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Investir pour quels rendements? Placements financiers

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Publier le : October 30, 2003

Que gagne t-on en plaçant son argent par le biais des différents instruments de placements qu'offre le marché financier? Cette question taraude nombre d'investisseurs. Les instruments de placements sont certes relativement nombreux (circuit bancaire, actions, obligations, etc), mais offrent-ils des rendements significatifs, et quels sont les risques encourus par l'épargnant? Ainsi, le couple rendement/risque doit être bien apprécié avant toute décision d'investissement. Si aujourd'hui les placements boursiers semblent bien se porter, la prudence reste de mise.  
De même, avant d'opter pour un mode de placement, l'investisseur ne doit pas uniquement se fier aux rendements affichés ou les plus-values brutes, en termes nominaux. Il doit également tenir compte du niveau d'inflation du pays, c'est-à-dire les rendements en terme réel. De même, la fiscalité appliquée aux différents instruments ne doit pas être épargnée. En plus, un placement doit être estimé, non seulement sur le court terme, mais aussi dans la durée, ce qui n'est pas toujours aisé.

Marché boursier

Le marché financier offre une multitude d'instruments de placements aux épargnants. Parmi les canaux de drainage de l'épargne, le circuit boursier est devenu incontournable. Il permet aux épargnants d'investir directement, en actions et obligations émises par les entreprises et qui sont négociées en Bourse. Les épargnants qui optent pour ce mode de placement prennent le risque de défaillance de l'entreprise ou de baisse des cours. Mais ce risque est compensé par une espérance de rendement plus élevée. Les investisseurs l'on vécu durant les quatre années de baisse du marché boursier. Aujourd'hui, avec la relative reprise du marché boursier et la hausse des cours qui s'en suit, l'investissement en actions devient de plus en plus tentant pour nombre d'épargnants. Il faut dire également qu'en dépit de la baisse, la Bourse continuait à offrir des rendements appréciables. A titre d'exemple, en 2002, le rendement moyen du marché boursier ressortait à 4,9 %, soit un niveau supérieur à celui des rendements sans risques des emprunts de 52 semaines des Bons du Trésor. Reste qu'au niveau de ce marché, les rendements obtenus aujourd'hui ne prédisent en rien ceux de demain. Ainsi, pour l'année en cours, les analystes ne prévoient qu'un rendement de 3,5 %.
Partant, et compte tenu de la situation du marché boursier, les investisseurs doivent avoir pour leurs placements une vision à moyen et long terme, privilégier les titres à fort rendement et à forte potentialité de croissance. En d'autres termes, les investisseurs doivent essayer d'avoir une idée sur la rentabilité (plus-value + dividende/prix d'achat) que leur offrent les titres sur lesquels ils souhaitent investir. Ce qui n'est pas une mince affaire vu les fluctuations des cours des actions cotées. Aujourd'hui, pour réaliser des placements à même de procurer de bons rendements et des plus-values latentes intéressantes, l'investisseur n'a pas beaucoup de choix, seule une poignée de valeur semble remplir réellement ces conditions. Il s'agit notamment des valeurs qui ont globalement présenté des rendements appréciables (hors dividendes exceptionnels) en 2002. C'est le cas de la Sonasid (12,35 %), Aluminium du Maroc (12,3%), Agma (11,9 %), Crédor (9,33 %), etc. Pour rappel, plus de 24 titres ressortaient avec des rendements 2002 supérieurs à 5 %. Ces différents titres se sont également bien comportés tout au long de l'année en cours, réalisant des performances plus qu'exceptionnelles, gardant à l'esprit bien évidemment que certains titres avaient subi en 2002 des baisses importantes impactant positivement sur le rendement de l'action. Ainsi, depuis le début de cette année, les cours des titres Sonasid, Agma, Aluminium du Maroc et Crédor se sont appréciés respectivement de +52,85 %, +59,88 %, +66,67% et +60,00 %. Outre ces valeurs dont les évolutions favorables des cours constituent des sources de plus-values, d'autres valeurs affichent actuellement des performances boursières et bénéficiaires appréciables. C'est le cas de Centrale Laitière, Lafarge, Branoma, Eqdom, Cosumar, etc. Si globalement les grosses capitalisations de la place ne figurent pas dans cet échantillon de valeur à haut rendement et à très fort potentiel de croissance, il n'en demeure pas moins que les titres ONA, SNI et les banques restent des placements de "bon père de famille" pour les investisseurs qui misent sur le moyen et le long termes.
En gros, le placement boursier peut présenter des rendements plus intéressants que les autres instruments à condition toutefois de savoir dénicher les valeurs à fort potentiel de croissance. A ce titre, alors que le MASI et le MADEX réalisent des performances respectives de +26,68 %, à 3 772,76 points, et +19,11 % à 2 992,98 points, certains portefeuilles de valeur mis en place par des intermédiaires du marché arrivent à surperformer largement les indices du marché. C'est le cas du portefeuille d'Attijari Intermédiation qui s'est apprécié de 42,2 % avec un rendement de dividende de 5,8 %. En outre, ce mode de placement a l'avantage d'être liquide, même si sur ce point la place a beaucoup perdu de sa superbe au cours de ces dernières années. Enfin, dans le cadre de la promotion de l'investissement en Bourse, des mesures fiscales incitatives ont été adoptées dans le cadre de la loi de Finances 2002 et ce, pour une période de 4 ans. Dans ce cadre, les personnes physiques résidentes bénéficient d'une exonération totale de la taxe sur les profits de cession de valeurs mobilières. De même, des avantages fiscaux sont accordés aux investisseurs institutionnels (voir tableau).

