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Renault verse à l’Etat 65 MDH Le closing de la première tranche de la privatisation de la SOMACA est intervenu le 25 septembre 2

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Publier le : October 2, 2003

La Nouvelle Tribune : M. Pereira dos Santos, Renault rachète la part de l’Etat Marocain dans la SOMACA, pour d’aucuns, il s’agit d’un outil un peu obsolète. Qu’en dîtes-vous ?
M. Pereira dos Santos : Je ne crois pas que le terme "obsolète" soit vraiment indiqué. Nous considérons que la SOMACA est une entreprise qui a su se moderniser ces dernières années à tous points de vue.  L’équipement peinture, par exemple, est vraiment celui de la dernière technologie internationale. Les constructeurs qui sont sur place, et en particulier Renault, ont accordé à la SOMACA la possibilité de bénéficier d’une garantie anti-corrosion de six ans et cela n’est pas un hasard.
Nous considérons que la SOMACA, pour une unité de cette dimension, avec une capacité d’environ quarante mille véhicules par an, est très raisonnablement " up to date ". Il s’agit là d’ailleurs, d’un élément qui a pesé dans notre décision de nous engager plus fortement dans cette société.

Vous avez prévu des investissements importants de l’ordre de 240 millions de dirhams. Pour quel objectif, si l’outil est déjà largement opérationnel ?
Dans ce métier, on a l’habitude de diviser les investissements en capacitaires et spécifiques. Le capacitaire permet de produire des véhicules donnés à une cadence déterminée. À la SOMACA, l’on peut dire qu’à 90 %, le capacitaire est là. Par contre, le spécifique, c’est-à-dire les investissements nécessaires à notre modèle, seront déployés, à la hauteur que vous avez précisée, pour la réalisation de notre projet de production d’un véhicule familial et économique à la SOMACA.
Il est d’usage dans le métier que les investissements spécifiques soient matérialisés par des machines qui restent la propriété de l’investisseur et qui sont mis à la disposition de la SOMACA. Ainsi, les véhicules de Fiat sont construits avec des machines qui sont mises à la disposition de la SOMACA par le constructeur italien. On dira donc que le capacitaire appartient à la SOMACA tandis que le "spécifique" reste la propriété de chacune des sociétés participantes.

Sur combien d’années comptez-vous réaliser ce programme d’investissements ?
Pour ce premier modèle, il sera terminé pour l’essentiel fin 2005.

Ces 240 millions de dirhams constitueront-ils une augmentation de capital de la SOMACA, lequel est connu pour sa faiblesse?
Les 240 millions de dirhams sont vraiment des investissements spécifiques et sont donc à la charge exclusive de Renault. Ils n’ont aucun lien direct avec le capital de la SOMACA.

Avec 8 % du capital de la société, Renault Maroc est l’actionnaire "automobile" qui possède la plus faible participation dans la SOMACA. Avec l’achat en deux temps des 38 % des actions de la SOMACA par Renault SA, votre participation cumulée avec la première tranche (26 %) vous place à 34 %. Cela suffira-t-il pour que Renault SA assume la gestion de la SOMACA ?
Prévoit-on un pacte d’actionnaires avec l’Etat marocain et éventuellement avec les autres actionnaires ?
Il n’est pas prévu, à proprement parler, de pacte d’actionnaires avec l’Etat, mais tout fonctionne, en pratique, comme si Renault achetait toute la part de l’Etat qu’elle règle en deux temps. Donc, du point de vue opérationnel, c’est comme si Renault SA avait déjà les 38 % de participation au capital de la SOMACA.
Par contre, avec les autres actionnaires, c’est-à-dire Fiat, Peugeot qui détiennent 20 % chacun et les privés marocains avec 14 %, il n’est pas prévu pour l’instant de mécanisme de la sorte. Vous savez,, dans nos métiers, nous sommes commercialement en concurrence, en revanche en termes de logique industrielle, il est courant de par le monde d’avoir des sociétés où plusieurs constructeurs ont des intérêts communs pour la réalisation de projets industriels. Avec Peugeot par exemple, nous avons des opérations communes comme la fabrication de blocs de moteurs, de boîtes de vitesses automatiques, etc.
À ce niveau, ce qui est recherché, c’est le volume, l’allongement des séries, dans un esprit gagnant-gagnant pour les deux partenaires. C’est donc dans cet esprit que nous fonctionnons avec nos partenaires à la SOMACA. Les bénéfices inhérents au déploiement de notre projet industriel profiteront à tous nos partenaires à la SOMACA. C’est la règle du jeu.

