Au terme du premier semestre 2003, Aluminium du Maroc a vu son chiffre d'affaires progresser de 9,2% à 131 MDH, contre 120 MDH en juin 2002. C'est au niveau du marché local que la société a enregistré ses meilleurs résultats. Le chiffre d'affaires local s'est établi à 92 MDH, en hausse de 11 %, alors que les ventes en volume ont progressé de 15 % sur le 1 er semestre. Ce différentiel s'expliquant essentiellement par la politique d'ajustement des prix à la baisse par Aluminium du Maroc pour faire face aux produits concurrents importés qui bénéficient de la réduction des droits de douane, et conserver par la même occasion ses parts de marché. Au niveau de l'export, le chiffre d'affaires enregistré a progressé de 6 % à 29 MDH. Cette hausse relativement faible, qui fait suite à un recul de 18 % en 2002, se justifie essentiellement par la conjoncture morose qui prévaut sur le marché international, notamment français (première destination des exportations de la société). Le management d'Aluminium du Maroc trouve que face à la concurrence accrue et à la baisse de la demande sur le marché européen, l'alternatif reste la diversification géographique de ses marchés à l'international. L'Afrique au sud du Sahara et les pays du Maghreb Arabe seront les cibles de cette diversification.
Outre le chiffre d'affaires, on note une nette progression du résultat d'exploitation qui s'est apprécié de 35 % à 23 MDH. Cette forte hausse est le résultat combiné de trois facteurs clés: la hausse des ventes, l'évolution favorable du cours du métal sur le marché international (baisse du LME de 14 % en dirhams) atténuant l'effet de la baisse des prix sur le marché local et, enfin, la poursuite d'une politique d'amélioration de la productivité de l'outil industriel et une gestion active des coûts logistiques. Notons que toute l'année 2003, Aluminium du Maroc avait prévu un résultat d'exploitation de 36 MDH. Quant au résultat net, il ressort à fin juin à 23 MDH. Ces résultats ont permis à Aluminium du Maroc de reconstituer sa trésorerie qui est devenue excédentaire de 21 MDH et ce après le paiement d'un dividende de 44 dirhams par action pour le compte de l'exercice 2002.
Par ailleurs, les indicateurs de rentabilité d'Aluminium du Maroc ont réalisé de fortes progressions. Ainsi, le rapport résultat d'exploitation sur capitaux employés, qui symbolise la capacité des capitaux investis dans l'activité à généré de la richesse, a atteint 19,7 % durant le premier semestre 2003, contre 13 % pour la même période de 2002. Quant à la rentabilité des capitaux propres (RoE), elle est passée de 12 % en juin 2002 à 17% en juin 2003, soit un niveau sensiblement supérieur à la moyenne des société cotées à la Bourse de Casablanca.
Une décote de 38 %
Pour ce qui est des investissements réalisés au terme du premier semestre 2003, ils se chiffrent à 3 MDH et ont concerné la mise en place d'une nouvelle ligne de barettage qui permet la production de profilés à rupture thermique. Avec cet investissement, Aluminium du Maroc se met en conformité avec les nouvelles normes environnementales européennes qui rendent obligatoire la rupture thermique pour toutes les portes et fenêtres.
Pour ce qui est du programme d'investissement de 80 MDH prévu pour 2004-2005, il est encore maintenu et devra se traduire par la mise en place d'une deuxième presse à même d'accroître la capacité totale de filage d'Aluminium du Maroc à 17 000 tonnes.
Pour l'avenir, le management d'Aluminium du Maroc table sur la poursuite de la dynamique à moyen terme du marché du bâtiment. L'émergence de grands groupes de promotion immobilière, la réallocation de l'épargne au profit des actifs immobiliers, l'assouplissement des politiques de crédits immobiliers (les taux sont actuellement à leurs plus bas niveaux historiques) et la dynamique de l'industrie hôtelière sont autant de facteurs qui militent pour une poursuite de la dynamique du secteur du bâtiment et travaux publics.
Enfin, et au niveau du marché boursier, on note le bon comportement du titre Aluminium du Maroc depuis le début de l'année. A 629 dirhams l'action, le titre réalise une performance annuelle de 76,19 %. Malgré cette forte progression, "le titre présente encore une décote de 38 % par rapport au marché", fait remarquer M. Lahlou, Directeur Financier de la société. Il faut noter que la valeur traite actuellement à 9,9 fois ses bénéfices 2002, contre 15,9 pour la moyenne du marché. C'est dire que la valeur garde des marges de progressions appréciables.
MD