L’accès au logement pour les couches les plus vulnérables de la société est l'une des priorités que s'est fixées le gouvernement pour lutter contre l'habitat insalubre et la prolifération des bidonvilles. Conscient de la faiblesse des pouvoirs d'achat de cette partie de la population, les autorités, en concertation avec les promoteurs immobiliers et les banques ont mis en place un certain nombre de mesures qui ont contribué à faciliter l'accès aux logements économiques et sociaux. Si les exonérations fiscales et autres avantages accordés aux promoteurs se sont traduits par une diminution du coût du logement, il n'en demeure pas moins que pour une frange importante de la population, l'accès au logement reste une tâche difficile étant donné que les banques rechignaient à financer cette catégorie de population à risque élevé. La situation a commencé à évoluer au cours de ces dernières années. Si le CIH et le Groupe Banques Populaires ont traditionnellement contribué au financement des logements sociaux, les banques privées également s'intéressent de plus en plus à cette niche. L'objectif de 100 000 logements par an que s'est fixé actuellement le gouvernement pour résorber le déficit en logements constitue une aubaine en matière de financement que les banques regorgeant de liquidités ne veulent pas rater, et ce d'autant que les rendements que procurent les prêts immobiliers ne sont pas négligeables. La Banque centrale populaire, avec le crédit Douira Habitat Social, offre un crédit immobilier pour l'acquisition d'un logement social dont le prix n'excède pas 200 000 dirhams à un taux de 5,75 %. La quotité de financement peut atteindre 90 % du montant de l'investissement pour une durée de 25 ans avec la possibilité de bénéficier d'un différé de paiement de 6 mois lors d'une acquisition. Le CIH, avec son produit "Habitat Bon Marché", finance à hauteur de 90 % du prix de vente ou du coût de la construction d'un logement social pour une durée atteignant 25 ans à un taux de 6,5 %. La BMCE Bank dispose d'une large gamme de produits touchant également le logement social. L'engagement de la banque, agréée depuis 2001 par l'État, pour accompagner l'accès au logement social, permet l'octroi de crédit bonifiés aux clients. Dans ce cadre, "la banque offre avec "Salaf Soukna" des crédits à un taux fixe à partir de 4,75 % exonéré de TVA", souligne M. Maghraoui, le Directeur des Particuliers et de la Bancassurance de BMCE Bank. Ces offres de crédits pour le logement social bénéficient de ristournes allant de 2 % à 3,5 % de la part de l'État. Reste que ces crédits étant destinés essentiellement aux salariés du public et du privé, une frange de la population se trouve exclue des concours bancaires. Sur ce point, les banques commencent à corriger le tir, et les non salariés ne sont plus totalement exclus des crédits qu'offrent les banques pour l'acquisition de logement décent. Ainsi, avec "Salaf Arraha", produit propre à la BMCE Bank, "les non salariés disposant de faibles revenus "non documentés", tels les petits commerçants, ont désormais la possibilité d'accéder au crédit et à un logement décent", fait remarquer M. Maghraoui.
Pour ce qui est du logement économique, les organismes bancaires accordent des prêts à taux bonifiés pour une catégorie de population dont le revenu mensuel reste inférieur ou égal à 3 600 dirhams. Dans un cadre spécifique, nous pouvons signaler la convention signée entre les banques et la Fondation Mohammed VI de Promotion des Œuvres Sociales de l'Education-Formation. A travers celle-ci, les banques commerciales offrent aux membres de cette Fondation des crédits à taux réduit.
Taux réduits
Toutes les banques de la place, regroupées au sein du GPBM, offrent actuellement des produits à taux réduits aux membres de cette Fondation. C'est le cas de la BMCE Bank qui "offre avec "Salaf Imtilak", aux adhérents de cette Fondation, des crédits immobiliers aux taux de 4,25 % (variable) et 4,50 % (fixe)", fait remarquer M. Maghraoui.
L'engagement des banques commerciales pour le financement du logement économique et/ou social est appelé à connaître une nouvelle impulsion avec la mise en place par la Caisse Centrale de Garantie de nouveaux fonds destinés à garantir les prêts bancaires dédiés aux financement de logements dont le FOGALOGE-Public, le FOGALOGE-Privé et FOGARIM. Ce dernier étant destiné à garantir la couverture des prêts octroyés aux populations à revenu modeste et/ou irréguliers en vue d'acquérir ou construire des logements sociaux. Selon M. Abderazzak Waliallah, Directeur Général adjoint de Douja Promotion du Groupe Addoha, "ces fonds de garantie, une fois mis en place, vont permettre à la banque de sécuriser à hauteur de 75 à 80 % des crédits qu'elle distribue et faciliter par la même occasion l'accès des populations à revenus intermédiaires ou modestes (marchands ambulants et autres) aux crédits bancaires". En plus, fait-il remarquer, "en garantissant les prêts bancaires accordés à cette catégorie de population, l'État s'engage efficacement contre l'habitat clandestin en ciblant réellement la population qui doit accéder au logement social".
MD