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150 MDH investis par un fonds international, AIG, dans l’émission obligataire de Risma (Accor)

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Publier le : October 9, 2003

AIG a développé une certaine expertise dans le lancement et la gestion de fonds d’investissements, notamment en Amérique Latine, en Asie et plus récemment en Afrique.
C’est en 1999, et plus exactement en septembre de cette année-là, qu’il a été procédé au closing d’un nouveau fond "AIG Africa Infrastructure Fund" d’un montant initial de 400 millions de dollars, porté par la suite à 500 millions de dollars.
C’est ce fonds, présidé, excusez du peu, par l’ancien chef de l’Etat sud-africain Nelson Mandela, qui a fait part de sa volonté d’investir 15 millions de dollars, soit environ 150 millions de dirhams dans l’émission d’ORA de Risma.
Pour cette émission obligataire d’un type particulier, puisqu’il s’agit d’obligations remboursables en actions, Risma (et Accor) ont fait appel à l’expertise de CFG Group qui a ainsi mis au point cette première sur le marché financier national. (Voir article paru dans La Nouvelle Tribune du 4 septembre 2003, numéro 367).
L’émission en question porte sur un montant de 265 millions de dirhams et permettra à Accor (par le biais de Risma) de financer pour partie ses ambitieux projets d’infrastructure hôtelière et touristique dans notre pays sur la période 2003/2007.
On rappellera également que Risma, avec près de 489 millions de dirhams de capital, est le véhicule d’investissement du Groupe Accor au Maroc. Il a été construit à partir d’une première société de droit marocain créée en 1996 et capitalisé par apports successifs du groupe Accor et d’autres investisseurs institutionnels locaux pour répondre aux besoins de financement des projets initiés et pour assurer ainsi son développement.
Aujourd’hui, le groupe Accor détient 45 % du capital de la société Risma.
Le Groupe Accor s’est engagé à financer tous ses projets au Maroc par l’intermédiaire de ce fonds d’investissement et en contrepartie, les actionnaires ont accepté que les hôtels appartenant à Risma soient gérés par Accor Gestion Maroc, le représentant local du Groupe Accor international.
En procédant à cette mise de fonds de 150 millions de dirhams, "AIG African Infrastructure Fund" émet un signal très puissant et très positif à l’endroit du Maroc, de sa stabilité, de ses projets de développement, mais aussi envers le Groupe Accor qui est le maître d’œuvre de l’opération.
L’investissement dans l’émission d’ORA vient ainsi confirmer les potentialités énormes de notre pays dans le secteur hôtelier et touristique, surtout quand les projets sont initiés par des opérateurs internationaux éprouvés, fiables et expérimentés.
Nul doute donc que l’annonce de cette participation d’AIG AIF dans l’émission obligataire remboursable en actions de Risma sera un puissant facteur incitatif auprès d’autres investisseurs, nationaux et étrangers.
D’ailleurs, plusieurs institutionnels marocains actionnaires de Risma auraient déjà manifesté leur volonté de souscrire à l’émission. Parmi ceux-ci figurent notamment Al Wataniya, la MAMDA, la CIMR et d’autres.
L’ORA de Risma
Les ORA ne sont pas réglementés au Maroc et donc ne sont pas prévues par la loi 17/95 sur les sociétés anonymes. Par contre, elles sont très pratiquées en France dans des situations spécifiques en tant que produits hybrides tirant leurs avantages des émissions d’obligations et d’actions.
En effet, ces produits devraient faciliter l’accès par les entreprises à des investisseurs pour les suivre dans le financement de leurs projets. Ils sont également très adaptés au financement des travaux d’infrastructure à rentabilité différée qui constituent aujourd’hui le fer de lance de l’économie marocaine.
L’ORA est une obligation remboursable à une certaine maturité, uniquement en actions, c’est donc une augmentation de capital différée.
Dans le cas de Risma, elle permet en ce moment où la société fait  des pertes de servir aux investisseurs un coupon comme pour les obligations et, à la conversion de ces obligations en actions, de leur distribuer un dividende. L’émission d’ORA par Risma s’adresse en premier à ses actionnaires actuels, mais ceux-ci peuvent vendre leurs droits de souscriptions préférentiels à d’autres investisseurs institutionnels.
Ce placement n’en reste pas moins restreint et exclut le grand public.

Afifa Dassouli

Ce qu’il faut savoir sur "AIG African Infrastructure Fund"

Ce fonds d’un capital de 400 millions de dollars lors de son closing initial en septembre 1999, dispose aujourd’hui d’un capital de 500 millions de dollars. Lancé pour financer des projets d’infrastructure en Afrique, aussi bien subsaharienne que du Nord, il a déjà à son actif plusieurs investissements importants, notamment en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire. Son conseil de surveillance est présidé par Nelson Mandela et le fonds est domicilié à l’Ile Maurice qui accorde des avantages fiscaux conséquents aux institutions de ce type.
Parmi les partenaires du Fonds, on compte donc AIG, pour 75 millions de dollars, la SFI, filiale de la Banque Mondiale, pour le même montant, un important investisseur du Golfe, Cheikh Mohammed Hussain Al Amoudi Amoudi, pour 50 millions de dollars. Il y a également la Banque Africaine de Développement pour 50 millions US $, El Paso Energy Corporation, la Banque de Développement de l’Afrique Australe,( pour 25 millions US $) et des investisseurs institutionnels d’Europe Occidentale, dont la Banque Européenne d’Investissement qui a suivi Proparco, la filiale pour le secteur privé de l’Agence Française de Développement.
Quatorze pays africains sont concernés par le champ d’activité d’AIG-AIF. Outre le Maroc et l’Afrique du Sud, on compte la Côte d’Ivoire, la Tunisie, l’Egypte, le Mozambique, la Zambie, le Zimbabwe, l’Ouganda, le Botswana, le Kenya, la Namibie, la Tanzanie et le Ghana.
La durée de vie du fonds est de dix ans avec deux années supplémentaires de grâce. Les participants escomptent un retour net sur investissement variant entre 25 % et 30 % l’an et les montants investis ne doivent pas dépasser 20 % du closing total par pays, hormis l’Afrique du Sud où ils peuvent atteindre 35 %.

Afifa Dassouli



 

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