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Enrayer la surliquidité du marché Marché des capitaux/Bilan 2003

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Publier le : January 22, 2004

Pour l'institution d'émission, l'année 2003 a été surtout celle de la lutte contre la surliquidité du système bancaire et par ricochet de ses effets sur le marché financier. Ce ne fut pas une tâche facile. Pour preuve, les excédents de liquidité du marché persistent, et ce n'est pas parce que la gardienne de la politique monétaire n'a pas essayé de l'enrayer. Elle a usé de tous les instruments à sa disposition et a même introduit un nouvel instrument: le swap de change pour éponger les excédents de liquidité des banques. Les résultats demeurent globalement mitigés. Il faut dire que la conjoncture, globalement favorable pour le maintien de la surliquidité du marché, ne facilitait pas la tâche de Bank Al-Maghrib. Les transferts des Marocains Résidant à l'Étranger (MRE) en hausse continue, les entrées des recettes touristiques, la cagnotte inattendue de 14,08 milliards de dirhams générée par la cession de 80 % de la Régie des Tabacs au groupe franco-espagnol Altadis, la forte baisse de la facture céréalière suite à une bonne année agricole 2002/2003, etc, n'ont fait qu'entretenir la surliquidité du marché, et ce d'autant que l'investissement n'arrive pas réellement à décoller pour résorber convenablement les liquidités disponibles des banques. Conséquence, les taux monétaires et obligataires ne cessaient de baisser obligeant l'institut d'émission à intervenir pour protéger la valeur de l'épargne. Au départ, il a usé de l'instrument de reprises de liquidités. Celles-ci ont toutefois rapidement montré leurs limites, surtout à la suite de l'injection du chèque d'Altadis dans le circuit économique. Face à cette situation, l'institut d'émission a sorti la grande artillerie en relevant le cœfficient de la réserve monétaire qui est passé ainsi de 14 % à 16,5 % et fixé par la même occasion le taux de reprise de liquidité à 3,25%. L'utilisation de cet instrument d'ordre réglementaire, pour la deuxième en l'espace d'une année, a vite eu l'effet "d'assécher" le marché et de provoquer une hausse brusque des taux. Reste que cette initiative avait été très mal perçue par les professionnels du marché. D'ailleurs, son effet a été très limité dans le temps en ce sens que le marché est redevenu surliquide après une période plus ou moins courte obligeant Bank Al-Maghrib à renforcer ses palettes d'instruments avec un nouveau instrument: les opérations de Swap de change, introduites sur le marché à la fin du mois d'octobre 2003. Avec cet instrument, les banques ont souscrit pour 1500MDH en trois opérations en 2003.
En dépit de toutes les mesures prises par Bank Al-Maghrib, la surliquidité du marché perdure en ces débuts d'année 2004. L'institut d'émission ne ménage pas ses efforts pour réguler le marché en poursuivant ses reprises de liquidités pour faire face à cette situation. Il a affiné son instrument de régulation avec un nouveau système qui prévoit un appel d'offre hebdomadaire à taux variable avec un taux minimum de 2,25 % en remplacement des interventions quotidienne  à taux fixe. Il s'agit d'un mécanisme qui va faire jouer davantage les règles du marché et dynamiser encore plus le marché monétaire. Cette nouvelle mesure se traduira pour la Banque Centrale par une baisse des rémunérations des opérations de reprises de liquidité quotidienne fixées auparavant à 3,25 % avec comme impact immédiat la baisse des taux monétaires.    

Moussa Diop



 

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