Le constructeur d'automobile français, Renault, a signé le samedi 26 juillet 2003, avec l'État marocain, un accord d'acquisition de 38 % de la Société marocaine de construction automobile (Somaca). Selon les termes de l'accord, la cession se fera en deux étapes: 26 % seront cédés dès septembre 2003 et les 12 % restants, en octobre 2005. Ainsi, à la fin de l'opération de cession, le constructeur français qui avait déjà acquis 8 % du capital de la société que détenait la SNI en 2001, contrôlerait 46 % du capital de la Somaca. Le reste du capital est détenu par Fiat Auto (20 %), Peugeot (20 %) et des investisseurs privés (14 %). Du point de vue financier, cette cession devrait ramener dans les caisses de l'État 95 millions de dirhams. Il faut dire que pour cette opération, le côté purement financier semble être relégué au second plan. En effet, l'opération trouve surtout son intérêt dans le souci de l'État de développer une plate-forme automobile au Maroc. En cédant ses parts à Renault, le Royaume souhaite se positionner en tant que pôle régional dans le domaine de l'industrie automobile. Dans cette optique, le projet industriel de Renault qui vise à faire du Maroc une plate-forme de production et d'exportation de voitures à l'échelle régionale semble avoir convaincu les autorités. Ainsi, Renault compte produire, aussi bien pour le marché national que régional, un nouveau modèle de voiture économique.
Voiture économique
Une convention pour la production de ce véhicule économique a été signée avec l'État marocain.
Ainsi, Renault compte mettre sur le marché un véhicule dont le prix tournerait autour de 70 000 dirhams. Avec la production de la voiture économique, l'État essaye une fois de plus de faciliter l'accès à la voiture neuve et, par ricochet, limiter ainsi, autant que possible, l'importation des véhicules d'occasions. L'État marocain compte ainsi mettre en place des mesures d'incitation à l'acquisition des véhicules neufs. Quant au constructeur français, il programme d'importants investissements dans le secteur. Pas moins de 22 millions d'euros avaient été annoncés. Outre la production de voitures économiques, le projet industriel de Renault, partant de la proximité géographique du Maroc de l'Europe, donner une nouvelle impulsion à la production d'équipements automobiles (pièces détachées, coussins, etc). Notons que pour ce qui est de la production de pièces d'équipements automobiles, le Maroc espère faire passer ses exportations de 20 000 actuellement à 60 000 en 2007.
Selon les autorités, l'impact du projet industriel de Renault sur l'emploi serait très important. Le développement du pôle automobile pourrait se traduire par la création de 100 000 postes à l'horizon 2010. Et c'est surtout à ce niveau que l'on mesure l'intérêt de la cession des parts de l'État à Renault.
In fine, avec la privatisation de la SOMACA, l'État montre une fois de plus son engagement à céder ses participations aux privés, aussi bien locaux qu'étrangers, mieux outillés pour assurer le développement créateur de valeur et d'emplois. ainsi, depuis 1993, date à partir de laquelle le processus de privatisation a été initié, ce sont plus de 65 unités publiques qui ont été privatisées, permettant, au passage, à l'État d'engranger plus de 55 milliards de dirhams de recettes.
Moussa Diop