Les statistiques publiées par Bank Al-Maghrib et concernant l'évolution monétaire au titre de l'année 2002 montrent une nette décélération des agrégats de la monnaie, comparativement à l'année 2002. Le ralentissement des sources de création monétaire a concerné l'ensemble des composantes de la masse monétaire, mais de manière différenciée. Comparativement à l'année 2001, l'encours de l'agrégat M1, composé de la monnaie fiduciaire en circulation (billets et pièces en circulation) et de la monnaie scripturale (dépôts à vue), s'est établi à 229,06 milliards de dirhams en progression de 9 %. L'agrégat M2, constitué de M1 et de l'ensemble des placements à vue non transférables par chèque, a vu son encours passer à fin décembre 2002 à 272,08 milliards de dirhams. L'évolution de ces deux agrégats, en plus de l'agrégat de placement PL1 (placements constitués de BDT à six mois et TCN) donne une idée sur l'évolution de la capacité de dépense des agents économiques résidents. Quant à l'encours de l'agrégat M3, qui englobe en plus de l'agrégat M2, les placements à terme sous forme de comptes et bons à échéances fixes et de certificats de dépôts, a enregistré une progression de +6,4 % à 355,4 milliards de dirhams. Derrière l'évolution des agrégats monétaires, il y a bien évidemment les importants flux nets de devises provenant notamment des rapatriements de fonds par les Marocains résidant à l'étranger (MRE) et des recettes touristiques. La décélération constatée en 2002 résulte en grande partie de l'absence de flux provenant d'investissements directs étrangers.
110,8 milliards d'avoirs extérieurs
Concernant les agrégats de placements, outre le recul de PL1 de -8,6 %, l'agrégat PL3, constitué par les OPCVM actions et diversifiés, a chuté de -35,6 %. La contraction de cette dernière tient essentiellement aux contre-performances enregistrées par la Bourse de Casablanca en 2002. Par contre, l'agrégat PL2, composé de titres émis par les OPCVM obligations, a enregistré un bond de +73,5 % à 29,7 milliards de dirhams, sous l'effet de l'augmentation de la demande pour cette catégorie de placement et de l'appréciation des cours du fait de la baisse des taux d'intérêt.
Concernant l'évolution de la contrepartie de l'agrégat M3, elle a été marquée en 2002 par un renforcement exceptionnel des avoirs extérieurs nets de Bank Al-Maghrib et des banques, et par une hausse de 5,6 % des concours à l'économie. Ainsi, les avoirs extérieurs se sont établis à 104,5 milliards de dirhams -dont 100,5 milliards en devises convertibles-, contre 99,26 milliards en 2001, soit une hausse de +5,28 %. De même, les avoirs en devises des banques et de leurs dépôts en devises chez leurs correspondants étrangers ont enregistré un bond significatif de 134,07 % à 6,3 milliards de dirhams. Au total, les avoirs extérieurs ont atteint 110,8 milliards de dirhams.
Crédits à l'économie
Quant aux crédits à l'économie à caractère monétaire, ils ont atteint 254,4 milliards de dirhams. Les créances sur l'État ont atteint 80,71 milliards de dirhams, en légère progression de +3,06 %. Quant aux concours des banques, ils ont atteint 217,27 milliards de dirhams, contre 208,65 milliards en 2001, soit une progression de +4,13 %. En dépit d'une légère baisse de -3,73 %, les comptes créditeurs et crédits de trésorerie se hissent en première position des crédits accordés aux entreprises et aux particuliers en ressortant à 69,7 milliards de dirhams. En second lieu, les crédits à l'équipement ont atteint 42 milliards, en recul de -7,28 %. Comme en 2001, l'immobilier voit les crédits qui lui sont alloués progresser nettement. Les crédits immobiliers ont fait un bond de 14,5 % à 42,14 milliards de dirhams. La faible progression des concours bancaires à l'économie montre que le degré de transmission des impulsions de la politique monétaire reste tributaire du comportement des banques, qui ont tendance, dans un contexte d'orientation à la baisse des taux d'intérêt, à répercuter sans délai les réductions des taux directeurs sur les conditions créditrices tout en se montrant moins réactives quand il s'agit de les traduire en diminution des taux débiteurs. Cette faiblesse peut s'expliquer également par la montée des risques accompagnant une conjoncture économique globalement morose. En témoigne la hausse des créances en souffrance (créances pré douteuses, douteuses et compromises) qui ont atteint 38,76 milliards de dirhams à fin 2002, en hausse de +8,57 %.