L'année 2003 a été marquée par le faible recours des entreprises au marché de la dette privée pour faire face à leurs besoins de financement. Pourtant toutes les conditions de financement sur ce marché privé de la dette étaient favorables: surliquidité du marché, détente des taux, etc. Au total, les émissions de titres de créance n'ont concerné que cinq opérations durant toute l'année écoulée: quatre émissions obligataires et une émission de billet de trésorerie. Le montant total des émissions ayant reçu l'aval du CDVM au titre de l'année 2003 s'est établi à 1 600 millions de dirhams. Au niveau des émissions obligataires, l'opération la plus importante a été réalisée par BMCE Bank qui a émis un emprunt obligataire subordonné d'un montant de 500 MDH. A noter que l'obligation subordonnée est différente d'une obligation simple en raison du rang de créance contractuelle définie par la clause de subordination. Les dettes subordonnées sont classées dans la catégorie de fonds propres complémentaires conformément aux dispositions de Bank Al-Maghrib. Les autres émissions obligataires ont été émises par FEC (400MDH), CMG (250 MDH), Salafin (150 MDH) et Risma (300 MDH). Pour Risma, véhicule d'investissement du groupe Accor au Maroc, cette opération avait permis une levée de 201,5 MDH sous forme d'obligations convertibles en actions. Une première au niveau du marché en ce sens que les détenteurs des titres Risma pourront devenir actionnaires de la société lors de son introduction en Bourse prévue en 2005. Au niveau des émissions de titres de créance négociable, la seule opération de l'année a concerné l'émission de Billet de trésorerie par l'ONA d'un montant de 300 MDH.
Pour l'année 2004, le marché pourrait connaître une nouvelle dynamique. La baisse du niveau minimum du montant à émettre, qui passe de 50 MDH à 20MDH, pourrait faciliter l'accès au marché à certaines entreprises de tailles moyennes. En plus, l'annulation prévue, dans le cadre de la nouvelle loi sur la Société Anonyme, de l'obligation de souscription de la totalité d'une émission obligataire, contribuera certainement au succès du marché de la dette privée qui n'arrive pas réellement à décoller en dépit des avantages indéniables qu'il offre comparativement aux sources de financement bancaire.
MD