Le marché monétaire a été marqué par une évolution erratique des taux. Après une reprise des niveaux de taux sur le marché interbancaire avec une moyenne hebdomadaire du taux moyen pondéré au jour le jour en hausse de 40 pbs, à 3,11% contre un niveau de 2,71 % enregistré la semaine précédente, ce taux a de nouveau baissé pour se stabiliser à 2,991 % le 16 novembre dernier. Selon les analystes de BMCE Capital Markets, la hausse précédente serait la résultante de trois facteurs. D'une part, il y a la poursuite des interventions de Bank Al-Maghrib pour enrayer la surliquidité structurelle du marché. Ainsi, durant la semaine du 06 au 12 novembre, les opérations de reprise de liquidités effectuées par l'institut d'émission ont porté sur 3,33 milliards de dirhams en moyenne quotidienne. Selon, les sources de la Banque Centrale, ces opérations ont été effectuées sur le marché monétaire sous forme d'emprunts à 24 heures au taux de 3,25 %.
Conséquence de ces reprises de liquidités, le système de la réserve monétaire affiche désormais des excédents de moins en moins importants estimés à 1,5 milliard de dirhams. D'autre part, il y a l'impact de l'écart entre les levées relativement importantes (700 millions de dirhams) par rapport aux tombées en Bons du Trésor (136 millions de dirhams) lors de l'adjudication du 11 novembre dernier. La forte dernière levée de 1,58 milliard de dirhams pour des tombées ne dépassant pas 145 millions de dirhams ne pouvait que contribuer à la hausse des taux monétaires.
Enfin, il y a l'effet de sortie de la monnaie fiduciaire à l'occasion du mois de Ramadan. Partant, il n'est pas exclu que le taux moyen pondéré enregistre une nouvelle hausse pour se fixer aux alentours de 3,25%.
Théoriquement, les interventions de Bank Al-Maghrib devraient ramener le loyer de l'argent au jour le jour au niveau de sa fourchette de taux qui est tracée par le corridor des taux directeurs à savoir: le taux de financement à 7 jours (4,25 %) et le taux de ponction à 5 jours (3,25%). Ce qui n'est pas encore le cas. Du fait de la surliquidité des trésoreries des banques, justifiant les faibles volumes échangés au niveau de l'interbancaire et l'absence d'appel aux avances de l'institut d'émission, le taux moyen pondéré évolue sous la barre du taux directeur des 3,25 %.