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La baisse du TEG, une fragilisation continue du secteur Crédit à la consommation

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Publier le : October 9, 2003

Le Taux Maximum des Intérêts Conventionnels des Établissements de Crédit (TMICEC), plus connu sous le sobriquet Taux Effectif Global (TEG), poursuit son mouvement baissier entamé depuis 1997. Pour le semestre en cours (octobre 2003 à fin février 2004), le TEG s'établit à 14,02 %, contre 14,61% le semestre précédent. Cette baisse mécanique est le résultat du mode de calcul adopté par les autorités depuis 1997. Pour rappel, à cette date, il a été décidé de soumettre l'ensemble des établissements de crédits à la règle du TEG qui stipule que les taux débiteurs ne doivent en aucun cas dépasser un maximum calculé semestriellement par Bank Al-Maghrib en majorant de 60 % (70 % au départ) le TIMP (Taux d'intérêt moyen pondéré) le taux pratiqué par ces établissements au cours du semestre précédent. Conséquence, le TEG qui s'établissait à 20,41 % en avril 1997 est tombé à 14,02 % actuellement,  perdant ainsi 639 points de base, soit une baisse de 31,31%. Cette baisse continue du TEG a fortement contribué à l'amenuisement de la marge des entreprises du secteur impactant négativement sur leurs résultats. Quant à la dernière baisse, les professionnels soulignent son faible impact pour le consommateur. A titre d'exemple, pour un crédit de 40 000 dirhams sur 36 mois, en faisant passer le TEG de 14,61 % à 14,02 %, toute chose égale par ailleurs, la différence au niveau de l'échéance mensuelle que doit payer le particulier -hors TVA-, est tout au plus de 11,5 dirhams. Si le client n'est pas sensible à cette baisse (414 dirhams pour 36 mois), par contre, pour une société de crédit à la consommation qui distribue des milliers, voire des centaines de milliers de crédits à la consommation par an, cela peut constituer un manque à gagner très significatif dans un environnement marqué par la baisse continue des marges. Ainsi, on comprend que ce n'est pas pour rien que la révision du mode de calcul du TEG figure toujours en tête des revendications des professionnels du secteur. Seulement, sur ce point, ces derniers n'arrivent pas encore à convaincre les autorités de la particularité de leur activité et de la juste nécessité de leur trouver une règle de fixation d'un taux maximum spécifique aux sociétés de financement. A cet égard, notons que sur d'autres cieux, en France par exemple, pas moins de 9 taux d'usure, évoluant dans une fourchette comprise entre 9 % et 20 %, sont pratiqués par les établissements de crédit à la consommation, en fonction du montant sollicité et l'ampleur du risque encouru. En plus, sur ce marché, les sociétés de crédits se financent à des taux très largement inférieurs à ceux de leurs homologues marocaines.

