Ce qui les différencie tient essentiellement à des nuances dans la composition de leur actionnariat. Mais il y a tout lieu, quand on évoque ces deux sociétés, de considérer qu’elles appartiennent au même groupe, le Groupe Siger-Ergis.
L’annonce de ce bouleversement au sein d’ONA principalement a suscité un fort effet de surprise, puisque tout le monde s’attendait à une fusion-absorption d’ONA et de SNI.
Selon le communiqué officiel du groupe ONA, le Groupe Siger-Ergis a conclu un accord avec ONA visant à rééquilibrer la structure financière des deux holdings ONA et SNI, et afficher un actionnariat clarifié. Profitant donc d’une certaine parité des cours des deux holdings à la Bourse de Casablanca (autour de 800 Dh), les transferts ont été faciles à réaliser. Concrètement, il s’agit donc de la cession de la totalité des titres SNI détenus par ONA et sa filiale Dan Maroc, soit 47,87 %, à Copropar, une société de portefeuille qui dépendait auparavant d’ONA et qui portait uniquement les participations SNI. Celle-ci a été cédée au Groupe Siger-Ergis au prix de 4,533 milliards de dirhams, compte tenu d’une dette de 700 millions de dirhams.
Une situation clarifiée
Ainsi, la montée de l’ex-actionnaire de référence d’ONA en l’occurrence la Famille Royale dans le capital de SNI par Copropar interposée est claire. En effet, le Groupe Siger-ERGIS détient 100 % de Copropar laquelle détient désormais 60,03 % de SNI.
D’autre part, SNI acquiert un bloc de contrôle de 20,30 % du capital ONA au prix unitaire de 855 Dh ou un total de 3 milliards, soit 13,51 % en provenance de ERGIS et 6,79% d’autres investisseurs, ce qui lui donne le contrôle d’ONA avec 29,84 %, compte tenu de sa participation antérieure de 9,54 % au capital de ce holding.
Au-delà de ces chiffres, un premier constat est à faire. L’actionnaire de référence du Groupe ONA échange les quelque 15 % du capital de la holding contre 60 % du capital de la SNI et 100 % de Copropar. Il prend donc les rênes de tout le Groupe ONA-SNI sur la base d’une nouvelle architecture du capital puisqu’il garde et renforce son contrôle sur ONA avec une participation de 34,84 %, (29,84 % indirectement à travers SNI et 5 % acquis directement par Siger en août dernier).
Un tel montage, qui relève de l’ingénierie financière, entraîne des répercussions, elles aussi financières, importantes:
- ONA, en réduisant sa dette de 3,3 milliards de dirhams, retrouve ses moyens financiers;
- SNI retrouve son équilibre en investissant des liquidités non employées issues de ses dernières cessions d’actifs notamment Les Brasseries du Maroc. Cette transaction avait porté sur 3,4 milliards de dirhams sur lesquels SNI a récupéré environ 54 %, soit 1,7 milliard à peu près.
Et surtout, l’actionnaire de référence du groupe, désormais déclaré et connu de tous, renforce sa position en injectant en cash plus d’un milliard de dirhams, dans l’objectif, en tant que premier groupe privé du Royaume, d’investir et de créer de la valeur pour contribuer à la croissance de l’économie marocaine.
Une telle mise de fonds dans le système par le Groupe Siger-Ergis marque ainsi la confiance de cette institution envers les Groupes SNI et ONA et résonne comme un signal fortement positif à l’égard des investisseurs, notamment étrangers.
Afifa Dassouli