Cela me conduit à vous demander si vous n’êtes pas actuellement en négociation pour amener vos concurrents, Fiat et Peugeot, à sortir du capital de la SOMACA ?
Absolument pas. Si jamais il y avait des contacts pour cela, ils résulteraient de leur volonté et non de la nôtre.

Renault SA apporte au total 240 millions de dirhams additionnés aux 95 autres millions qu’il donne à l’Etat. Quelle est la raison pour laquelle vous avez décidé de votre apport de 95 millions en deux fois ? Est-ce du fait du poids de 240 millions de dirhams de l’investissement ?
Oui, c’est sans doute une question d’échelonnement afin de donner plus de temps à l’investisseur.

Quand bouclerez-vous l’opération financière ?
Le closing de la première tranche est intervenu le 25 septembre 2003. Renault SA a versé 65 millions de dirhams à l’Etat et a reçu en échange les 26/38 ième de 95 millions de dirhams.

Qu’en est-il de la concrétisation du projet industriel de Renault à la SOMACA ?
Il est en cours de préparation active et rapide. Il y a deux semaines, nous avons tenu une convention avec les équipementiers marocains pour leur présenter le projet. Nous avons également organisé une réunion avec les cadres de la SOMACA pour le même objectif et comme vous le savez, le 17 septembre, la plus haute représentation de Renault, c’est-à-dire M. Schweitzer, a eu des entretiens avec M. le Premier Ministre, M. le Ministre des Finances, M. le Ministre de l’Industrie et des membres de leurs équipes.
Depuis la signature des Protocoles d’Accord du 26 juillet 2003, l’on peut dire que tout s’accélère, mais il faut préciser qu’en réalité, la concrétisation de ce projet a été entamée, il y a deux ans, lorsque ont débuté les négociations pour le résultat que nous connaissons tous aujourd’hui.
La dimension financière est donc venue s’ajouter au projet industriel. Il s’agit d’abord d’un accord entre les parties sur l’opportunité de l’adoption d’un projet industriel de Renault au Maroc, lequel a abouti progressivement, à la suite de multiples contacts avec le Ministère de l’Industrie, alors qu’au départ, nombreux étaient ceux qui donnaient la solution "Fiat" comme la seule valable.

Songez-vous à un plan de restructuration de la SOMACA, alors que certains évoquent la manque de spécialisations de ses ouvriers ?
Je ne crois pas que cela soit une question actuelle, mais ce que je sais c’est que la production de la SOMACA va croître de façon très significative. Même avec les améliorations de productivité, la charge d’emploi sera largement suffisante pour l’effectif actuel de la société.
Par ailleurs, la SOMACA a d’autres clients, PSA et Fiat, et il dépend d’eux également d’assumer la charge d’emploi de l’entreprise. Mais le jour où notre projet sera entièrement déployé, il est évident que Renault assurera la charge la charge principale de l’emploi au sein de l’entreprise.

Qu’attendez-vous de ce projet? S’agit-il, comme on a pu le dire ici et là, de préparer des exportations vers des pays d’Afrique, ce qui implique peut-être que Renault ne se limitera pas à la seule production de la voiture économique?
Le projet industriel de Renault est basé sur un seul véhicule, la " L90 ". Cependant, il n’est pas exclu que ce modèle soit doté de variantes. Renault en attend la rentabilité normale d’un projet, mais surtout un renforcement de sa présence sur le marché marocain, laquelle est déjà conséquente puisque nous tournons autour de 16,5 %. Nous espérons donc une augmentation de nos parts de marché et, dans la logique du projet, nous avons l’objectif de devenir leader sur le marché marocain.
Les accords douaniers et autres qui lient le Maroc avec un ensemble d’Etats font que nous envisageons des opérations d’export depuis la plate-forme Renault Maroc vers des pays de la région Maghreb Moyen-Orient et d’Afrique Subsaharienne.

Vous venez de mettre en place une nouvelle organisation au sein de Renault Maroc, en quoi avez-vous pris en compte ce projet spécifique à la SOMACA ?
Oui, Renault Maroc vient de sortir un nouvel organigramme. C’est ainsi que nous avons notamment crée le poste de Secrétaire Général qui est directement rattaché à la Direction Générale et qui a entre autres pour mission de réaliser le déploiement commercial du projet L90 Maroc. Ce poste a été confié à M. Lahlou, qui possède une grande expérience de la SOMACA pour y avoir notamment travaillé. M. Lahlou prendra tout particulièrement en charge les deux projets spécifiques des prochaines années, la " L90" et Kangoo. Pour ce dernier, il qui continue d’être assemblé à la SOMACA dans le cadre de la Convention "Véhicule Utilitaire Léger Economique".

Propos recueillis par
Afifa Dassouli



 

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