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DPEG, le poids de la masse salariale reste contraignant Finances Publiques

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Publier le : February 20, 2003

Avec 43,4 % des dépenses globales de l'État, 53,2% des dépenses de fonctionnement et l'équivalent de 2,4 fois le budget d'investissement (hors Fonds Hassan II et hors solde des comptes spéciaux du Trésor), la masse salariale reste un facteur limitant les marges de manœuvre des pouvoirs publics en matière de développement de l'investissement. C'est ce qui ressort de l'étude faite par la Direction de la Politique Économique Générale (DPEG) portant sur "La masse salariale et ses impacts sur les équilibres économiques et financiers". Selon celle-ci, la masse salariale a représenté 12,5 % du PIB en 2001, 14 % si l'on tient compte des charges sociales et près de 16 % lorsque l'on intègre les salaires versés aux fonctionnaires des collectivités locales. A titre de comparaison, ce ratio s'est établi, au cours de ces dernières années, à 9,8 % du PIB au sein de la région MENA, à 7,7 % dans les pays asiatiques, à 6,7 % en Afrique hors Maghreb, à 4,9 % en Amérique Latine, à 4,5 % dans les pays de l'OCDE. En dépit des efforts déployés pour diminuer la charge salariale, son rythme de croissance reste important. Ainsi, durant la période 1996-2001, le taux d'accroissement annuel moyen de cette masse a été de 7,3 %, alors que celui du PIB nominal n'a été que de 5,2 %.

Effectifs non pléthoriques

Les difficultés qu'ont les autorités à baisser la facture que représente la charge salariale proviennent du fait que contrairement à une idée bien reçue, le poids de la masse salariale est davantage le produit du niveau des rémunérations que du nombre de fonctionnaires. Pour la DPEG, depuis 1996, ce sont les augmentations salariales qui justifient le maintien à un niveau élevé, du poids de la masse salariale. Ainsi, les revalorisations salariales successives obtenues dans le cadre du dialogue social (gain en terme de pouvoir d'achat des salaires de 4 % l'an entre 1996 et 2000) ont plus  contribué au déficit structurel que la hausse des effectifs (+1,7 % entre 1996 et 2000). La DPEG juge même que le nombre des fonctionnaires de l'État n'est pas pléthorique. Bien au contraire, celui-ci, rapporté à la population totale du Royaume s'établit à 2,3 %, contre 2,6 % en Turquie, 3,7 % en Tunisie, 4,2 % en Égypte et 6,2 % en Algérie. En plus, certains secteurs restent insuffisamment encadrés, comparativement aux normes internationales. C'est le cas notamment de la santé. Toutefois, ces insuffisances résultent plutôt d'une mauvaise répartition du personnel entre les différents départements ministériels. D'ailleurs, dans ce cadre, certaines réformes ont été entreprises afin de désengorger les entités publiques ayant un personnel jugé pléthorique au profit de celles qui ont un déficit en ressources humaines.
Afin d'évaluer l'impact de la masse salariale sur les équilibres économiques et financiers, la DPEG a procédé à l'examen de deux scénarios.

Deux scénarios

Le premier scénario se fixe comme objectif une baisse de la masse salariale de 1 point du PIB. A fiscalité inchangée, souligne la DPEG, cette mesure se traduirait par un recul des revenus des ménages, et par ricochet, celui de la consommation et partant de l'activité économique de près de 2 % au cours des deux prochaines années. Toutefois, si l'impact est négatif à première vue, à moyen terme, ce scénario se traduirait par une hausse de la croissance économique en raison d'une plus grande maîtrise du déficit budgétaire et de l'amélioration des conditions de financement de l'économie. En plus, la baisse de la demande se traduirait par un recul des prix intérieurs dont l'impact serait favorable au développement des exportations. La maîtrise de la masse salariale se traduirait également par une hausse de l'épargne publique et par une baisse du déficit budgétaire de 0,5 point du PIB au cours de la première année et de 0,3 % du PIB au cours des années suivantes, souligne la DPEG.
Le second scénario se base sur une baisse de la masse salariale de 1 point du PIB conjuguée à une hausse de l'investissement public de 1 % du PIB. L'effet dépressif de ce scénario serait moindre comparativement au premier scénario. L'activité économique ne baisserait en moyenne que de 1 point au cours des quatre premières années contre 2 points pour le premier scénario. A moyen terme, l'effet positif des dépenses d'investissement l'emporterait sur celui de la baisse de la masse salariale en pourcentage du PIB. Concernant les finances publiques, le second scénario se traduirait par une détérioration du déficit budgétaire en moyenne de l'ordre de 0,7 % du PIB au cours de la période de simulation.
Partant des effets du niveau de la masse salariale de l'État sur la croissance économique et sur la compétitivité, la DPEG juge essentiel de ramener le ratio masse salariale sur PIB sous la barre des 10 %. Cela sera possible dans le cadre d'une stratégie globale de modernisation et de mise à niveau de l'administration publique. Cette stratégie pourra être accompagnée par un certain nombre de réformes: la réforme du système de rémunération et la mise en œuvre d'une véritable gestion des ressources humaines. 



 

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