Les OPCVM
Les OPCVMs constituent des supports permettant d'investir l'épargne collectée en valeurs mobilières. Ils sont accessibles à tous les épargnants et bénéficient d'une gestion assurée par des professionnels. L'actif net des OPCVMs ressort à la date du 17 octobre 2003 à 67,9 milliards de dirhams, contre 69,5 milliards à fin décembre 2002. Les OPCVMs ont grandement profité en 2002 de la poursuite de la dégringolade du marché boursier. Ainsi, les épargnants se sont dirigés massivement vers ce mode de placement qui offre plusieurs instruments d'investissement en fonction des risques qu'ils sont prêts à prendre. Actuellement, ce sont les fonds obligations qui continuent à avoir les faveurs des investisseurs avec 42,6 milliards d'actifs nets du marché, dont 8,07 milliards en obligations court terme. Ces dernières ont vu leur actif net chuter de -31,08 % au moment où les autres obligations enregistraient une progression de 20,42 %. Si cette catégorie est plébiscitée par les investisseurs, ce n'est surtout pas du fait uniquement de ses performances. Ces placements, en plus des rendements positifs qu'ils offrent, sont moins risqués que les fonds actions et diversifiés. Sur le marché, les fonds obligations réalisent des performances comprises entre -2,27 % et +7,3 % depuis le début de l'année. La meilleure performance étant à mettre sous le compte du fonds Patrimoine obligation de Wafa Gestion (7,3 %). Du point de vue fiscal, les plus-values dégagés par ces fonds sont soumises à une retenue à la source de 20 %. Pour cette catégorie de placement, les gérants recommandent généralement un horizon de 3 ans et plus.
A l'opposé, les OPCVMs actions, longtemps plombés par la léthargie du marché boursier, suite à plus de quatre années de baisses, voient leurs performances exploser depuis plusieurs mois. Outre la reprise du marché boursier qui se matérialise par l'envolée des indices MASI et MADEX qui réalisent des performances annuelles respectives de +26,56 %, 3 771,91 points, et +19,40 % à 3 000,04 points, les politiques de gestion de plus en plus fines des gérants ont permis aux fonds actions du marché de réaliser durant les dix premiers mois de l'année des performances exceptionnelles. Pour les fonds investis au minimum à hauteur de 60 % en  actions (7 fonds), les performances annuelles sont comprises entre +18,68 % et +33,15 %. La meilleure performance de cette catégorie revenant au fonds Attijari Actions d'Attijari Management (33,15 %). Quant aux fonds investis au minimum à hauteur de 85 % en actions (23 fonds), leurs performances varient dans une fourchette comprise entre 22,31 % et 37,97 %. Cette dernière performance étant réalisée par Faïsal Investment Fund de Marogest (37,97 %). Cette catégorie de fonds demande une gestion offensive avec une prise de risque élevée répondant aux motivations de clients audacieux. En plus de ces excellentes performances, les porteurs de parts ou actions d'OPCVMs investis en permanence à hauteur de 85 % de leurs actifs en actions cotées à la Bourse bénéficient, dans le cadre de la loi de Finances 2002, d'une exonération fiscale pour une durée de 4 ans (2002-2005) sur les plus-values réalisées lors de cessions de ces parts ou actions. Reste que pour les épargnants, comme le soulignent les gérants, l'exonération fiscale ne doit pas être l'élément le plus déterminant dans la décision d'investissement. Les choix stratégiques doivent dépendre du couple rendement/risque que choisit l'épargnant. En outre, bien que très appréciables, les performances réalisées par les fonds actions ne doivent pas cacher une réalité, à savoir la forte volatilité des marchés actions.
Pour les investisseurs qui optent pour les placements en OPCVM, outre les frais (frais de gestion, frais entrée-sortie) et la fiscalité, ils doivent également tenir compte du niveau d'inflation pour mieux apprécier le rendement de leur placement.

