement, tout en sachant, bien évidemment, que les performances passées ne prédisent, souvent, en rien, celles à venir.

MD



 

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