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Le "non, mais" du Comité des Établissements de Crédit L’offre de l’Écureuil à la BMCE

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Publier le : October 9, 2003

On sait que cette instance est convoquée par le Ministre des Finances. Elle est présidée par le Gouverneur de la Banque centrale et réunit les hauts décideurs financiers et les représentants de leurs associations professionnelles. C’est ainsi qu’outre M.Abdellatif Jouahri, Wali de BAM, étaient présents M. Zouhaïr Chorfi, Directeur du Trésor, M. Abderrahmane Bennani-Smirès, président de l’APSF, M. Othman Benjelloun, Président du GPBM et d’autres personnalités de la finance comme le Président du Conseil de Surveillance de la SGMB, M.Abdelaziz Tazi.
Selon nos sources, cette session du Comité des Établissements de Crédit a été exclusivement consacrée au projet d’alliance entre la BMCE et l’Ecureuil. La discussion a été longue et s’est étendue à la situation d’ensemble qui caractérise le système bancaire marocain. En effet, la question de l’établissement ou la préservation d’un équilibre entre le capital étranger et local dans les banques marocaines a évolué vers la nécessité d’opposer aux banques étrangères, (essentiellement françaises d’ailleurs), une banque au capital national qui soit de taille à s’imposer sur le plan local, mais aussi régional et international.

Une réponse à "la normande"

C’est dans cet esprit que le Comité des Établissements de Crédits a répondu à l’offre de l’Écureuil par une sentence "à la normande". Certes, ledit comité ne serait pas contre l’arrivée du Groupe Caisse d’Épargne dans le capital de la BMCE, mais il conteste le bien fondé du " deal " conclu entre M. Charles Milhaud président du groupe français et M.Othman Benjelloun Président de BMCE Bank. En effet, la cession de 20 % du capital de la BMCE à la troisième banque française, (elle occupe désormais ce rang depuis son rapprochement la semaine dernière avec la Caisse des Dépôts et Consignations à travers la cession de leur holding commun, EULIA), à l’Ecureuil présenterait un vice de forme. Cet accord était, en fait, assorti d’un pacte d’actionnaires qui promettait à l’Ecureuil l’acquisition de la minorité de blocage soit 34, 33 % du capital de la BMCE au bout d’un certain laps de temps. Cela impliquait le transfert dans une deuxième étape de la différence entre 20 % et 34,33 % du capital de la BMCE à son nouveau partenaire. Les membres du Comité des Établissements de Crédit ont donc considéré que la négociation entre la BMCE et L’Ecureuil a porté sur la gestion de la banque marocaine et pas uniquement l’arrivée à BMCE Bank d’un actionnaire de référence prestigieux.
Ainsi, c’est un "non, mais" qui caractériserait le mieux la conclusion à laquelle sont arrivés les membres du Comité des Établissements de Crédit.
En d’autres termes, le seul transfert des 20 % du capital de la BMCE à l’Ecureuil aurait peut-être reçu un avis favorable, mais il eût fallu pour cela que cette opération ne soit assortie d’aucune autre condition.
Dans ce contexte, on s’interrogera donc sur le devenir de cette offre du Groupe dirigé par M. Milhaud, sachant, en outre, que la Caisse d’Épargne française ne possède aucune expérience à l’international, mais que ses ambitions sont aujourd’hui à la hauteur de sa puissance financière et de son alliance étroite avec la CDC de M. Mayer.
On précisera, in fine, que si le Comité des Établissements de Crédit a émis mardi 7 octobre un avis "autorisé", la décision finale n’en appartient pas moins au Ministre des Finances M. Oualalou, qui doit, comme prévu par la procédure, approuver ou rejeter cet avis. 

            
Afifa Dassouli



 

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