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La Loi de Finances 2004 proroge les incitations fiscales à l’introduction en bourse de trois autres années

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Publier le : November 6, 2003

En effet, après quatre années de morosité, le marché boursier s’est installé, depuis janvier 2003, dans un mouvement de reprise au trend continu. L’indice général de la Bourse des Valeurs de Casablanca, le MASI, s’est apprécié de 27,09% depuis le début de l’année en cours et celui du marché continu, le MADEX, de 19,36 %. La signification première de cette augmentation est que les acquisitions d’actions ont dépassé les cessions, impliquant par là même un repositionnement des opérateurs. Il s’agit de précurseurs étrangers, mais aussi de Marocains, plus personnes physiques qu’institutionnels.
Les épargnants reviennent donc à la Bourse à la recherche de gains plus élevés sachant que les placements sûrs n’excèdent guère une rentabilité de 4 % par an. Toutefois, ce sont surtout les initiés qui sont de retour car la peur du risque n’est pas facile à surmonter pour ceux qui ont subi des pertes avec la dernière dépréciation du marché. Cependant, deux constats positifs sont à faire. D’une part et contrairement à toute attente de la part des épargnants, la tendance du marché boursier a fini par se retourner. D’autre part, ce marché fait progressivement mais incontestablement preuve d’une certaine efficience, en réagissant de plus en plus normalement aux résultats des sociétés inscrites à la BVC en cotant leurs valeurs à des PER intéressants de 14 ou 15 et en réalisant des volumes plus crédibles, même s’ils sont parfois le résultat d’opérations exceptionnelles.
Mais, une question s’impose à tous les opérateurs, celle de savoir, dans un tel contexte de plus en plus positif, qui incite donc à un certain optimisme, comment se fera le développement de la bourse?
En effet, la leçon de la dernière crise de la bourse doit être retenue et il faut éviter de créer de nouveau une bulle financière, empêcher que la demande ne fasse trop pression sur l’offre. Pour cela, une seule solution, élargir par le nombre d’émetteurs face aux intervenants. Malheureusement, nous venons de rater un rendez-vous qui devait contribuer à enclencher un tel processus, celui de l’introduction en bourse de la Banque Populaire qui aurait dû intervenir en octobre 2003 et l’on sera donc contraint d’attendre celle de Maroc Télécom qui pourrait concerner plus de 500 000 souscripteurs.
Certaines entreprises privées donc devraient aussi repenser à leur introduction en bourse, compte tenu de l’amélioration des conditions du marché pour leur évaluation. D’autant que pour cela, les incitations fiscales sont très attractives. Elles consistent en une baisse de 25 % de l’IS si l’introduction se fait par cession d’une partie du capital et de 50 % dans le cas d’une augmentation de capital. D’ailleurs, ces incitations, qui ont été introduites en 2000 pour une durée de trois ans, arrivant à leur terme à la fin 2003, seront prorogées par la Loi de Finances 2004 pour les trois prochaines années. La même chose pourrait se faire en 2005 pour l’exonération des plus-values détenues par les personnes physiques, laquelle, également, a été limitée à la fin 2004.
Certes, il faut voir donc dans la prolongation des avantages fiscaux de l’introduction et de l’investissement en bourse une volonté politique de développer le marché financier du fait que les opérateurs et les épargnants ont besoin d’un minimum de visibilité fiscale pour revenir en bourse.
Certains d’entre eux ont déjà entamé un tel retour et parmi eux les OPCVM, alors que les institutionnels se manifestent plutôt au coup par coup à l’exception de la CDG qui est l’institutionnel le plus présent sur le marché, à la hausse comme à la baisse. Il y a aussi les "gros particuliers" qui animent tout spécialement les séances et qui sont qualifiés de spéculateurs. Mais, le grand public ne suit pas encore le mouvement, les épargnants "normaux" se sont assagis et passent par les OPCVM pour bénéficier des conseils des gestionnaires et du partage du risque car, comme dit l’adage, "chat échaudé craint l’eau froide". D’ailleurs, on constate que très peu de communication se fait autour du regain appréciable intervenu depuis le début de l’année à la Bourse de Casablanca. Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, les placements en bourse ont rapporté en moyenne une plus value de 30%  à ceux qui se sont repositionnés depuis le début de 2003, compte non tenu des dividendes qui leur seront servis à la fin de l’année.
Mais il est clair qu’aujourd’hui, s’il convient d’opérer une partie de ses placements à la bourse, il s’agit également de prendre en compte le fait que le risque de ce marché est augmenté de l’incertitude qui pèse sur son développement.
Pourtant, rendre à la Bourse de Casablanca son rôle de financement de la croissance économique du pays suffirait certainement à assurer un tel objectif.

Afifa Dassouli



 

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