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Comment Charaf a intéressé l’African Fund Fonds d'investissement

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Publier le : February 5, 2004

Charaf, le numéro deux des engrais au Maroc a ouvert dernièrement son capital à un grand fonds d'investissement international, AIG African Infrastructure Fund LLC (AAIF). Cette dernière, qui contrôle actuellement 36,36 % du capital de Charaf à la suite d'une augmentation de capital qui lui a été entièrement réservée, est un fonds d'investissement dédié exclusivement à l'Afrique. Une partie du management du fonds, en compagnie du staff de Charaf, a rencontré dernièrement la presse nationale pour donner plus de détails sur le fonds et ses modalités d'intervention sur le continent. D'emblée, M. Thomas R. Gibian, Directeur Général et Responsable en chef des opérations d'Africa Fund, a souligné que "l'AAIF est le fonds d'investissement le plus important qui soit exclusivement dédié à l'Afrique, un continent de plus en plus délaissé par les investisseurs étrangers". Si au départ, les investissements étaient focalisés principalement sur les infrastructures, aujourd'hui, le fonds a élargi ses opportunités d'investissements en incluant divers secteurs qui présentent des opportunités d'investissement et de rentabilité indéniables comme les télécommunications et services annexes, les ressources naturelles, les services liés à l'environnement, l'énergie, l'eau, l'agro-industrie, etc. Dans les entreprises qu'il juge à fort potentiel de croissance et de rentabilité, le fonds investit généralement entre 10 et 40 millions de dollars. Dans tous les cas, le fonds ne contrôle pas plus de 50 % du capital d'une société et n'intervient pas dans la gestion des entreprises dans lesquelles il investit. Si toutes les entreprises du continent peuvent bénéficier des investissements du fonds, il n'en demeure pas moins que celles se trouvant dans les pays ayant entamé des réformes économiques nécessaires pour offrir des opportunités d'investissement intéressantes dans un environnement stable seront les mieux placées. Cela explique que le fonds, initialement destiné aux financements des infrastructures des pays d'Afrique au sud du Sahara, oriente désormais le tiers de ses investissements aux pays d'Afrique du Nord qui disposent globalement des marchés financiers plus développés à même de faciliter les sorties du fonds une fois les objectifs visés atteints. Et parmi ces pays, le Maroc semble occuper une place de choix aux yeux des managers du fonds qui ont fait le déplacement. Pour bénéficier, à l'image de Charaf, des investissements de l'AAIF, les entreprises candidates doivent remplir un certain nombre de critères. Selon M. Thomas R. Gibian, "une expérience réussie sur le pan opérationnel et financier, une vraie vision de développement dans le secteur d'activité et une idée claire de l'emploi de l'argent investi dans l'entreprise conditionnent la participation du fonds dans le capital d'une société".
Rentabilité supérieure à 20 %
En matière de rentabilité, si l'objectif du fonds est de réaliser au terme d'une durée d'investissement bien déterminée à l'avance une plus-value financière, il n'en demeure pas moins qu'"un retour sur investissement supérieur à 20 % est exigé", souligne le Directeur Général. En plus, la durée de l'investissement étant limitée, un plan clair des modalités de sortie du fonds doit être établi au départ par les deux parties. Si l'introduction en Bourse demeure la sortie la plus souhaitée par les managers du fonds, la cession des parts à un investisseur-tiers, au cas où ce recours s'avère plus approprié, n'est pas exclue. Pour M. Gibian, "le problème de sortie du fonds ne se pose pas au Maroc du fait de l'existence d'un marché financier développé". A ces critères s'ajoutent la qualité du management de la société, le potentiel de développement du secteur d'activité de l'entreprise bénéficiant de l'apport de capitaux, le respect des intérêt de l'ensemble des actionnaires de l'entreprise, etc. Des conditions que Charaf a remplies pour attirer l'AAIF dans son tour de table. L'augmentation du capital réservée au fonds permettra à Charaf de financer son programme d'investissement de 55 MDH et le remboursement de la dette  à hauteur de 45 MDH. L'investissement permettra, entre autres, l'amélioration des capacités logistiques des plates-formes de la société de Jorf Lasfar, Kénitra, Agadir et Nador; l'acquisition et l'aménagement de quatre nouveaux sites et le renforcement des capacités de fabrication et de conditionnement. Selon M. Amine Kandil, Administrateur Directeur Général de Charaf, "la société conditionne 5 000 tonnes par jour et dispose d'une capacité de 800 000 tonnes/an ". En investissant sur les capacités, Charaf anticipe une hausse des besoins du marché. D'après la FAO, les besoins du Maroc en engrais devraient s'établir à 2,5 millions de tonnes alors que le marché évolue actuellement dans une fourchette comprise entre 800 000 et 1 million de tonnes par an. L'objectif ultime de Charaf, selon M.Kandil, "est de contribuer à l'autosuffisance alimentaire du Royaume en dépassant l'effet de l'aléa climatique en mettant des produits de qualité à même d'accroître la productivité agricole du pays". Quant à la partie qui sera consacrée au désendettement de la société, elle lui permettra de rééquilibrer son ratio fonds propres/dettes et d'abaisser par la même occasion ses frais financiers.
Si Charaf est la première société marocaine à bénéficier des investissements de l'AAIF, d'autres entreprises pourraient suivre ses traces. Selon Hurley H. Doddy, Directeur d'Africa Fund, "le fonds est actuellement en discussion avec d'autres sociétés marocaines exerçant dans des domaines divers comme la distribution de produits pétroliers, les télécommunication, l'eau et l'électricité et le tourisme".
Notons que depuis son lancement, le fonds AAIF, pour un fonds disponible de départ de 405 millions de dollars, a investi quelque 200 millions de dollars, à fin 2003.
Moussa Diop

