Wafabank a présenté ses résultats du premier semestre 2003 marqués par une orientation positive de tous les clignotants de la banque. Les dépôts clientèles et les crédits octroyés ont progressé respectivement de +6,8 %, à 30 534 MDH, et +6,6 %, à 18 763 MDH, soit des parts de marché respectives de 14,8 % et 12,18%. La hausse des dépôts provient essentiellement des ressources à vue en hausse de +17%, et représentant 62 % du total des dépôts. La collecte hors bilan (OPCVM et bancassurance) continue de progresser à un rythme très satisfaisant. Le Produit net bancaire (PNB) qui, sous l'effet combiné d'une hausse des marges d'intérêt (+14 %), des marges sur commissions (+35 %) et des opérations de marché (+25 %), a signé une progression de 10 %, à 913 MDH. Mieux encore, le Résultat brut d'exploitation (RBE) ressort à 452 MDH en hausse de 17,9 %. Au niveau de la maîtrise des charges, la banque a réalisé de bonnes performances matérialisées notamment par une baisse du cœfficient d'exploitation de 51,6 % l'année dernière à 49,9 % à la fin du premier semestre 2003.
Concernant les créances en souffrance, elles ont enregistré une baisse de -20 % à 664 MDH, contre 833 MDH en juin 2002. N'empêche, poursuivant la volonté de la banque d'améliorer la couverture des risques par les provisions et de se conformer ainsi aux critères de déclassement et de provisionnement édictés par Bank Al-Maghrib, une dotation brute aux provisions pour créances en souffrance d'un montant de 214 MDH, en hausse de 10 %, a été réalisée au terme du premier semestre. Cette dotation porte le taux de couverture des créances en souffrance de Wafabank à 72,6%. Cette forte dotation combinée à l'impôt sur les sociétés a impacté négativement sur le résultat net de Wafabank qui ressort à fin juin 2003 à 185 MDH, en hausse de seulement +3 %.
Rapprochement
Pour ce qui est des perspectives, le Président de la Wafabank est revenu sur les objectifs dont s'est fixé le groupe pour 2005, à savoir: un PNB de 2 289 MDH, un résultat net de 597 MDH, un RoE de 14,5 %, un taux de contentialité de 9,5 %, un cœfficient d'exploitation de 45 % et un coût du risque de 1,5%.
Pour finir, et comme c'est devenu une habitude, M. A. Bennani, Président-Directeur Général de Wafabank est revenu longuement sur l'avenir du secteur bancaire national dans un environnement mondial marqué par une concurrence effrénée et une course à la taille source d'économie d'échelle. Jugeant ainsi le nombre d'institutions bancaires nationales élevé pour un marché aussi étroit, le PDG de Wafabank est revenu à la charge sur une éventuelle fusion entre la banque qu'il dirige et le Crédit du Maroc. Tout en soulignant ne pas être "des excités de la fusionnite", M. Bennani n'a pas manqué de souligner, chiffres à l'appui, que "le projet de rapprochement le plus naturel au niveau du système marocain reste celui de Wafabank-Crédit du Maroc". Wafabank s'y prépare activement et le bouleversement intervenu au niveau du système bancaire français avec l'absorption du Crédit Lyonnais par le Crédit Agricole, actionnaire de Wafabank, milite fortement pour un rapprochement entre les deux institutions du Royaume. D'ailleurs, et comme l'a bien souligné M.Bennani, "certains investissements et recrutements qui étaient programmés par Wafabank ont été reportés en attendant de voir plus clair". En tout état de cause, M. Bennani souligne que tout le monde sera fixé entre fin décembre 2003 et mars 2004.
Tout en souhaitant ardemment cette fusion, le PDG de Wafabank fait remarquer qu'elle n'est pas une fin en soi. Le Groupe Wafabank a t-il noté& "ne manque pas d'idées et songe déjà sur sa présence dans une zone géographique plus large, le Maghreb Arabe". Et pour y arriver, la banque compte sur ses fonds propres (3 777 MDH à fin juin 2003) qui dépassent largement les niveaux d'exigibilité des normes prudentielles de Bank Al-Maghrib, lui donnant ainsi les moyens de faire face à toute opportunité qui se présente.
Moussa Diop