Les statistiques publiées par le gendarme du marché montrent une évolution divergente des comportements des détenteurs d'actions des différentes valeurs concernées par les programmes de rachat. Ainsi, Wafabank qui a lancé un programme de rachat portant sur 322 881 actions, soit 5 % de son capital, depuis septembre 2002, n'arrive toujours pas à attirer un nombre important de vendeurs d'actions de la bancaire. Les rachats cumulés de Wafabank s'établissent actuellement à 13 571 actions, soit environ 0,21 % de son capital. Idem pour la BMCI qui a lancé son programme de rachat le 27 mai dernier et qui porte sur 5 % de son capital, soit 387 586 actions. Le total des rachats de la filiale de BNP Paribas se chiffre à seulement 999 actions, soit 0,013 % de son capital, à la fin du mois de juillet. Les faibles volumes rachetés depuis le lancement des programmes de rachat des deux banques s'expliquent essentiellement par deux facteurs majeurs. D'une part, les opérations de rachat d'actions qui sont récentes au niveau de la Bourse de Casablanca demeurent encore une technique un peu méconnue par nombre d'investisseurs. D'autre part, et c'est certainement l'élément explicatif le plus significatif, les détenteurs d'actions des deux bancaires souhaitent encore profiter du mouvement haussier qui anime la place casablancaise pour réaliser des plus-values conséquentes. Notons que les titres BMCI et Wafabank ont réalisé des performances annuelles respectives de +15,09 %, à 572 dirhams, et +9,76 %, à 675 dirhams, soit des performances largement inférieures à celles du marché: +25,47 % pour le MASI et +23,62 % pour le MADEX. C'est dire que les deux valeurs gardent encore des potentiels de croissance appréciables.
Plus-values conséquentes
A l'opposé des deux banques, la Samir qui a lancé à mi-juin son programme de rachat de 5 % de son capital, soit 594 983 actions, pour régulariser son cours, a pu racheter en l'espace de 45 jours 466 200 actions, soit 3,77% de son capital. Ce succès s'explique en grande partie par le fait que beaucoup de spéculateurs avaient pu acquérir des actions Samir à des niveaux très bas. En effet, et pour rappel, à la faveur d'une conjugaison de facteurs défavorables en 2002 -annonce du maintien du programme de la libéralisation du secteur énergétique, incendie d'une partie de la raffinerie de Mohammédia, etc-, le cours de l'action Samir était tombé à son plus bas niveau (moins de 220 dirhams l'action). Ceux qui ont eu le flair d'acheter en cette période, en dépit des recommandations de certains analystes financiers, ont pu réaliser des plus-values conséquentes en apportant leurs actions au programme de rachat lorsque l'action du raffineur était passée au dessus de la barre des 400 dirhams. La stagnation puis la baisse du cours de la Samir font qu'aucune transaction de rachat n'a été enregistrée sur le titre durant le mois de juillet.
Enfin, concernant le titre BMCE, dont le programme de rachat porte sur 1,5 million d'actions, soit 9,45 % du capital de la banque, le nombre d'action détenues par la banque directement et indirectement ressort à 1 550 377 actions, soit 9,77 % de son capital. La BMCE ne détient directement que 1 462 462 actions, soit 9,21 % du capital, le reste étant détenu par ses filiales. Le CDVM a apporté une correction à cette entorse. Désormais, les rachats aussi bien de la maison mère que des filiales seront comptabilisés de sorte que le nombre d'actions détenues ne puisse dépasser le nombre maximum d'actions autorisées. Dans tous les cas, les actions détenues par la BMCE, directement et indirectement, sont inférieures aux 10 % autorisés par la loi sur les sociétés anonymes.
MD