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Rapprochement réussi entre deux opérateurs du carton ondulé, Finapack et le Groupe CMCP Opérations importantes de capital dans

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Publier le : October 16, 2003

La Nouvelle Tribune : M. Aziz Qadiri, vous êtes Président du Directoire de Finapack, une société qui vient de sceller une opération de capital d’importance avec  le Groupe  CMCP. Quel est donc l’objet de votre projet ? Que représente la société que vous dirigez par rapport à celle que vous venez d’acquérir ?

M. Aziz Qadiri : Il ne s’agit pas à proprement parler d’une acquisition, mais d’une alliance qui se traduit par une association entre Finapack que nous représentons et le Groupe de la famille Ohana. Elle se concrétise par la création d’une société de participations, Cofipac, où seront logés  environ  50 % du   Groupe CMCP, et  environ  50 % d’Ondumar et de Carsud, composantes de Finapack.

Ce rapprochement trouve sa raison d’être et son intérêt  suite au  processus de démantèlement douanier en cours dans notre pays et qui pourrait être pénalisant pour notre groupe, notamment dans le domaine du papier d’emballage. En effet, le CMCP possède une unité de papier pour emballage, et il nous fournira une marchandise locale à des prix compétitifs. L’alliance avec le  Groupe  CMCP nous permet donc de palier les effets du démantèlement douanier, lesquels ne manqueront pas de se traduire par des importations compétitives de nos matières premières. Il faut rappeler à ce sujet que la baisse des droits de douane vient d’être enclenchée pour le papier et le carton le 1er mars 2003. Ceux-ci sont actuellement de  45  % et le démantèlement induira leur diminution  à raison de  5 % l’an sur dix années.

Ce processus est donc tout récent et il sera encore long. 

Notre nouvelle alliance nous permettra ainsi de bénéficier localement et à des prix plus intéressants de papier recyclé que nous importions jusque-là à un prix de revient plus élevé, du fait des droits de douanes et des coûts du fret.

Dans le contexte évoqué et du point de vue  du Groupe CMCP, ce rapprochement matérialise une excellente solution pour pérenniser la production de papier, sachant que celle-ci, représente environ 40% de l’activité du Groupe CMCP.

 

Quels sont les principaux indicateurs chiffrés de l’ensemble que vous créez ?

 Actuellement, Finapack réalise un chiffre d’affaires annuel d ' environ  400 millions de dirhams environ, alors que  le Groupe CMCP en réalise  plus du  double avec  environ  850 millions de dirhams. Mais ce montant n’est pas seulement le résultat de l’activité carton ondulé, puisque ce groupe produit du papier. Le nouvel ensemble, du fait de la mise en place d’une gestion unique, et qui sera diversifié dans les deux activités, devrait bénéficier de la réalisation de synergies et dépasser le cumul des chiffres d’affaires des deux nouveaux partenaires.

Il se composera donc de  cinq  unités industrielles, Carsud, Ondumar et  les trois sites du Groupe CMCP. Cofipac, le nouveau holding qui concrétisera cette alliance,  est une société anonyme avec Directoire et Conseil de Surveillance. J 'assure  la présidence du Directoire, mais le management est partagé avec nos nouveaux partenaires, tandis que les actionnaires du groupe, dont la famille Ohana, sont présents au Conseil de Surveillance.

 

Justement, quelles sont les synergies escomptées au terme de cette alliance ?

Il y a l’intégration du papier dans l’activité du groupe, mais aussi des synergies en termes  de compétences humaines et industrielles . Nous allons pouvoir harmoniser les investissements, rentabiliser et optimiser l 'outil industriel existant chez l’un et l’autre groupe. La production sera d’ailleurs localisée là où le coût de revient sera le plus faible pour en faire profiter à court terme nos clients.

Je tiens à préciser que ce rapprochement capitalistique et industriel, en dégageant des synergies, permettra également de sauver des unités de production et donc des emplois.

 

Quelle position sur le marché allez-vous occuper dorénavant ? Serez-vous en position de quasi-monopole ?