Refinancement

D'ailleurs, tout le problème des sociétés de financement marocaines se situe au niveau du refinancement. En effet, si les banques et les sociétés de financement sont mises dans le même panier pour la détermination du TEG, il n'en demeure pas moins que leurs conditions de refinancement sont totalement différentes. En effet, les banques ayant l'habilité de collecter les dépôts auprès de leur clientèle "se financent à moins de 2 %", souligne un professionnel de la place. Il faut noter qu'une partie importante des ressources bancaires n'est pas rémunérée et que le taux de rémunération de la partie restante dépasse rarement en moyenne les 3 %. Par contre, les sociétés de financement, non seulement sont privées de la faculté d'intervenir sur le marché monétaire où les taux d'intérêt sont bas, mais se financent à des taux élevés auprès du système bancaire. Actuellement, les taux les moins élevés facturés par les banques aux sociétés de financement tournent autour de 7,5% - 8 % pour le moyen terme. Seules les structures adossées aux banques ou celles pouvant jouer l'effet synergie de groupe et/ou disposant des relations privilégiés avec certaines banques de la place peuvent bénéficier des conditions de financement plus avantageuses. Si l'on ajoute au taux de refinancement moyen une prime de risque de 3 points et les frais d'exploitation et impôts pour 5 points, le reliquat, sur le prix de vente de l'argent ne permettra pas, le cas échéant,  d'assurer une croissance durable du secteur ni de fortifier ses fondamentaux.
Cela est d'autant plus vrai que le secteur, après son assainissement, a entrepris au cours de ces dernières années d'importants investissements humains et informatiques. Outre la mise en place de nouveaux logiciels accompagnant le nouveau système comptable et des reportings adressés à Bank Al-Maghrib, l'Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) a élaboré un Système d'aide à l'appréciation du risque (SAAR) qui enregistre les données des membres relatives aux incidences de remboursement des crédits octroyés à leur clientèle privée et professionnelle. Ce système a coûté plus d'un million de dirhams au secteur. Ces investissements dans une conjoncture morose marquée par une contraction des résultats, ont contribué à la baisse des marges du secteur. Par ailleurs, et afin de faire face à la fragilité croissante des sociétés de financement, Bank Al-Maghrib a procédé en 2002 au réaménagement de la réglementation régissant la classification des créances et leur couverture par les provisions. Ainsi, les créances en souffrance sont, compte tenu de leur degré de risque de perte, réparties en trois catégories: créances pré-douteuses, créances douteuses et créances compromises. Ces créances donnent lieu à la constitution de provisions égales respectivement au moins à 20%, 50 % et 100 % de leurs montant, déduction faite des agios réservés et des garanties. Situation qui ne manquera pas de contribuer à la contraction des maigres bénéfices du secteur. Cette situation est aggravée par la concurrence que se livrent les sociétés du secteur. Certaines d'entre elles n'hésitent pas a octroyer des crédits à des taux largement inférieurs à ceux du TEG pour accroître leur part de marché. De même, des promotions coûteuses sont lancées à chaque événement pour doper les chiffres d'affaires, parfois au détriment de la rentabilité. Dans ces conditions également, seules les structures adossées aux banques et bénéficiant de conditions de refinancement très favorables peuvent s'en sortir sans beaucoup de dégâts. Malheureusement, les autres sont parfois obligées de suivre.
In fine, si la baisse du TEG a permis un accès plus facile au crédit, il n'en demeure pas moins que le problème de survie de ce secteur vital pour l'économie nationale, ou du moins d'une partie de celui-ci reste posé.
Moussa Diop
Crédit à la consommation

La baisse du TEG, une fragilisation continue du secteur

Le Taux Effectif Global (TEG) a de nouveau baissé de 59 points de base pour s'établir à 14,02 %. Si l'impact de cette baisse est limité pour le consommateur, pour les sociétés de crédit, la nouvelle donne se traduira par une aggravation de la fragilité d'un secteur dont l'impact sur l'amélioration de la consommation des ménages n'est pas à démontrer.

Le Taux Maximum des Intérêts Conventionnels des Établissements de Crédit (TMICEC), plus connu sous le sobriquet Taux Effectif Global (TEG), poursuit son mouvement baissier entamé depuis 1997. Pour le semestre en cours (octobre 2003 à fin février 2004), le TEG s'établit à 14,02 %, contre 14,61% le semestre précédent. Cette baisse mécanique est le résultat du mode de calcul adopté par les autorités depuis 1997. Pour rappel, à cette date, il a été décidé de soumettre l'ensemble des établissements de crédits à la règle du TEG qui stipule que les taux débiteurs ne doivent en aucun cas dépasser un maximum calculé semestriellement par Bank Al-Maghrib en majorant de 60 % (70 % au départ) le TIMP (Taux d'intérêt moyen pondéré) le taux pratiqué par ces établissements au cours du semestre précédent. Conséquence, le TEG qui s'établissait à 20,41 % en avril 1997 est tombé à 14,02 % actuellement,  perdant ainsi 639 points de base, soit une baisse de 31,31%. Cette baisse continue du TEG a fortement contribué à l'amenuisement de la marge des entreprises du secteur impactant négativement sur leurs résultats. Quant à la dernière baisse, les professionnels soulignent son faible impact pour le consommateur. A titre d'exemple, pour un crédit de 40 000 dirhams sur 36 mois, en faisant passer le TEG de 14,61 % à 14,02 %, toute chose égale par ailleurs, la différence au niveau de l'échéance mensuelle que doit payer le particulier -hors TVA-, est tout au plus de 11,5 dirhams. Si le client n'est pas sensible à cette baisse (414 dirhams pour 36 mois), par contre, pour une société de crédit à la consommation qui distribue des milliers, voire des centaines de milliers de crédits à la consommation par an, cela peut constituer un manque à gagner très significatif dans un environnement marqué par la baisse continue des marges. Ainsi, on comprend que ce n'est pas pour rien que la révision du mode de calcul du TEG figure toujours en tête des revendications des professionnels du secteur. Seulement, sur ce point, ces derniers n'arrivent pas encore à convaincre les autorités de la particularité de leur activité et de la juste nécessité de leur trouver une règle de fixation d'un taux maximum spécifique aux sociétés de financement. A cet égard, notons que sur d'autres cieux, en France par exemple, pas moins de 9 taux d'usure, évoluant dans une fourchette comprise entre 9 % et 20 %, sont pratiqués par les établissements de crédit à la consommation, en fonction du montant sollicité et l'ampleur du risque encouru. En plus, sur ce marché, les sociétés de crédits se financent à des taux très largement inférieurs à ceux de leurs homologues marocaines.

