Risma, société d’investissement du Groupe Accor au Maroc, a tenu vendredi 14 novembre une Assemblée Générale Extraordinaire pour approuver le lancement d’une émission d’ORA, (obligations remboursables en actions), et en arrêter les modalités définitives.
Il faut rappeler que compte tenu de la nouveauté des ORA et pour permettre une meilleure information des investisseurs, CFG Group, la banque conseil du Groupe Accor, avait demandé et obtenu un visa du CDVM pour publier une note d’information préliminaire avec les principales caractéristiques du programme d’émission. Il faut rappeler également que les ORA, qui juridiquement se rapportent à des obligations, ont la particularité de se rattacher comptablement à la classe d’actions, constituant ainsi des quasi-fonds propres pour Risma.
Cette émission originale permet à Risma de respecter l’engagement du Groupe Accor en matière de structure de ressources, en finançant son programme d’investissement à hauteur de 50 % en capital et 50 % en dette. Elle intervient dans le cadre du programme d’investissement en cours de Risma, lequel porte sur un montant de 950 millions de dirhams pour la période 2003-2007, dont 500 millions à exécuter en 2003-2004. L’émission d’ORA est donc destinée à financer la quote-part en fonds propres des investissements de Risma pour la période 2003-2004.
Il s’agit par définition d’une émission d’actions nouvelles différées, ou augmentation de capital différée, qui permet pendant la période où la société ne dégage pas encore de bénéfices, de servir aux investisseurs, à travers le coupon de l’obligation, l’équivalent d’un dividende garanti, tout en les faisant bénéficier tout au long de la durée de vie de l’obligation, du potentiel de création de valeur sur l’action proprement dite, puisque chaque obligation souscrite aujourd’hui sera remboursée dans trois ans environ par l’attribution d’une action.
Une note d’informations détaillée et définitive accompagne aujourd’hui le lancement de la période de souscription qui démarre à partir du 24 novembre prochain et s’étend sur trois semaines.
Cette première émission d’ORA au Maroc présente également une autre particularité puisque l’ORA sera inscrite en bourse pour lui assurer une liquidité permanente à travers sa cotation en continu à la Bourse de Casablanca.
Les ORA de Risma ont une maturité de deux ans et 10 mois, soit moins de 3 ans, et leur prix d’émission de 135 dirhams traduit le prix auquel il est aujourd’hui possible de souscrire à l’action Risma qui sera offerte en remboursement à l’échéance. La rémunération annuelle de l’émission, fixée à 4,5 %, correspond à un dividende garanti sur deux ans et dix mois, sachant que le dividend yield moyen du marché boursier est de 4,1% et le taux des bons du trésor à 3 ans de 4 %. Le plafond de l’opération est arrêté à 300 millions de dirhams et son minimum à 150 millions.
La cotation des ORA permettra aux compagnies d’assurances qui voudront y souscrire, d’inscrire ce placement en représentation de leurs réserves techniques. En effet, la négociation des ORA à la bourse conditionne leur admissible dans cette rubrique comptable des compagnies. En cotant ses ORA en bourse, Risma s’assure donc la participation de cette catégorie d’investisseurs qui sont d’ailleurs déjà dans son tour de table.
Par la cotation de ses ORA, son second appel public à l’épargne, Risma se soumet également aux mêmes obligations de publications financières qu’une société cotée et s’ouvre par suite la possibilité d’intéresser les OPCVM.
Comme nous le précise Monsieur Jean Robert Reznik, Président du Directoire de Risma et Directeur Général du pôle "Loisirs et Tourisme" du groupe ACCOR, la cotation en bourse de Risma elle même est d’ailleurs inscrite dans le prolongement naturel de cette opération et fait partie intégrante du business model de Risma depuis l’origine pour les trois raisons fondamentales suivantes: c’est le meilleur moyen d’extérioriser la création de valeur qui résulte des investissements, par opposition à l’approche immobilière classique ; c’est le meilleur moyen de financement du développement de la société à moyen et long terme ; c’est la meilleure façon de respecter en permanence une discipline rigoureuse dans la gestion et les investissements.
C’est pour évaluer la portée de cette opération novatrice et la replacer dans le cadre plus global de la politique touristique nationale que La Nouvelle Tribune a réalisé un entretien avec M. Jean-Robert Reznik et dont nous publions l’intégralité ci-après.
Afifa Dassouli