Dépôts à terme

Les dépôts à terme, qui sont des sommes bloquées sur un compte bancaire productif d'intérêts, constituent un mode de placement important pour nombre d'épargnants et représentent une part essentielle des ressources bancaires. Il s'agit pour les entreprises, les épargnants et les MRE  d'un mode de placement sûr qui garantit des rendements relativement non négligeables, surtout durant les périodes de repli des cours boursiers et de détente des taux. Selon les dernières données du GPBM qui remontent à fin septembre 2003, les dépôts à terme du système bancaire ont atteint 80,71 milliards de dirhams, en régression de -2,6 % par rapport à leur niveau de décembre 2002. Du fait de son importance dans les ressources du système bancaire national, les différents établissements ne lésinent pas sur les moyens pour appâter cette clientèle d'épargnants. La concurrence se fait notamment au niveau des taux qui sont "librement fixés" par les différentes banques de la place. Les taux appliqués sont généralement modulés mensuellement en fonction des conditions du marché, de l'évolution des Bons du Trésor à 52 semaines et de la prime fixée par la banque. Globalement, les rémunérations des dépôts à terme tournent autour des moyennes de 2,75 % pour les 3 mois et 3 - 3,25 % pour les 6 et 12 mois. Les taux annoncés par les banques sont toutefois le plus souvent des taux indicatifs. Les épargnants disposant d'importantes liquidités mettent en concurrence plusieurs établissements de la place pour obtenir les meilleurs taux. Ainsi, pour les mêmes échéances, on note des différences de rémunération qui atteignent parfois 50, voire 75 points de base d'une banque à l'autre. C'est la Banque Centrale Populaire (BCP), avec ses missions historiques de drainage de l'épargne publique nécessaire au financement de l'économie et son souci de conserver sa place de leader au niveau de la collecte des dépôts, qui offre les meilleurs taux de la place. De même, on note que les dépôts des MRE, pour les mêmes échéances, sont globalement mieux rémunérés que ceux des épargnants locaux. En plus, les MRE bénéficient également des exonérations fiscales alors que les épargnants locaux sont soumis à la taxe sur les profits de placement à revenu fixe dont le taux est de 30%.
Si le dépôt à terme constitue un moyen de placement sûr, il n'en demeure pas moins qu'avec un taux de rentabilité connu à l'avance, il est également synonyme d'une sortie impossible avant la fin de l'échéance, faute d'un marché secondaire ou d'une clause de rachat.
En somme, bien que les performances réalisées aujourd'hui ne garantissent en rien celles à venir, on peut souligner qu'à l'heure actuelle, les placements boursiers, certes très risqués, demeurent les plus rentables du marché. Mais la prudence doit être de mise.

Moussa Diop


Faible rémunération des Comptes sur carnet

Le compte sur carnet permet à son titulaire la possibilité d'effectuer des versements au rythme de ses possibilités dans la limite d'un plafond de 300 000 dirhams. Avec le compte sur carnet, l'épargnant a la possibilité de faire travailler son argent sur un compte rémunéré offrant la souplesse d'un compte chèque. 
Si, contrairement aux dépôts à vue, les comptes sur carnet offrent une capitalisation trimestrielle des intérêts, il n'en demeure pas moins que le taux de rémunération du compte sur carnet -administré par Bank Al-Maghrib au même titre que les comptes de la Caisse d'épargne nationale (CNE)- ne cesse de s'étioler sous l'effet de la tendance baissière des taux du marché. Actuellement, le taux de rémunération des comptes sur carnet s'établit à 2,95 %. En tenant compte du niveau d'inflation qui dépasse les 2 % et d'une fiscalité de 30 % sur les intérêts perçus, la rémunération réelle de cette catégorie de placement est devenue plus que négligeable. Une situation qui n'encourage pas le drainage de l'épargne populaire.

Les OPCVM monétaires ont toujours la cote

Avec 20,32 milliards de dirhams d'actifs, soit environ 30% de l'actif net du marché, les OPCVMs monétaires continuent à occuper une place importante au niveau du marché dont l'actif net ressort à 67,9 milliards de dirhams. D'un horizon de placement allant de 1 à 3 mois, les OPCVMs monétaires permettent une optimisation des excédents de ressources des investisseurs au jour le jour. Les investisseurs utilisent également ce canal de placement  moins risqué en attendant d'avoir plus de visibilité sur la reprise du  marché boursier et sur l'évolution des taux.
Les performances réalisées par les 17 fonds monétaires de la place varient actuellement entre 1,69 % et 2,69 %. Du point de vue fiscal, les personnes physiques sont assujetties à une taxe de 20 % sur les produits de cession, prélevée à la source. Quant aux personnes morales, aucun prélèvement n'est opéré sur les plus-values. Celles-ci étant soumises à l'impôt sur les sociétés (IS).



 

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