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Les dessous financiers de la fusion BCM-Wafabank

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Publier le : January 8, 2004

Ainsi, un marché plus restreint accueille plus de banques, ce qui souligne la nécessité d’une concentration, elle-même outil de rationalisation.
Par ailleurs, du fait de la mondialisation, il est tout aussi incontestable que notre pays a besoin de se doter de champions nationnaux et tout particulièrement d’une banque commerciale marocaine de taille suffisamment grande pour faire face au capital étranger, mais également avoir un rayonnement à l’international. De la même manière que le Maroc a besoin d’une banque publique solide pour assurer et assumer la bancarisation du pays et le financement des catégories les moins favorisées, missions que pourrait remplir la BCP. 
Tout en possédant donc un secteur financier plus solide et plus puissant que nos voisins comme la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte, le Maroc doit le renforcer tout en le libéralisant et en l’ouvrant au capital étranger. Ce constat est d’ailleurs également valable pour le secteur des assurances.
C’est pourquoi le projet du groupe SIGER porte certainement sur la rationalisation de son intervention concomitamment dans ces deux secteurs. Et si la fusion de BCM et Wafa est programmée, elle annonce certainement un projet entre Wafa Assurance et Axa. Mais là, tous les scenarii sont envisageables sachant que le Groupe ONA et AXA connaissent des divergences de vue devenues notoires.
Les deux partenaires arriveront peut-être à applanir leur différend et à fusionner AXA Maroc et Wafa Assurance ou bien l’ONA se retirera d’AXA pour faire de Wafa Assurances sa propre compagnie comme l’était la CAA (Compagnie Africaine d’Assurance), à la différence qu’elle ne sera pas de la taille d’un champion.
Ce qui précède explique donc que l’opération BCM-Wafa n’est pas l’œuvre de la BCM pour la BCM uniquement, mais celle du Groupe SIGER-SNI-ONA  dans un cadre qui englobe tout le secteur financier. C’est pourquoi les limites de participations de capital entre les différentes entités du groupe sont loin d’être définies ou définitives.
Ainsi, l’ONA présent à 20% dans la BCM, pourrait faire une entrée en force dans le capital de cette dernière à la faveur de futures augmentations de capital de cette banque, rendues nécessaires pour l’acquisition des 65 % de Wafabank, lesquels 65 % sont estimés à quelques 3 milliards de dirhams.
Il faut rappeler à ce sujet, que les 2 milliards de dirhams représentant de l’acquisition par la BCM de 70 % de Wafa Assurance et 35 % de Wafabank ne permettaient pas d’expliciter la valeur de chacune de ces deux sociétés. Toutefois, une banque étant généralement valorisée entre 1,2 et 1,3 fois les capitaux propres, il est possible de se faire une idée de la valeur de  Wafabank.
C’est ainsi que sur la base du montant des capitaux propres de cette dernière agrégés au 31 décembre 2002, de 3 625 516 000 dirhams ou ceux consolidés part du groupe de 3 776 967 000 Dh, la valeur de Wafabank se placerait entre 4,5 et 5 milliards  de dirhams. Ce qui équivaut d’ailleurs à sa valeur boursière, autre méthode d’évaluation de Wafabank, estimée à  4,9 milliards de dirhams soit  6 457 637 actions au cours de bourse actuel de 760 dh.
Considérant donc que la valeur de Wafabank est de 5 milliards de dirhams et que la BCM en a versé 2, il faudrait 3 milliards à la banque dirigée par M. Khalid Oudghiri pour ramasser la totalité du capital de Wafabank.
Mais la Banque Commerciale du Maroc pourra-t-elle financer l’opération toute seule ?  Cela semble pratiquement impossible et accrédite l’idée que c’est le groupe Siger qui est en charge de l’opération dans son ensemble même si la BCM en a réalisé  la première partie.
D’autre part, l’ONA ou encore la SNI, les deux ailes d’attaque du Groupe Siger pourraient également se positionner dans le capital de la nouvelle entité issue de la fusion BCM-Wafabank en achetant les participations des actionnaires sortant de Wafa. C’est d’ailleurs ce que le Groupe SNI-ONA vient  de faire en achetant la participation de 9,99 % de l’actionnaire espagnol BBVA (Banco Bilbao Viscaya Argentaria) le 31 décembre dernier .
L’opération en question, qui portait sur 641 825 actions ou 9,9,% capital de Wafabank, a été réalisé au prix de 825 dh l’action.
Il est tout à fait normal que BBVA soit le premier actionnaire de Wafa à céder sa participation du fait de l’incompatibilité de sa présence dans la future entité aux côtés de BSCH, son premier concurrent en Espagne, par ailleurs actionnaire important et partenaire de la BCM.
En apparence, l’actionnaire espagnol a réalisé une bonne plus-value par comparaison entre le prix de cession de 825 dirhams et le cours boursier de 760 dh, soit 65 dirhams qui représentent une prime de 8,5%.   Mais si on se base sur les prix d’acquisition de Wafabank par BBVC, on en vient à nuancer cette conclusion.
En effet, la seule information que nous détenons à ce sujet est relative au prix de souscription par BBVA à une augmentation de capital qui lui était réservée en juillet 1999. Celle-ci portait sur 185327 actions qui furent souscrites à un prix unitaire de 1100 dirhams, ce qui avait permis à cette banque espagnole de passer d’une participation de 2,92 % à 5,79 % du capital de Wafabank.
Sur cette base, on pourrait donc affirmer donc que BBVA perd au moins 275 dirhams par action sur ces 185 327 actions. Mais on sait aussi que la récente cession de la totalité de sa participation porte sur 641 825 actions soit 456 498 actions acquises antérieurement et à différents cours, sachant que la banque espagnole détenait 176 131 actions avant l’augmentation de capital qui lui était réservée et qu’elle a ramassé depuis 1999 sur le marché quelques 280367 actions dans une conjoncture boursière baissière.
Il est donc impossible de conclure que BBVA a réalisé une plus-value ou une moins-value en liquidant sa position dans Wafabank. Par contre, ce qu’on peut retenir, c’est que compte tenu de sa petite participation de 9,94 % assortie de 6,75 % seulement de droit de vote, le prix unitaire de 825 dirhams semble correct.
Il servira certainement de base pour les négociations ultérieures entre la BCM  et les autres actionnaires stratégiques de Wafa, lequels possèdent des participations plus importantes, comme le Crédit Agricole Indosuez, entres autres.

