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Bilan unique pour BCM-Wafa dès 2004

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Publier le : February 5, 2004

On pourrait donc, légitimement, se demander pourquoi donc aller si vite en besogne et annoncer des nominations dès la fin janvier, qui ne prendront effet qu’à la fin mars au plus tôt ?

Au-delà des personnes

La réponse est fournie par le même communiqué qui précise que " cet organigramme cible, défini et présenté cinq semaines à peine après l’accord donné par les autorités à l’opération de rapprochement entre la BCM et Wafabank, est un signal fort quant au respect des principes édictés par le management dans la conduite du processus d’intégration des deux banques ". Le même texte énonce également que " les responsables désignés dans cette première étape sont, dès à présent, clairement engagés dans la mise en œuvre opérationnelle de leur domaine de responsabilité dans le cadre du nouvel ensemble ". Ce qui veut dire, en clair, que si la fusion juridique ne se concrétisera qu’au troisième trimestre 2004, elle s’applique avec effet rétroactif au premier janvier 2004. L’objectif poursuivi par les responsables du nouvel organigramme est donc la présentation à la fin 2004 du premier bilan de la nouvelle entité BCM-Wafa et les nouveaux responsables n’ont pas une minute à perdre et se doivent de respecter les délais qui leur sont ainsi " comptablement " imposés. La mise en place de l’organigramme cible intervient un mois à peine après le conseil de passation des pouvoirs de Wafabank, qui s’était tenu le 23 décembre dernier. Il s’inscrit dans le respect le plus strict des engagements antérieurement pris par M. Oudghiri, Président de la BCM, lors de la conférence de presse qui rendait publique l’opération même. Visiblement donc, le PDG du nouvel ensemble cherche, au-delà du respect de ses engagements, à neutraliser, sinon à relativiser l’attentisme et le doute du personnel des deux entités et tout particulièrement des cadres créateurs de valeurs et de richesse.
En effet, en responsabilisant certains des cadres supérieurs de deux entités, il les invite à coordonner les actions des filiales de même activité, mais également à mener des études comparatives de leurs méthodes de travail pour optimiser leurs choix de gestion dans l’optique de leur fusion ultérieure. Tout cela, dans l’objectif de faire le choix des meilleures pratiques de chaque banque et d’engager la complémentarité des compétences.
C’est ainsi qu’au-delà du choix des personnes, le nouvel organigramme présente l’organisation de l’entité née du rapprochement BCM-Wafabank. Elle s’appuie sur cinq pôles de développement et se base sur une segmentation de la clientèle privilégiant la cohérence et la synergie. Ainsi, le premier pôle est dévolu  à la banque des particuliers, avec une attention particulière aux PME-PMI ; le second, celui des services financiers, réunit les filiales parabancaires dans l’optique d’une industrialisation des activités du crédit à la consommation, du crédit bail, du factoring, du crédit immobilier et de la monétique. Un troisième pôle est consacré à la grande clientèle et à international. Il s’agit des grands comptes, ceux des groupes, holdings et grandes entreprises. D’ailleurs, la nouveauté de la nouvelle banque sera sa force à l’international. En effet, si la BCM avait des représentations à l’étranger, notamment en France, Espagne et Belgique, la Wafabank est implantée en Italie, en Espagne, à DubaÏ, à Abou Dhabi et en Arabie Saoudite.
Au total, l’ensemble BCM-WAFA compte soixante unités sous différentes formes de représentation, correspondants, succursales, bureaux ou agences qui sont réparties entre l’Europe et les pays du Golfe.

Collégialité et responsabilité

L’organigramme de la future banque BCM-Wafa distingue dans un quatrième pôle la banque d’investissement qui regroupera les métiers de banque d’affaires ou opérations du haut du bilan, mais aussi de conseil, la salle des marchés ( activités sur les taux, les actions et le marché des changes ) et la gestion d’actifs, laquelle donne d’ores et déjà à la nouvelle entité 35 % de parts de marché. Ce pôle aura également en charge la gestion d’actifs de la compagnie d’assurances du groupe Wafa Assurance et la gestion des fonds d’investissements. Le cinquième et dernier pôle, celui de la technologie, sera responsable de la gestion des services clientèle et logistique.
On notera également que les organes de gestion de la future banque s’appuieront sur une direction collégiale. Concrètement donc, au-dessus du président, apparaîtra le Conseil d’Administration duquel dépendront le comité des risques et des comptes, le comité des rémunérations et, surtout, le comité exécutif présidé par M. Oudghiri. Celui-ci sera composé de quatre directeurs généraux, MM. Ali Iben Mansour, (Administrateur Directeur général) Mohamed Kettani, Boubker Jaï et Omar Bounjou et des directeurs généraux adjoints exerçant au niveau des pôles comme MM. Mohamed Bennani pour la banque d’investissement, Said Ennabih pour le réseau des entreprises et Amin Benjelloun pour les activités parabancaires. Ce comité exécutif jouera un rôle permanent dans la réalisation de la fusion, mais également dans l’étape ultérieure, au niveau de la gestion et du contrôle des risques de la banque. Il opèrera sur un mode hebdomadaire.
Le PDG de la banque, M.Khalid Oudghiri veillera tout particulièrement sur la stratégie, le développement de la banque et la communication,  en s’appuyant notamment sur M. El Houssine Sahib et Mme Wafaa Guessous.
Par ailleurs, les quatre Directeurs généraux chapeauteront les pôles d’activités. C’est ainsi que M. Mohamed Kettani supervisera celui de la grande entreprise, de l’internationnal et de la banque d’investissement ; M. Omar Bounjou s’occupera de la banque des particuliers, des professionnels et de la PME. M. Boubker Jaï aura la responsabilité des technologies, des services clientèle et des services financiers spécialisés. M. Ali Iben Mansour supervisera la gestion globale des risques, les ressources humaines, les finances du groupe, le recouvrement et le département juridique.
Au-delà des responsabilités que leur confère le nouvel organigramme, les Directeurs, généraux et adjoints, devront associer l’ensemble des 300 cadres réunis vendredi dernier par M.Oudghiri pour les engager à créer des groupes de travail sous la responsabilité de leurs directions afin de proposer dans les meilleurs délais leur propre organigramme cible sur la base des meilleures pratiques de chaque banque et en privilégiant la complémentarité des compétences . Ces groupes de travail seront assistés par un expert international, le cabinet Accenture qui devra certainement arbitrer objectivement, mais peut être également trancher en dernier recours.
Avec la présentation de l’organigramme cible, on peut ainsi dire qu’une nouvelle et grande banque nationale est en train de naître. Elle devrait s’appeler, selon des rumeurs persistantes, Attijari Wafa. Et s’il est certain que l’année 2004 permettra de concrétiser la fusion juridique, il faudra un certain temps pour dépasser les difficultés inhérentes à un tel rapprochement. Une véritable gageure pour les dirigeants et le personnel de cet ensemble bancaire de premier ordre.

Afifa Dassouli



 

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