| | Articles » Finance | | 65,9 milliards de dirhams levés par le Trésor en 2003 Marché des capitaux/Bilan 2003 |
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Auteur : Publier le : January 22, 2004
Al'image de l'année 2002, le recours du Trésor au marché des adjudications pour financer le budget 2003 a été très important. Au total, les levées ont porté sur 65,9 Mds Dhs, contre 77 Mds Dhs en 2002, soit une baisse de 14,41 %. Ces levées ont porté l'encours des bons du Trésor émis par adjudications à 198 Mds Dhs à fin décembre 2003. Les adjudications n'ont pas été régulières durant toute l'année 2003. Après un premier trimestre au cours duquel le Trésor a levé 19,5 Mds Dhs, contre 16,5 Mds Dhs à la même période de 2002, les niveaux d'adjudications ont fortement baissé durant les deuxième et troisième trimestre, suite aux effets combinés de l'emprunt obligataire et surtout de l'encaissement des recettes tirées de la privatisation de la Régie des Tabacs, avant de connaître une nouvelle dynamique en fin d'année avec le remboursement d'importantes tombées de la dette. Par maturité, le Trésor s'est endetté surtout sur le court terme qui a représenté 49 % des levées du marché, devant le moyen terme et le long terme avec respectivement 36 % et 15 %. A noter qu'en 2002, le moyen terme avait représenté plus de 54 % des levées du Trésor. Selon les analystes de BMCE Capital Markets, "l'importance des besoins annoncés et leur gap (4000 Mds Dhs) par rapport aux montants levés n'a pas manqué d'attiser la méfiaance des opérateurs, leurs offres se sont concentrées tout au long du premier trimestre sur les maturités courtes". Le recours du Trésor au marché intérieur était globalement facilité par une conjoncture favorable. La surliquidité notoire du marché, la rareté relative de l'offre de titres et les taux globalement faibles, en dépit des hausses initiées surtout par la politique monétaire de Bank Al-Maghrib et des besoins importants du Trésor, étaient autant de facteurs favorables pour un endettement sur le marché intérieur de la dette. La hausse des taux a concerné toutes les maturités, mais elle a été plus accentuée sur le bas de la courbe des taux. Ainsi, les 13 semaines, 26 semaines et 52 semaines ont gagné respectivement 85 points de base (pbs) à 3,35 %, 92 pbs à 3,50 % et 106 pbs à 3,80 %. Les maturités moyen terme ont enregistré des hausses contenues. Ainsi, le 2 ans s'est apprécié de 27 pbs à 4,04 % alors que le 5 ans ne s'améliorait que de 21 pbs à 5,05 %. A l'opposé, les maturités longues ont enregistré en 2003 des baisses significatives. Le 10 ans et le 15 ans ont perdu respectivement 61 pbs, à 5,28 %, et 57 pbs, à 5,91%. Si comparativement à l'année 2002, les levées du Trésor ont accusé une baisse notable de 14,41 %, celle-ci reste toutefois à relativiser. Elle se justifie essentiellement par la politique de diversification des sources de financement adoptées par le Trésor en 2003. Ainsi, outre la privatisation de 80 % de la Régie des Tabacs qui a apporté aux caisses de l'État 14,08 Mds Dhs -dont 6 Mds ont été affectés au Trésor-, l'exercice 2003 a été également marqué par le retour du Royaume sur le marché international de la dette avec l'émission d'un emprunt obligataire de 400 millions d'euros par appel d'offres international. Cette dernière opération ayant permis au Trésor de rembourser par anticipation ses dettes onéreuses vis-à-vis de la Banque Islamique pour le Développement (BID) et la Banque Africaine de Développement (BAD). Pour l'année 2004, un certain nombre de signes montrent que le recours au marché sera soutenu durant les premiers mois de l'année. Les premières levées du mois le confirment. Le montant global retenu au titre du mois de janvier 2004 s'élève , à l'issue de l'adjudication de la semaine écoulée, à 7,6 Mds Dhs, dépassant ainsi le besoin de financement annoncé pour le mois de janvier (entre 6 et 6,5 Mds Dhs) La cession à Vivendi de la seconde tranche programmée du capital de Maroc Télécom pourrait bien évidemment soulager les besoins de financement de l'État qui demeurent très importants une fois matérialisée. Quant au émissions proprement dites, le Trésor projette d'émettre à partir de cette année des bons à taux variables et compte mettre en place un projet de télétransmission des offres adjudicataires. Moussa Diop
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