Afifa Dassouli

Un comité mixte de rapprochement
BCM-Wafabank

Le Comité de rapprochement entre la BCM et Wafabank a été constitué après la tenue du récent Conseil d’Admiistration de WafabanK.
Il est présidé par M. Mohamed Kettani, Directeur général de la BCM et composé de MM. Boubker El Jaï ( Directeur général de la BCM) Omar Bonjou ( Wafabank), Abdeljawad Dos Bennani, (Wafabank), Houcine Sahib (BCM), Moncel Alaoui (Wafabank), Noureddine Boustari (BCM) et Meriem Tazi (Wafabank).
Ce comité est chargé de sélectionner les cabinets de consultants qui accompagneront le projet d’intégration entre les deux banques.
Son rôle sera de définir l’ordonnancement, la cohérence et le suivi des principales orientations du projet de fusion, d’en valider la méthodologie et la structuration en constituant pour cela un comité de suivi et des groupes de travail.
Le comité aura également pour mission de formaliser la formation des ressources humaines et matérielles du projet et de définir un calendrier d’exécution des objectifs globaux en fonction de la synergie des coûts et des revenus.
Cette instance duale rend compte à la Direction générale de la BCM, mais elle a comme objectif immédiat, à la fin janvier 2004, de déterminer un organigramme cible, comme l’a demandé le PDG de la BCM.



 

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