Ce n'est un secret pour personne. Le processus de mise à niveau du tissu économique national a pris énormément de retard. Une situation inquiétante quand on sait qu'une partie non négligeable du tissu économique national ne survivra pas à la concurrence étrangère, suite à l'ouverture des frontières, en l'absence de cette mise à niveau. Les entreprises les plus exposées sont bien évidemment les PME/PMI. Or, celles-ci représentent 95 % du tissu économique national, 60 % des salariés du secteur privé, 31 % des exportations et 51 % des investissements privés nationaux, etc. C'est dire combien la mise à niveau de ces structures est primordiale pour assurer la compétitivité de l'économie nationale. Seulement, depuis le lancement des instruments financiers devant faciliter la mise à niveau du tissu économique en 1997, les résultats obtenus jusqu'à présent sont très en deçà des espérances. Pour pallier cette situation, l'État, avec le soutien des banques commerciales a introduit au cours de cette année de nouveaux produits de financement et de garantie.
C'est pour appuyer cette nouvelle initiative que le Groupe Banques Populaires, en collaboration avec la CGEM et la Fédération des PME/PMI et le CPMAN, a organisé une rencontre le 09 octobre portant sur le thème: "les instruments de financement de la mise à niveau mis à la disposition des PME/PMI par le Groupe Banques Populaires". Partant du constat du retard pris dans le processus de mise à niveau des entreprises nationales, M.Mohamed Belghazi, Directeur Général de la Banque Centrale Populaire (BCP) a souligner "la nécessité de dépasser le discours officiel pour voir sur le terrain la concrétisation des aspirations des PME/PMI". Même son de cloche au niveau de la Fédération des Petites et Moyennes Entreprises (FPME).
Déficit en communication
Pour M. Mohamed Hjiej, Président du Comité de gestion du Centre de promotion de la mise à niveau (CPMAN), si "beaucoup d'outils de financement ont été mis en place, la communication a fait défaut". Pour M. Hjiej, "le taux d'utilisation très faible des ressources affectées à la mise à niveau se justifie, d'une part, au fait que les entreprises n'exprimaient pas réellement leurs besoins, et d'autre part, par le fait que la présentation des instruments et la manière de les véhiculer étaient inadaptées". Partant, il juge nécessaire d'unifier les différentes lignes de crédit et, surtout, "mettre un accent particulier sur la communication en allant vers l'entreprise par le biais de canaux de communication huilées". C'est ce que essaye de faire le CPMAN. Fruit d'un partenariat entre le Ministère de l'Industrie, du Commerce et des Télécommunications, la CGEM, la GTZ, le CPMAN "essaye de redynamiser la mise à niveau en mettant un accent particulière sur l'information", fait remarquer M. Mohamed Saïd Tahiri, Directeur Général du Centre. Dans les faits, cela se traduira par "des actions de proximités qui se matérialiseront par des visites sur le terrain destinées à vulgariser les instruments et mécanismes de la mise à niveau existants".
Pour ce qui est de l'offre de financement de la mise à niveau, le Groupe a présenté une kyrielle de produits parmi lesquels le Châabi Fortex et le Châabi Renovotel. Le premier vise au financement des programmes de restructuration des entreprises opérant dans le secteur Textile et Habillement. Pour ce produit, le Groupe peut contribuer jusqu'à hauteur de 50 % au maximum du financement du programme de restructuration. L'autre moitié devant provenir de l'État via la CCG et/ou Dar Ad-Damane pour 30 % au maximum et l'autofinancement pour 20 % au minimum. Notons au passage, comme l'a bien fait remarquer M. Rachid Bekkali, Directeur Général de Dar Ad-Damane, "l'instrument de la garantie institutionnelle est aujourd'hui privilégié par l'État en tant qu'outil majeur de promotion de l'investissement et de création d'emplois". Pour ce qui est de la partie accordée par le Groupe Banques Populaires, la durée du crédit peut atteindre 10 ans dont 2 ans de différé au maximum. Pour le Châabi Fortex, un taux de 4,6 % l'an -auquel il faut bien évidemment ajouter la TVA- est facturé aux entreprises pour un crédit à moyen terme, à condition que celles-ci obtiennent la couverture du risque de la CC ou de Dar Ad-Damane.
Kyrielle de produits
Pour bénéficier de cette ligne de crédit, les entreprises doivent justifier de 3 années d'activité minimum et présenter un programme de restructuration global visant l'amélioration de la compétitivité de l'entreprise. Notons que la clause stipulant que l'entreprise devait être en déséquilibre financier pendant trois ans pour bénéficier du financement Fortex ne figure plus parmi les critères d'éligibilité de ce fonds. Ce critère semble avoir découragé les entreprises du secteur justifiant en partie la faiblesse de la demande du Fortex. Désormais, toutes les entreprises du secteur souhaitant se mettre à niveau peuvent bénéficier du Châabi Fortex. Pour ce qui est du Châabi Renovotel, mécanisme de cofinancement État-Banques visant la rénovation des unités hôtelières existantes pour accompagner la promotion du secteur touristique, la part Châabi Renovotel contribue jusqu'à hauteur de 35 % du financement. L'État se chargeant du 35 % du financement au maximum, le reliquat devant être le fait de l'entreprise. La durée du financement du Châabi Renovotel peut atteindre 10 ans dont 2 ans de différé au maximum. Le crédit sera octroyé à un taux d'intérêt de 4,6 %, hors TVA, après l'aval de la couverture du risque par la CC. Pour bénéficier du crédit Châabi Renovotel, les unités à restructurer doivent être en activité à la date de présentation de la demande de financement, avoir exercé depuis 7 ans au moins, figurer sur une liste exhaustive arrêtée par la Commission Nationale de classement et être viable, c'est-à-dire en phase avec son marché. D'autres fonds ont été également exposés aux dirigeants d'entreprises, dont le Foman, fonds de mise à niveau destiné à soutenir les entreprises en matière de conseil par la consultante locale et de cofinancement des investissements matériels au moyen d'un mécanisme de financement conjoint Foman-Banques, et le crédit Man visant à financer tous projets de restructuration (extension de capacité de production, modernisation, rationalisation des processus de fabrication, etc) en vue de permettre l'amélioration de leur compétitivité face à la concurrence étrangère. De même, les contenus des lignes de financement étrangères -Awex (ligne wallonne), lignes de crédit française, italienne et portugaise- ont été détaillées à l'assistance.
Moussa Diop
Le Groupe Banques Populaires finance la certification
La certification est de plus en plus considérée comme une réponse aux exigences du consommateur local et un moyen d'accès aux marchés internationaux. Seulement, le nombre d'entreprises marocaines certifiées reste encore négligeable. Face à cette situation, et pour une première au Maroc, le Groupe Banques Populaires met en place une ligne de crédit dédiée au financement de la certification. Ce nouveau produit permet le financement de la certification de la phase d'accompagnement jusqu'à l'obtention de la certification. Il est ouvert à toutes les entreprises dont la durée d'existence est au moins égale à 3 ans et opérant dans les secteurs industriels, de services liés à l'industrie, du tourisme, du bâtiment et travaux publics, du commerce et négoce.
La quotité de financement est limitée à 70 % du programme d'investissement avec un plafond maximum d'un million de dirhams dans le cadre d'un plafond de 80 % pour le financement de la phase d'accompagnement et préparation à la certification et 20 % pour le financement de la certification. Pour une durée de 7 ans maximum y compris une période de différé pouvant aller jusqu'à deux ans, ce financement bénéficie d'un taux d'intérêt de 7,25 %.