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Les effets pervers d’une culture boursière défaillante

Auteur : Afifa Dassoul

Le rush de demandes de titres, (5 millions demandés quotidiennement depuis l’introduction), qui se produit sur la nouvelle vedette de la bourse, Alliances, montre plus que jamais le comportement moutonnier des épargnants et surtout l’importance des personnes physiques. Celles-ci poursuivent un seul objectif en intervenant sur le marché, celui de spéculer. C’est une nouvelle fois la preuve de la faiblesse de la culture boursière dans notre pays. Savoir lire des chiffres, analyser des informations, prendre en compte les risques, évaluer et comparer les rendements, voilà ce qui fait encore largement défaut dans notre pays .
Il y a un immense travail à faire, au niveau de toutes les autorités, Banque Centrale, CDVM, banques commerciales, voire la presse, pour des actions de vulgarisation, d’explication, de sensibilisation. Nous avons aujourd’hui un «mono marché», animé quasiment par une seule valeur. Il y a eu Maroc Telecom, puis Addoha, CGI, et d’autres…
Aujourd’hui, c’est ADI qui tient la vedette, mais cela est dû au manque de culture financière et boursière qui sévit encore, malgré le fait, très positif que toute la réglementation est parfaitement claire et au point. Ce sont la formation et la sensibilisation qui permettront à terme de donner plus de maturité au comportement des opérateurs sur le marché.
Le CDVM a eu beau adresser une note aux sociétés de bourse de la place afin qu’elles informent leur clientèle sur les principales caractéristiques des nouvelles opérations d’introduction en bourse avant et après les OPV, c’est la rumeur qui prime et enclenche une course au gain rapide. Et si au moment de leur première cotation les émetteurs se réjouissent de l’envol de leur action, il leur est difficile parfois de le justifier sur la durée. Le seul parcours du titre SNEP suffit à le démontrer.
Celui-ci a coté pour la première fois le 07 novembre 2007. Après deux séances de réservation à la hausse (+20 % en 2  séances), l’action SNEP a coté lors de la 3 ème avec une performance de 7,98  % à 1  663 dirhams. Celui-ci a été son plus haut niveau sur le marché.
Après cette troisième séance, l’action a entamé sa descente pour retrouver son cours d’introduction le 17 juin dernier (1 250 dirhams). La baisse s’est accélérée depuis et le titre a clôturé la séance du 21 juillet 2008 à 1 035 dirhams, soit une baisse de 17,2 % par rapport à son cours d’introduction. Plus grave encore, la SNEP a débuté un programme de rachat le 31 mars 2008. Il porte sur 5 % du capital de la société, soit 120 000 titres. Le prix maximum d’achat et de vente est fixé à 1 850 dirhams et le minimum à 1 350 dirhams. A 1035 dirhams, la SNEP est tout simplement cotée à un prix inférieur au minimum de son programme de rachat.
Un comportement de croissance continue et régulière du cours est la meilleure chose qu’il faut souhaiter à une valeur cotée…


 

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