Refinancement

D'ailleurs, tout le problème des sociétés de financement marocaines se situe au niveau du refinancement. En effet, si les banques et les sociétés de financement sont mises dans le même panier pour la détermination du TEG, il n'en demeure pas moins que leurs conditions de refinancement sont totalement différentes. En effet, les banques ayant l'habilité de collecter les dépôts auprès de leur clientèle "se financent à moins de 2 %", souligne un professionnel de la place. Il faut noter qu'une partie importante des ressources bancaires n'est pas rémunérée et que le taux de rémunération de la partie restante dépasse rarement en moyenne les 3 %. Par contre, les sociétés de financement, non seulement sont privées de la faculté d'intervenir sur le marché monétaire où les taux d'intérêt sont bas, mais se financent à des taux élevés auprès du système bancaire. Actuellement, les taux les moins élevés facturés par les banques aux sociétés de financement tournent autour de 7,5% - 8 % pour le moyen terme. Seules les structures adossées aux banques ou celles pouvant jouer l'effet synergie de groupe et/ou disposant des relations privilégiés avec certaines banques de la place peuvent bénéficier des conditions de financement plus avantageuses. Si l'on ajoute au taux de refinancement moyen une prime de risque de 3 points et les frais d'exploitation et impôts pour 5 points, le reliquat, sur le prix de vente de l'argent ne permettra pas, le cas échéant,  d'assurer une croissance durable du secteur ni de fortifier ses fondamentaux.
Cela est d'autant plus vrai que le secteur, après son assainissement, a entrepris au cours de ces dernières années d'importants investissements humains et informatiques. Outre la mise en place de nouveaux logiciels accompagnant le nouveau système comptable et des reportings adressés à Bank Al-Maghrib, l'Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) a élaboré un Système d'aide à l'appréciation du risque (SAAR) qui enregistre les données des membres relatives aux incidences de remboursement des crédits octroyés à leur clientèle privée et professionnelle. Ce système a coûté plus d'un million de dirhams au secteur. Ces investissements dans une conjoncture morose marquée par une contraction des résultats, ont contribué à la baisse des marges du secteur. Par ailleurs, et afin de faire face à la fragilité croissante des sociétés de financement, Bank Al-Maghrib a procédé en 2002 au réaménagement de la réglementation régissant la classification des créances et leur couverture par les provisions. Ainsi, les créances en souffrance sont, compte tenu de leur degré de risque de perte, réparties en trois catégories: créances pré-douteuses, créances douteuses et créances compromises. Ces créances donnent lieu à la constitution de provisions égales respectivement au moins à 20%, 50 % et 100 % de leurs montant, déduction faite des agios réservés et des garanties. Situation qui ne manquera pas de contribuer à la contraction des maigres bénéfices du secteur. Cette situation est aggravée par la concurrence que se livrent les sociétés du secteur. Certaines d'entre elles n'hésitent pas a octroyer des crédits à des taux largement inférieurs à ceux du TEG pour accroître leur part de marché. De même, des promotions coûteuses sont lancées à chaque événement pour doper les chiffres d'affaires, parfois au détriment de la rentabilité. Dans ces conditions également, seules les structures adossées aux banques et bénéficiant de conditions de refinancement très favorables peuvent s'en sortir sans beaucoup de dégâts. Malheureusement, les autres sont parfois obligées de suivre.
In fine, si la baisse du TEG a permis un accès plus facile au crédit, il n'en demeure pas moins que le problème de survie de ce secteur vital pour l'économie nationale, ou du moins d'une partie de celui-ci reste posé.

Moussa Diop



 

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