Salaf sollicite le financement du marché via une nouvelle émission de Bons de Société de Financement (BSF). Cette dernière, lancée le 20 janvier et qui sera clôturée le 29, concerne le reliquat d'un programme lancé par la société plafonné à 75 MDH. D'une maturité de 3 ans et d'une valeur faciale de 100 000 dirhams, cette nouvelle émission accorde aux investisseurs une prime de risque de 200 points de base. La société de bourse Finergy est l'agent placeur de cette émission. Cette nouvelle émission répond à un certain nombre d'objectifs fondamentaux. D'une part, elle permettra de rembourser certaines créances onéreuses contractées auprès du système bancaire. D'autre part, ces ressources permettront à Salaf de développer l'activité "crédit personnel", destinée aux fonctionnaires de l'État et qui enregistre de bonnes performances. Ensuite, le recours aux BSF permet d'équilibrer les sources de refinancement de la société. Enfin, avec les BSF, Salaf maintient sa présence près des bailleurs institutionnels.
La société compte réussir sa nouvelle sortie. Et, pour cela, elle ne manque pas d'atouts pour convaincre les professionnels du marché. A commencer par la solidité de ses fondamentaux. Salaf dispose de 62 MDH de fonds propres et est adossée au groupe FORAFRIC. Le Pnb est passé de 12,6 MDH en 2002 à 17,42MDH en 2003. Ensuite, en terme de rentabilité, elle figure parmi les entreprises les plus rentables. En dépit de la crise que traverse le secteur, la société a aligné au cours de ces quatre dernières années des résultats positifs et occupe la 5 ème position en terme de résultat au niveau du secteur. Pour l'année qui vient de s'achever, le résultat net serait de 6,38 MDH. Les fonds propres de la société sont en croissance. Ils sont passés de 47,53MDH en 2000 à 59,26MDH en 2003, grâce à une politique d'incorporation successive des réserves. Quant à la rentabilité des fonds propres, elle s'est établie à 13 % en 2002, contre seulement 6 % pour le secteur du crédit à la consommation.
Concernant l'activité crédits, le taux de croissance moyen annuel des crédits distribués par Salaf au cours des 5 dernières années s'établit à 16 % passant de 78,6 MDH en 1999 à 140,4 MDH en 2003), contre 2 % pour le secteur. Par ailleurs, la réalisation de ces résultats ne s'est pas faite au détriment de la détérioration du portefeuille clientèle. Bien au contraire, le management de la société a été très vigilant dans ses choix d'octroi de crédits.
Provisionnement rigoureux
La sélectivité dans l'octroi des crédits aux clients, l'abandon des financement des crédits à risques (autocar, moissonneuses-batteuses) en 2000, la baisse du quantum de financement depuis 2000 (financement d'un maximum de 50 % de la valeur du camion) et l'orientation de Salaf vers les crédits aux fonctionnaires ont été les axes qui ont permis à la société de limiter les risques tout en continuant à distribuer plus de crédits. Pour preuve, le ratio de couverture des créances en souffrance de la société est en nette amélioration. Il s'est établi à 75,2 % à fin 2003, en tenant compte des impayés de trois mois. La politique de recouvrement mise en place a permis de réduire les créances en souffrance de 22,2 MDH en 2000 à seulement 15,7 MDH en 2003, soit une baisse moyenne annuelle de -11 %, contre une hausse annuelle moyenne de +11 % pour le secteur durant la même période. Mieux, au terme de l'année 2003, Salaf s'est conformée à 100 % aux nouvelles règles de provisionnement mises en place par Bank Al-Maghrib. Ce qui fait dire à son PDG que, "les règles de Salaf en matière de provisionnement sont plus rigoureuses que celles édictées par Bank Al-Maghrib". Notons que les sociétés de crédits à la consommation sont tenues de se conformer entièrement à la nouvelle réglementation à fin décembre 2004. En d'autres termes, Salaf a pris une année d'avance. Le positionnement de plus en plus marqué de Salaf sur le segment "crédit personnel" -lequel a représenté 42,8% des crédits distribués en 2003 contre seulement 2,2 % en 1999- devrait contribuer encore plus à affaiblir l'exposition de l'entreprise aux risques, et par ricochet à l'amélioration de ses ratios de couverture de ses créances. Ainsi, "sur un portefeuille fonctionnaire de 100 MDH d'encours, Salaf ne déplore qu'un contentieux de 200 000 dirhams", fait remarquer son Directeur Général.
A ces atouts, viennent se greffer une prime de risque de 200 points de base et l'engagement de Salaf de se porter acheteur d'une partie de ses titres au bout d'une année, en plus de la liquidité qu'offre le marché secondaire.
Moussa Diop
Carte de visite de Salaf
Salaf est une société de crédit à la consommation créée en 1976 et dont le capital social s'établit actuellement à 50 MDH. Son actionnariat est fortement institutionnalisé avec la présence du groupe FORAFRIC qui figure parmi les 30 premiers groupes du Royaume. La société s'est positionnées historiquement sur le financement du camion neuf et d'occasion au niveau duquel la société revendique 70 % des parts de marché. Depuis 2000, Salaf qui dispose d'un réseau de 42 correspondants couvrant 29 villes du Royaume, enregistre une forte progression des crédits aux fonctionnaires. La société emploie 36 personnes et dispose d'un système informatique performant qui lui permet d'octroyer des crédits "en moins de 24 heures", selon ses managers.
Bien qu'occupant la 16 ème place, en terme de chiffre d'affaires, d'un secteur qui comprend 20 sociétés de crédit à la consommation, Salaf demeure l'une des plus rentables. En 2002, la société a réalisé le 5 ème meilleur résultat du secteur avec un résultat net de 6,73 MDH et une marge d'intermédiation de 10,55 %.