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Les gestionnaires "actions" de la CIMR secouent le marché Bourse de Casablanca

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Publier le : January 29, 2004

On rappellera, à ce sujet, que dans le cadre de sa réforme, la CIMR a externalisé la gestion de ses excédents de liquidités en confiant à des professionnels de la place ses placements obligataires et en actions. C’est ainsi après avoir lancé un appel d’offres, elle a retenu quatre gestionnaires de fonds pour son portefeuille obligataire. Il s’agit de Wafa Gestion, Attijari Management (qui bientôt ne feront plus qu’un avec le rapprochement de leurs maisons mères, BCM et Wafabank), Gestar et CDMG. BMCI Gestion et CFG Management (en collaboration avec Al Wataniya pour la seconde) s’occupent quant à elles du portefeuille de la CIMR investi en actions.
En conséquence, dans la comptabilité de la caisse de retraite, à l’actif de son bilan, on lira des parts d’OPCVM en contrepartie desquelles au passif s’inscrit la réserve de prévoyance qui assure la sécurité des décaissements de la caisse. Celle-ci doit augmenter chaque année par les excédents des recettes sur les dépenses mais aussi par les revenus des placements effectués par les gestionnaires sélectionnés.  Les conventions conclues entre la CIMR et les gestionnaires obligataires ont été signés vers la mi-novembre et mis en œuvre immédiatement après, c’est-à-dire dès le début de décembre 2003 alors que celles afférentes à la gestion du portefeuille actions ont démarré début janvier 2004.

La novuelle démarche de la CIMR


La première souscription des fonds actions s’est faite grâce à l’apport par la CIMR d’actions qu’elle détenait et qui ont été divisées égalitairement entre les deux gestionnaires concernés pour leur permettre de partir sur la même base et donc comparer leurs performances respectives ultérieures. Il faut toutefois préciser que la caisse de retraite a gardé ses participations stratégiques comme ONA, BCM, SNI Lafarge, BMCE, Cosumar, Cimar et Brasseries du Maroc, BMCI Gestion et CFG Management gardant toutefois la liberté d’intégrer ces valeurs dans le cadre de leurs propres choix. De même, les deux gestionnaires ont le devoir de reconstruire le portefeuille de la CIMR dans le respect de la règle limitative de 10 % du portefeuille par ligne. C’est pourquoi ils ont choisi de vendre certaines valeurs assez rapidement, voire les liquider comme les 40 000 actions Holcim, au cours  unitaire de 970 dirhams. Il leur fallait faire ce rééquilibrage avant tout autre opération afin de se positionner à l’achat sur les valeurs qui avaient fait l’objet de leur sélection. Mais sachant que les souscriptions en numéraires de la CIMR pour chacun des deux fonds actions de BMCI et CFG est de 205 millions de dirhams, la répercussion sur le marché casablancais ne s’est pas faite attendre.
C’est ainsi que les valeurs demandées par BMCI et CFG ont connu des pressions de cours comme le titre ONA, qui est passé de 830 dirhams à 885 Dh, CIMAR, qui a grimpé de 1100 Dh à 1200 Dh, Sonasid, qui a crû de 800 Dh à 825 Dh, SNI, qui a évolué de 826 Dh à 860 Dh, alors qu’Eqdom voyait son cours passer de 770 Dh  à 805 Dh et qu’il subissait mardi dernier encore des pressions à la hausse (de 6 %) en s’établissant à 850 dirhams.
A l’inverse et en toute logique d’ailleurs, les titres cédés par les deux gestionnaires du portefeuille actions de la CIMR ont connu une baisse sensible de leur cotation, à l’image de Holcim dont la valeur boursière est tombée de 1004 Dh à 970 Dh dans le cadre de la cession d’un paquet de 40 000 titres sur le marché de blocs. D’ailleurs, un même constat s’impose  à chaque intervention massive : la capacité d’absorption du marché casablancais s’est réduite du fait de la restriction relative de sa taille durant les dernières années et la réduction des flottants des sociétés cotées, laquelle est conséquente aux opérations de retrait effectuées sur le marché (OPR) par certaines sociétés inscrites à la cote comme CIMAR, BMCE, SAMIR, BDM, BMCI, etc.
Ainsi, toute intervention soutenue sur ce marché a pour effet immédiat de peser anormalement sur les cours boursiers au point où l’on se demande comment les institutionnels pourraient s’y réinvestir sans générer une nouvelle bulle financière. Cette donne souligne donc la nécessité de travailler à l’élargissement du marché par de nouvelles introductions en bourse ainsi que la création de nouveaux produits. D’autant que les nouvelles et positives réformes financières récemment adoptées au Parlement orientent le marché vers une plus grande ouverture par la dynamisation de nouveaux compartiments acquise grâce à la réglementation des OPA. De même qu’il est toujours possible de tirer profit de la prorogation des incitations fiscales accordées aux introductions en bourse. En effet, ces dernières, limitées par une précédente loi de Finances à trois années, ont bénéficié d’une nouvelle extension triennale.
Ces avantages, pourtant, ne sauraient nous faire perdre de vue que la redynamisation à moyen terme de la Bourse de Casablanca ne saurait se réaliser sans une croissance économique soutenue et durable, à même de générer les besoins de son financement.
Quoi qu’il en soit, ce qui s’est passé ces jours derniers à la Bourse de Casablanca, témoigne de la pertinence de l’option choisie par la CIMR qui, en confiant la gestion de ses actifs financiers à des professionnels,  a préféré se concentrer sur sa raison d’être et son " métier de base ", la gestion des retraites au profit de ses adhérents et de ses affiliés. Sa délégation à des intervenants professionnels est un modèle du genre, puisqu’elle exige des gestionnaires de fonds (actions ou obligations) qu’elle a mandatés de lui présenter leur politique de placement deux fois par an, en janvier et en juillet, étayée par une analyse macroéconomique. De même, elle leur impose de respecter un benchmark, le CFG 25 pour les fonds actions, qu’elle considère comme un indice plus sélectif que ceux de la BVC, tout comme elle tient à être informée par des " reporting " hebdomadaire, mensuel, trimestriel et annuel. Enfin, la CIMR se réserve le droit de retirer son mandat de gestion à tout moment dans le cas où ses attentes ne seraient pas satisfaites, ce qui, en toute logique, devrait fortement inciter les gestionnaires de son portefeuille actions, BMCI Gestion et CFG Management, à préserver le marché pour y investir les gros montants dont ils disposent et répondre à l’objectif qui leur est fixé, celui de dépasser le CFG 25.



 

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