 Il est vrai que le nouvel ensemble occupera une place importante sur le marché. D’ailleurs, dans le cadre de la Loi sur la concurrence, nous avons cherché à obtenir toutes les autorisations nécessaires pour cette alliance, notamment auprès des services du Premier ministre. En agissant à la fois au niveau de la production de papier et celle de carton ondulé, notre nouvelle entité n’ était pas en théorie  concernée par la Loi sur la concurrence, mais nous avons tenu à obtenir les autorisations et garanties légales nécessaires à la concrétisation de ce projet. D’ailleurs, je dois vous dire que nous sommes très satisfait du travail, de la diligence et du professionnalisme de l’Administration dans cette affaire qui a été traitée par le département des Affaires générales et de la Mise à niveau placé sous la direction de M. Abderrazak El Mossadaq.

Pour répondre plus directement à votre question, je vous dirai que le marché du carton ondulé est ouvert puisqu’il compte plusieurs opérateurs nationaux outre  le Groupe CMCP , CARSUD et Ondumar, en plus des importateurs. Les potentialités de ce secteur d’activité sont importantes puisque la consommation y reste très en deçà des normes internationales et des besoins avec une moyenne à peine de trois ou quatre kilos de carton par habitant et par an; C'est moins qu’en Tunisie.  Néanmoins, la progression annuelle de l’activité de ce secteur,   en corrélation avec le PNB Industriel et Agricole à l'export, reste appréciable avec un taux  moyen  de croissance de 5 %.

 

Quels sont les objectifs principaux de ce rapprochement ?

 Outre les synergies évoquées plus haut, nous attendons de ce rapprochement une mise à niveau industrielle et le développement des deux groupes. Je rappellerai, à ce titre, que tant  le Groupe CMCP que nous-mêmes, sommes certifiés ISO  9001  depuis plusieurs années. Par ailleurs, Ondumar a obtenu  en 2001 le Prix national de la Qualité, et Carsud est régulièrement gratifiée depuis quatre ans du prix d’encouragement.  Le Groupe CMCP   a de son côté obtenu le premier prix pour les grandes sociétés à l'export en 2002.

De plus, nous avons associé à notre société holding,  Finapack, des fonds d’investissement. Actuellement, il s’agit d’Accès Capital Atlantique  Maroc , Capital Invest et Maroc Invest qui sont avec nous depuis le début 2003.  Nous opérons ainsi depuis 1998  pour financer notre développement et il n’est pas dit que d’autres fonds ne nous rejoindront pas pour le financement de l’opération en question.

 

Comment avez-vous procédé aux évaluations nécessaires à ce rapprochement ?

Quel en est le montant de l’investissement ?

Nous avons procédé à l’évaluation des deux entités, ce qui nous a permis de déterminer une base de prix et de procéder à la création de ce holding, Cofipac, qui réunit les participations mises en commun par le Groupe Finapack et le Groupe CMCP. Cofipac est dotée d’un capital social de 490 millions de dirhams.

 

Pourquoi ne pas avoir recours à la Bourse pour financer votre croissance ?

Une telle option était prévue lorsqu’il y avait avec nous les premiers fonds d’investissement. Mais elle n’a pas été possible du fait de la dépression du marché boursier de ces dernières années. Avec nos nouveaux partenaires en capital développement, nous sommes encore prêts à aller en Bourse, dans les prochaines années, mais cela dépendra, bien évidemment, de la situation du marché boursier.

 

Le mot de la fin ?

 Cofipac aujourd’hui est un groupe qui a la taille et les moyens pour résister et affronter la concurrence étrangère et notamment régionale. Il est capable de traiter d’égal à égal avec des opérateurs du pourtour méditerranéen, espagnols par exemple. Notre force actuelle nous donne également les moyens de faire de la recherche & développement, de proposer de nouveaux produits, et d’aller à l’extérieur sur des marchés étrangers, etc.

 

Entretien réalisé par

Afifa Dassouli



 

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