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Alliances, super vedette de la Bourse, encore réservée à la hausse !

Auteur : Afifa Dassoul

Alliances, la vedette de la bourse de Casablanca après Addoha et CGI, pour ne parler que des sociétés du secteur de l’immobilier, n’a toujours pas coté sur le marché central. Il s’agit, au moment du « bouclage » mercredi 23 juillet, de la cinquième réservation à la hausse consécutive dans la fourchette des dix pour cent. Ce qui veut dire que son inscription à la bourse ne s’est pas encore concrétisée par un cours du fait que la demande ne rencontre pas l’offre. Elle en est même très loin puisque pas moins de 5 millions d’actions d’ADI sont dans les carnets de commande du marché alors que moins de cent actions sont offertes. Par contre, le titre Alliances fait l’objet de gros paquets échangés sur le marché de blocs. Leur quantité et leur montant ont été  importants dès le lendemain de son inscription à la cote . Ainsi, le 17 juillet, deux blocs ont été traités, respectivement de 5553 et 9108 actions à un prix de 753 dirhams. Le lendemain, ce sont trois blocs qui ont suivi pour des quantités de 8000, 17 700 et 10800 actions à 828 dirhams l’unité  et le lundi 21 juillet, douze blocs de 5552 actions chacun ont été traités à 910 dirhams le titre. Et ce, alors qu’Alliances n’a toujours pas connu son premier cours boursier. Comme pour le précédent de la CGI, on peut donc se demander si une nouvelle introduction peut traiter sur le marché de blocs sans avoir un premier cours sur le marché central, de même qu’on peut s’interroger sur la signification du prix appliqué aux blocs concernés.
On se rappelle le cas de la CGI qui avait soulevé le même problème, celui du cours du marché de bloc intervenant avant celui du marché central. La Bourse des Valeurs avait répondu dans un communiqué en légitimant ces opérations et en expliquant le système de la formation d’un cours sur le marché de blocs. Explicitement, sur ce marché, des blocs peuvent traiter à un prix théorique alors même que la valeur de référence est suspendue sur le marché central. En effet, au lendemain d’une OPV, le cours du titre ayant été introduit en bourse est suspendu s’il dépasse 10% de croissance au cours d’une même séance, 3 jours consécutifs dans la limite de 5 jours, sachant qu’après, cette marge se réduit à 6% par jour comme pour l’ensemble du marché.
Il s’agit, en effet, d’un amendement qui avait été apporté au Règlement Général de la Bourse à la suite de la transaction relative à la cession  de 4% du capital de Maroc Telecom afin permettre à ce titre d’être enregistré sur le marché de blocs. L’amendement instituait que pour les valeurs du continu, le prix des blocs ne se réfère pas au prix du marché, mais à l’état du carnet centralisé des ordres à l’achat et à la vente et donc au cours théorique qui en ressort.
Par ailleurs, sur la base des difficultés de traitement des valeurs sur le marché central, imposées par la valeur CGI et pour résoudre le problème de l’affichage d’un prix de marché au quotidien pour les valeurs faisant l’objet d’une offre et d’une demande, la Bourse des Valeurs avait publié un second avis le 16 Août 2007 relatif à la procédure de réservation d’une valeur pendant la séance du continu. Quand une valeur OPV uniquement réserve 3 fois consécutives de 10%, la surveillance de la Bourse se doit de forcer le cours en réajustant l’offre à la demande par l’annulation des ordres en sus pour que la valeur cote. De plus, pour empêcher un goulot d’étranglement, la Bourse interdit la réintroduction immédiate des ordres et les reporte à la séance du lendemain permettant ainsi de désengorger le système et
aux autres valeurs du continu de traiter. Aujourd’hui, cette discordance dans la formation du premier cours d’une OPV est toujours  en cause. La taille des blocs traités au lendemain d’une OPV fait l’objet de discussions. D’un minimum de 1000 actions, la Bourse, en accord avec le CDVM, les a passés à 5000, avec pour objectif d’obliger toutes les transactions relatives à une OPV de passer par le marché central avant la formation du premier prix. Une circulaire dans ce sens est en gestation et devrait sortir incessamment, d’autant que la taille minimum d’un bloc se réfère à un historique de cours qu’une OPV  n’a pas.
Toutefois, quand ces blocs sont des reclassements internes entre banques et leurs filiales par exemple, on sait que cela peut attendre. Mais, quand il s’agit de SICAV diversifiés qui dépassent les ratios réglementaires de proportions en valeur entre actions et obligations, on comprend qu’établir un ordre de formation de prix d’une OPV en donnant priorité au marché central devient difficile…


 

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