Quelques dates clés du développement de Charaf

La société Charaf a été créée en 1989. Au début, elle avait comme activité l'importation et l'exportation de semences et de primeurs. En 1993, la société décroche le plus important marché d'engrais du Royaume, celui de la Cosumar, un contrat de 20 000 tonnes, et fait son entrée dans le monde des engrais. En 1995, la société met sur pied un service de recherche et développement
En 1996, Charaf se concentre presque entièrement au métier des engrais délaissant au passage ses métiers de départ et noue un partenariat avec la Grande paroisse, un des leaders européens du secteur des engrais pour la distribution au Maroc de ses produits.
En 1998, la société ouvre deux nouveaux sites à Kénitra et Jorf Lasfar, dans le but de soutenir le site de Casablanca.
L'année 2002 constituera un point central du développement de Charaf qui passe ainsi du statut d'importateur d'engrais à celui de fabricant également  avec la mise en place d'une unité de fabrication d'engrais composés NPK sous forme de mélange. Charaf propose aujourd'hui trois gammes d'engrais: les engrais de base, les engrais complexes et les engrais solubles.

AAIF, un fonds dédié à l'Afrique

Le fonds AAIF a été créé en avril 2000. Il s'agit du plus important fonds dédié exclusivement à l'Afrique. Le fonds investit dans les infrastructures et les industries connexes sur le continent. Il soutient les jeunes entreprises à fort potentiel à la recherche des relais de croissance.
l'AAIF dispose d'un capital de 405 millions de dollars et s'appuie sur un actionnariat de prestige. Le fonds est sponsorisé par "The American International Group", le premier assureur mondial avec une capitalisation boursière de 168 milliards de dollars. Il compte également dans son tour de table des investisseurs prestigieux tels que El Paso Energy Corporation, la Société Financière Internationale (filiale de la Banque Mondiale), la Banque africaine de Développement (BAD), la Banque Européenne d'Investissement et la Proparco (filiale de l'Agence Française de Développement).
Le fonds est géré par Emerging Markets Partnership (EMP), un des leaders mondiaux en matière de gestion de fonds d'investissement dédiés aux financement des infrastructures (secteurs privés). EMP est le conseiller principal de six fonds d'investissement totalisant plus de 5 milliards de dollars de ressources dédiées à l'Asie, l'Amérique Latine, l'Europe de l'Est, l'Afrique et le Moyen Orient.



 

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