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Les Brasseries du Maroc selon Castel Entretien avec M. Jean-Marie GROSBOIS, Directeur général des Brasseries du Maroc

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Publier le : December 25, 2003

La Nouvelle Tribune : M.Grosbois, pouvez-vous nous parler du groupe Castel?
M. Jean-Marie Grosbois :
Avant de parler du groupe Castel, permettez-moi, tout d’abord, de me présenter à vos lecteurs. Je suis en charge des Brasseries du Maroc depuis le début du mois de juillet, date à laquelle la reprise fut effective par Castel. J’ai rejoint le groupe Castel il y a 7 ans après avoir été chez Pernod Ricard. J’arrive du Burkina Faso où je dirigeais les deux brasseries de ce pays.
Concernant le groupe Castel, celui-ci est un opérateur international du marché des boissons et notamment des marchés du vin, de l’eau minérale et de la bière.
Nous sommes le 3ème intervenant sur le plan mondial dans la vinification et la distribution de vin avec un volume de 400 millions de bouteilles. Nous représentons également le 3ème opérateur français du marché de l’eau pour un volume de 3 milliards de litres, et avec des marques comme Cristaline, Vichy et Thonon . S’agissant de la bière, le groupe Castel est présent dans plusieurs pays d’Afrique où il bénéficie d’un positionnement privilégié.
L’acquisition de la Société des Brasseries du Maroc vient donc notamment renforcer notre présence au Maghreb, où nous étions déjà implanté en Tunisie et en Algérie.

Pouvez-vous nous parler de la prise de contrôle de SBM par votre Groupe? Des conditions d’achat… ? De la cession de la SCBG?
Le Groupe Castel, par l’intermédiaire de sa filiale "Marocaine d’Investissement et de Services", a acquis 54,70% du capital de la Société des Brasserie du Maroc auprès du Groupe ONA, pour un montant dépassant 1,659 milliards de dirhams, valorisant la société à 3,100 milliards de dirhams.
Le prix payé représentait un multiple de plus de 16 fois les résultats nets. Ce prix incluait une prime d’entrée sur le marché ainsi qu’une prime de contrôle et tenait compte de la garantie de passif et d’actif obtenue.
Suite à cette prise de contrôle, et compte tenu que Coca Cola avait la possibilité de faire jouer la clause du contrat de franchise qui permettait au franchiseur de se retirer en cas de changement d’actionnaire majoritaire, le contrat en question qui venait à expiration à fin 2005, avait peu de chances d’être renouvelé rendant difficile la poursuite d’activité de SCBG et le maintien de prés de 2000 emplois. Partant d’un tel constat, SBM se devait de régler cette question par anticipation en cédant SCBG aux conditions les plus favorables (prix de cession de 73 millions de dollars).

Les résultats de 2003 seront-ils conformes au business plan sur lequel le Groupe Castel a basé l’acquisition de SBM ?
Deux faits marquants sont à signaler :
• Le repositionnement de SBM s’est traduit par une sortie du périmètre de consolidation d’un chiffre d’affaires de 1 milliard de dirhams sur un total de 2,5 milliards.
• Les volumes de l’activité bière accusaient au mois de juin dernier, un retard de 10 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, la saison devrait être pratiquement sauvée grâce à la chaleur de l’été.
En  conclusion, les résultats courants seront en retrait par rapport au budget établi par le management précédent.

Quel est votre propre stratégie de SBM ainsi repositionnée ?
D’abord sur la bière, nous voulons développer la consommation des bières de luxe qui sont génératrices d’une meilleure valeur ajoutée. Pour cela, nous comptons lancer de nouveaux conditionnements et de nouveaux produits. Nous comptons également continuer à développer et capitaliser sur nos produits actuels qui ont une connotation très marocaine comme la bière Casablanca, tout en élargissant la gamme en apportant la "33 Export" et la "Castel Beer". Nous venons, par ailleurs, de signer le renouvellement  du contrat avec Heineken pour une durée de 5 ans.
S’agissant des exportations, nous avons comme ambition que celles-ci atteigne une part de 5 % de nos  volumes de ventes, en visant particulièrement les bières sans alcool et des destinations avec lesquels le Maroc a des accords tarifaires douaniers comme la Libye, l’Egypte et l’Arabie Saoudite.
D’autre part, en ce qui concerne le vin, nous commercialisons actuellement trois marques de vin, à savoir Bonassia, Larroque et Comtesse de la Courtablaise qui sont des vins  qui se situent au niveau moyen et haut de gamme avec des prix au consommateur variant entre 35 et 110 dh la bouteille. Notre objectif est d’arriver à moyen terme à commercialiser un volume de 10 000 hectolitres par an, sur un marché dont la taille est comprise entre 400000 et 500 000 hectolitres.

Pouvez-vous nous parler de la restructuration organisationnelle de SBM ?
Il s’agit, de la fusion absorption de la Société Nouvelle des Brasseries du Maroc (SNBM) et de SIM par la société des Brasseries du Maroc. Il faut rappeler d’abord que les activités de SBM étaient toutes filialisées.
Cette décision a été entérinée par  l’Assemblée Générale Extraordinaire qui s’est tenue le 9 décembre 2003. Nous voulons gagner en efficacité et en efficience en réintégrant ces sociétés. Le cas de SIM est plus explicite car elle consacrera désormais son réseau exclusivement à la distribution de nos bières et de nos vin.
 
L’AGE du 9 décembre a  aussi approuvé une OPRA (offre publique de rachat d’actions). Fait-elle partie d’une restructuration financière? 
Oui, dans le cadre d’une allocation optimale de ses fonds propres, SBM a décidé la réduction de son capital social par voie d’annulation d’actions dans la limite de 19.46%. Cette opération se traduira par une OPRA de 550 000 titres, au cours unitaire de 1135 MAD coupons attachés, soit une distribution globale de 624 millions MAD.
SBM disposait d’une trésorerie excédentaire de prés de 700 millions MAD générée principalement par les récentes cessions par la société de ses participations dans SCBG, SOTHERMA et CMB PLASTIQUE. Un tel niveau aurait pénalisé la rentabilité de la société compte tenu des taux de rendement actuellement observés sur les marchés financiers et qui demeurent largement en deçà du rendement de l’exploitation. Par ailleurs, SBM affiche un endettement nul et des capitaux permanents composés exclusivement de fonds propres. Enfin, le besoin de la société en investissements immédiats peut être couvert par les cash flow attendus.
Cette réduction du capital vise donc à concilier l’intérêt de la société(optimisation de la gestion des fonds propres) et celui de ses actionnaires auxquels le choix sur la façon de recueillir les fruits de la société est donné.

Quelle prime, proposez-vous aux actionnaires de SBM pour les motiver à vous apporter leurs actions?
Je tiens d’abord à rappeler que le rachat d’actions en vue de destruction n’est pas une OPA ou un achat ordinaire d’actions. Il s’agit d’une opération de distribution de produits de la société similaire à la distribution de dividendes. L’OPRA présente l’avantage de donner aux actionnaires le choix de leur mode de rémunération. Ainsi, SBM ne doit léser ni les actionnaires qui restent ni ceux qui apportent leurs titres.
Par ailleurs, le cours de bourse de SBM n’est pas significatif en raison de sa faible liquidité .
L’OPRA permet d’offrir une liquidité meilleure à des conditions favorables, largement supérieures aux moyennes observées avant l’annonce de l’opération.
De plus, le cours de l’OPRA ne présente qu’une décote de 1.8% par rapport au prix de la transaction de prise de contrôle de SBM par notre Groupe.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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