La Nouvelle Tribune : M.Oudghiri, on peut dire que vous avez mis les bouchées doubles en concrétisant, moins d’un an après votre arrivée à la présidence de la BCM, l’alliance avec Wafabank.
Quelle est la suite de votre plan ?
M. Khalid Oudghiri : Comme je l’avais annoncé lors de la conférence de presse que j’ai donnée au moment des résultats trimestriels de la BCM, mon objectif premier était d’en faire un champion national. En signant l’accord de rapprochement avec Wafabank, nous venons d’en réaliser la toute première étape. En effet, les équipes de la BCM et de Wafabank auront à mettre en œuvre un projet industriel de développement et de croissance, qui fera du nouvel ensemble bancaire un acteur clé du développement socio-économique marocain.
Wafabank et BCM ont des actionnaires étrangers plus ou moins importants, au vu de leur participation au capital respectif de ces deux banques. Comptez-vous dénouer ou maintenir ces liens de capital ?
C’est une question stratégique qui me préoccupe tout particulièrement et je pense organiser une rencontre le plus tôt possible, cette semaine même, avec l’actionnaire le plus important de Wafabank, le Crédit Agricole qui en détient 14,79 %. Et la question qui devrait être posée au représentant de la banque française ne portera pas uniquement sur son intention de sortir ou pas du capital de Wafabank. En effet, nous avons des participations croisées avec cette banque française, puisque la BCM en acquérant Wafa Assurance et Wafabank, hérite d’une participation de 34% dans le Crédit Du Maroc (CDM), dont 20 % sont détenus par Wafa Assurance et la différence par Wafabank. Et ce, sachant que le Crédit Agricole, en fusionnant avec le Crédit Lyonnais, est devenu actionnaire de référence du CDM.
De plus, le Crédit Agricole est un actionnaire de référence de Wafabank et il intervient dans Wafasalaf. Et nous n’oublions pas que le Crédit Lyonnais-Crédit Agricole est la première banque française. Nous allons donc traiter cette grande institution avec beaucoup d’égard compte tenu de sa position. Et nous comptons lui laisser le choix. Nous accepterons ses propositions et sommes prêts à maintenir le partenariat qui existe dans le nouvel ensemble.
Pour les autres actionnaires étrangers, le projet, qui offre des perspectives de croissance intéressantes, est fortement relutif. Nous sommes ouverts à toutes les options.
Par ailleurs, la BCM a trois actionnaires de référence, le SCH (20,48 %) (Santander Central Hispano), l’ONA (20,27 %) et la MAMDA/ MCMA (10 %). Ils ont été informés au moment opportun de la possibilité de rapprochement avec Wafabank. Ils ont approuvé sans réserve ce projet créateur de valeur pour les actionnaires tout en mesurant le risque que leur participation soit plus diluée dans le nouvel ensemble. Ces actionnaires souhaitent continuer à jouer un rôle important dans la nouvelle banque.
La dimension du nouvel ensemble BCM-Wafabank n’est-elle pas plus réduite que celle qui serait née du rapprochement BCM-BMCE Bank ?
Comment voyez-vous l’avenir de la BMCE ?
Ce constat est exact, mais les agrégats du nouvel ensemble BCM-Wafabank nous permettent d’être le n° 1 au Maroc et même au Maghreb. Cela nous suffit pour réaliser nos objectifs.
Je pense, par ailleurs, que la BMCE dispose à elle seule de la taille critique pour survivre et se développer en toute autonomie avec une part de marché de 15 % en termes de dépôts et 16,5 % en termes de crédits. Son réseau est suffisamment étendu, son activité para bancaire très diversifiée et avec la fusion RMA-Al Wataniya, elle aura une grande compagnie d’assurance qui lui permettra d’occuper une place de choix dans la bancassurance.
Quelles seront les relations futures du nouvel ensemble que vous allez créer avec AXA Assurance Maroc à la suite de l’acquisition de Wafa Assurance ?
Il faut tout d’abord distinguer le partenariat de l’ONA avec Axa dans les proportions de 49 % et 51 % et la récente acquisition par la BCM de Wafa Assurance.
L’acquisition de Wafa Assurance par la BCM était d’abord nécessaire pour s’assurer le contrôle de Wafabank, mais obéit aussi à une logique industrielle notamment dans la bancassurance.
Le réseau BCM distribuera donc tout naturellement les produits de sa filiale.
Propos recueillis par
Afifa Dassouli